PHÉNOMÈNES DE REVEIL CEREBRAL
remuent. (A ce moment, elle remue elle-même les bras et les jambes.) C'est très drôle, on dirait que les membres sont tirés par des ficelles qui aboutissent... » Elle s'arrête, paraît chercher et reprend : « Mais où vontelles toutes ces ficelles? Il y en a tout autour de moi, je suis comme enveloppée dans un réseau ; il y en a un nombre incalculable ; elles font tout fonctionner et elles aboutissent dans la colonne, et de là ça vient dans ma tête. » Elle s'arrête de nouveau de parler, continue à faire des mouvements et reprend : « Mais je sens aussi mon cerveau en avant, et tout ce qu'il y a en moi aboutit là (elle montre son front). C'est là que je sens des petites cases, et au milieu, là (elle met le doigt au-dessus de la racine du nez), là, je veux. — Comment? lui dis-je. — Oui, je veux ; c'est moi qui suis là, et je me souviens maintenant d'un tas de choses très anciennes ; tous mes souvenirs sont là en avant ; il me semble aussi que j'ai eu deux existences ; dans l'une j'ai grandi sans m'en apercevoir, comme une machine ; je dormais ou je rêvais, je ne sais pas ^u juste ; je suis venue chez vous et là je suis redevenue toute petite (en effet, en retrouvant sa sensibilité elle a eu une fois une régression de sa personnalité jusqu'à l'âge de 3 ans) et petit à petit j'ai grandi de nouveau; vous m'avez reconstruite par morceaux ; j'ai commencé à vivre comme les autres doivent vivre, comme j'aurais dû toujours vivre, mais je n'y suis pas habituée et ça me sera très difficile de vivre ainsi : je vois trop de choses nouvelles à la fois ; je me rappelle aussi trop de choses, enfin, maintenant je suis bien moi ; je n'étais, avant, qu'une machine faisant tout ce que les autres voulaient. Aujourd'hui, je vis, je suis moi, j'ai une volonté. » A ce moment elle ouvre les yeux et se réveille seule sans que je lui aie dit un seul mot. »
64 LES PHÉNOMÈNES D'AUTOaCOPIE
Le D' Comar conclut ainsi :
a J*ai déjà eu l'occasion de décrire une grande partie de ces phénomènes (réactions générales de la resensibilisation), je n'y insisterai donc pas aujourd'hui. Je ferai seulement remarquer les trois phases bien distinctes de ce retour vers l'état normal : i** lorsque dans l'état d'hypnose cette malade retrouvait la sensibilité de chacun de ses organes en particulier, elle en faisait la description exacte et en décrivait même la constitution analomique (ainsi que je l'ai expliqué pour son cœur et ses vaisseaux), semblant suivre cette description sur elle-même, voyant chacun de ses organes en elle-même ; 2° lorsque, ayant retrouvé sa sensibilité périphérique et viscérale, elle en est arrivée à celle du cerveau, elle m'a décrit (en sentant son cerveau postérieur) tout son organisme de façon plus schématique et cette fois en extériorisant tout i^on être, le voyant devant elle dans tout son ensemble; 3' finalement, tout cet être une fois constitué, elle a eu la sensation de tout son système nerveux, et cessant en même temps de voir son propre corps devant elle, elle a rapporté à elle-même toutes les sensations éprouvées et cela au moment précis où elle sentait son cerveau antérieur, ne parlant plus alors des différents organes, mais ayant pour 1 première fois conscience de sa propre personnalité et ne parlant que des phénomènes psychiques mémoire, volonté, idée du moi.