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OBSERVATION IV

sauf en 1898, à un moment où elle allait à bicyclette. Mais ça reprenait la nuit, comme si on lui tordait le bas-ventre.

A partir de ce moment s'est produit en elle un changement moral. Tout ce qui se rapporte dans les livres à l'amour lui fait mal et horreur. Auparavant c'était tout le contraire : elle se pâmait presque. Maintenant c'était à la fois du bien et du mal que cela lui faisait, comme une contradiction entre deux choses, et elle sentait, en même temps qu'un bien-être général, une douleur dans le bas-ventre.

A plusieurs reprises, en recouvrant sa sensibilité abdominale, qu'elle reperdait un peu sous une influence ou une autre entre deux séances, elle revit ainsi son ovaire gauche, la trompe, l'utérus. Et chaque fois il est à remarquer que lorsqu'elle arrivait à la sensibilité normale, qu'elle n'éprouvait plus de gêne dans le ventre, elle oubliait complètement ce qu'elle avait vu ainsi, et ne comprenait plus ce que je voulais lui dire quand je lui demandais ce qu'étaient devenus les tubes, les tuyaux, les petits sacs dont elle m'avait parlé.

Cette malade avait de la toux hystérique qu'on avait regardée comme due à de la tuberculose pulmonaire et pour laquelle on lui avait fait des pointes de feu, et on l'avait envoyée dans le Midi. Un jour, restaurant sa sensibilité respiratoire dans l'hypnose, elle se met à tousser et tout à coup s'écrie : « Oh I là (elle met la main sur sa poitrine à gauche) j'ai comme une branche de corail ; il y a deux petits champignons où Fair ne veut pas entrer. » Je lui demande pourquoi elle ne sent pas de branche de corail (c'est-à-dire son arbre bronchique) à droite : « Mais je ne peux pas, me dit-elle, parce que j'ai de l'air qui me vient. » Puis elle met la main sur son cœur : « Oh I ça va bien,

mon cœur, je sens du sang qui entre dedans ; oh ! (elle gémit douloureusement) il y a quatre petits oreillers qui me j)èsent dans mes côtés. — Qu'est-ce que c'est que ça ? — Je ne sais pas, c'est du sang, du sang qui montre,., ça crève... des petites, de toutes petites boules... oh, ces petites boules elles veulent passer. — Où ça î* — Mais dans un tuyau. — Comment cela? — Mais ce sont des boules qui veulent passer, des petites boules de sang qui passent sous mon cœur... Voilà maintenant des petites boules de sang qui me montent dans un tuyau... c'est chaud... ça fait mal... ça vient jusque-là (elle montre son cœur...) çâ remonte d'une grande chose qui est pliée là (elle montre son ventre) cette chose repliée est sans doute r intestin) ça entre dans le cœur... Je sens la chose en corail qui se tire ; il faudrait gratter ça ; je YoudrEiis de l'air froid qui déboucherait tout ça (elle ftiit de profondes inspirations). Tout ça me tient dans ma tfte, cette espèce de grande chose qui est repliée, ré} I liée !à (elle montre son ventre). — Qu'est-ce qu'il y a dedans ? — Il y a, je ne sais pas comment ça s'appelle... des petites bouches. — A quoi servent-elles ces petites bouches ? — Je ne sais pas. »

Il semble bien qu'il s'agisse de son intestin et des orifices des glandes.

De nouveau elle ressent mieux encore, et très rapidement, ses trompes, ses ovaires, l'hymen : « Oh ! je ne vois plus rien dans le corps que cette petite peau ;... (^4{ s 'élargit et ce tuyau tordu (l'utérus) veut se remettre tout droit. . . Tout se calme, je sens comme de Feau chaude là dedans (bas-ventre ; sensation habituelle k la fin du retour de la sensibilité). . . Et ma tête, elle est bien... oh I mes bras, mes jambes, ils sont à leur tiise. » Son cœur est devenu plus grand, mais la

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