‹ Les phénomènes d'autoscopieChapitre 7 sur 38 · Lasèguc, Études médicales, t. II, p. i5o · texte numérisé non relu

Lasèguc, Études médicales, t. II, p. i5o

2. Féré, Note sur les hallucinations autoscopiques ou spéculaires et sur les hallucinations altruistes. G. R. Société de BioL, p. 45i.

T 3 LES PHENOMENES D AUTOSCOPIE

rable elle-même à spéculaire, car si, souvent, le sujet se voit comme dans un miroir, quelquefois aussi il peut se voir avec des attributs autres que ceux du moment actuel.

Il rapporte le cas d'un médecin diabétique et atteint d'un cancer de la vessie auquel il succomba. (( Plusieurs mois avant sa mort, lorsqu'il marchait déjà avec peine et avait des hématuries alioiidantes, il se trouvait dans le corridor dune imùson où il entrait pour la première fois, lors- ([u'il s'arrêta brusquement à la vue de son image qu il croyait reflétée dans une glace. Depuis, la même hallucination s'est reproduite souvent, en général vers le soir, dans sa propre maison. Elle u'{\ plus reparu à partir du moment où il a pris définitivement le lit. Dans toutes les circonstances, la \ision reproduisait l'attitude et les gestes. »

(rest là l'hallucination spéculaire proprement dite.

En 1893, Roubinovitch * cite le cas d'une lemme qui se vit tout à coup comme dans un miroir à trois volets.

Malgré ces cas divers, le phénomène de l'autoscopie externe ne fait l'objet d'aucun travail complet, les observations mêmes en sont assez sommaires, et elles sont d'ailleurs assez rare pour que la Society for psychical researches n'e

i. Roubinovitch, Ann. méd.-psych., t. XVII, p. io5. [

HALLUCINATION AUTOSCOPIQUE PÉRIODIQUE l3

ait enregistré que sept cas dans son enquête sur les hallucinations.

En 1898, Féré ^ revient sur cette question avec une observation des plus intéressantes, que je crois utile de rapporter presque intégralement ici, car le numéro du journal où elle a été publiée est pour ainsi dire introuvable.

O..., 23 ans, fils d'épileptique, petit, infantile. Convulsions de l'enfance. Arriéré intellectuel, attaque convulsiveà la suite d'ivresse. Depuis lors, crises de pleurs, d'étouffement, insomnies, cauchemars, qui lui laissent de l'angoisse au réveil. Grande fatigue le matin pour se lever, sorte d'état d'inconscience dont il ne sortait qu'après un certain temps d'exercices. Maladroit pour tout ce qui n'était pas son service habituel.

Six mois après, vive frayeur. A la suite, nuits troublées par des réveils brusques, provoqués par des visions amplifiées de la scène de la veille. S'endort à 3 heures, et réveillé le matin, il sent ses paupières se relever difficilement surtout à droite, et tout le côté droit engourdi et froid, lourd comme du plomb, difficile à remuer. Mêmes troubles de motilité et de sensibilité à gauche, mais moindres. En se frottant et s'excitant, l'engourdissement disparut et le mouvement revint. Il se frotta les yeux et fut alors frappé de voir en face de lui un garçon qui lui ressemblait autant que possible, trait pour trait, mais vêtu d'un costume de mousquetaire. T*'iis tout disparut.

Mais tous les matins les mêmes phénomènes se re-

oduisaient; la vision ne se reproduisait que s'il se

I. Féré, Hallucinations autoscopiques périodiques, Journ. méd. Bruxelles, n» 9.

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frottait les yeux. Malgré du bromure qu'il prît pour dormir les mêmes troubles continuèrent.

Héihianesthésie sensitivo-sensorielle droite. Point douloureux des 8® et 9® vertèbres dorsales. Diminution de la motilité volontaire à droite. Sens stéréognostique diminué. Appétit mauvais ; repas suivis de congestion céphalique.

Persistance malgré le traitement pendant plusieurs semaines. L'hallucination matinale pouvait être provoquée par la compression d'un seul œil, quel qu'il fût, et elle paraissait vue aussi distinctement des deux. Si pendant qu'on exerçait sur un œil ou sur les deux une pression antéro-postérieure, capable de provoquer l'hallucination, ou si on déviait l'axe d'un œil par une pression latérale, on provoquait un dédoublement de l'image. L'image était à environ 4 à 5 mètres. Les objets qui passaient plus loin n'en troublaient pas la vue ; ceux qui passaient près l'interrompaient.

A l'âge de i4 à i5 ans il avait lu un grand nombre de romans de cape et d'épée, et plusieurs scènes de mousquetaires, où il se donnait un rôle, avaient pri§ place dans ses rêves. Il reconnaissait dans le costume figurant dans l'hallucination un costume qui avait longtemps figuré dans ses visions nocturnes.

Quand il reprit du poids, six semaines après, et que les troubles commencèrent à s'atténuer, l'hallucination disparut en 5 à 6 jours. L'engourdissement et la pare^-«des membres, la lourdeur des paupières diminuèrent graduellement. Pendant quatre mois et demi qu'il l'ut suivi après, les stigmates persistèrent, mais le sommeil était à peu près normal.

Les liens de coïncidence entre les phénomènef^ hallucinatoires et la paralysie matinale étaient donc

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