OBSERVATION VIII QQ
que pour Testomac, le phénomène est bien le même.
Cette observation est des plus intéressantes car elle éclaire d'un jour nouvau la question de la manière dont les sujets transforment leurs sensations cènes thésiques en représentations visuelles, et comment ils peuvent dire qu'ils voient la couleur des organes qu'ils se représentent.
Des observations nouvelles du D' Comar sont venues apporter de nouveaux éclaircissements sur ce côté de la question, et montrer en même temps qu'il s'agit bien de sensations parties des organes eux-mêmes, agissant dans ce cas à la façon d'organes de tact.
Mais je veux, auparavant, signaler trois autres cas, l'un dû au D*" Buvat \ et l'autre au D"" Vial(de Marseille) et que le D*" Bain, élève du D"" Comar, a rapportés dans son intéressante thèse : U Autoreprésentation chez les hystériques (igoS), en y ajoutant un cas personnellement observé par lui.
VIII. — Voici l'observation du D' Buvat. Le seul reproche qu'on pourrait lui faire c'est que son sujet se sert de termes trop techniques, mais cela s'exphque par ce fait qu'elle a vécu assez longtemps avec un pharmacien, qui l'a du reste rendue morphinomane comme lui. Mais quand on
I. L'auto -représentation organique ou hallucinations cénesthésiques chez les hystériques, Gazette des hop., 26 novembre ic^o?.^
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la rapproche des autres cas, les soupçons que pourrait inspirer cette manière de s'exprimer s'évanouissent d'eux-mêmes , tant l'identité des réactions est complète avec ce qu'on rencontre chez tous les sujets ayant présenté de l'autoscopie.
Célestine, vingt-neuf ans, entre à Villejuif le 25 juin 1901, dans le service de M. Briand, avec les certificats suivants : « Dégénérescence mentale avec morphinomanie depuis douze ans, bizarreries, étrangetés, désire être guérie de sa passion pour la morphine. »
(Garnier).
« Dégénérescence mentale avec morphinomanie, dépression mélancolique et tendance au suicide. »
(Magnan).
La malade ne dort jamais.
Anorexie à peu près complète, si ce n'est pour la salade vinaigrée, le poivre; la mémoire est lente et incertaine, le regard est fixe, le champ visuel paraît très rétréci ; la malade sursaute au moindre appel. La morphine a été supprimée le 2 1 juin sans entraîner de réactions pénibles. Anesthésie complète et profonde de toute la région frontale ainsi que de toute la moitié gauche du corps, à droite anesthésie en manchettes, et. zones d'hypoesthésie alternant avec des zones d'anesthésie franche. Nous trouvons de nombreux points douloureux dans les fosses iliaques, derrière les malléoles, les têtes des péronés, à la racine des cuisses, sur les adducteurs, médio-dorsaux : la pression à leu? niveau provoque l'esquisse de l'arc-de-cercle. La ma lade respire difficilement, elle a un poids sur la poi tfiàe ; sa respiration paraît très superficielle, les réflexe