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hiver. La crise de coryza au réveil est bien plus forte en hiver qu’en été.
Après nous être assurés que le malade ne présente aucune affection pulmonaire ou cardiaque, que ses reins ont un fonctionnement normal (certaines hydrorrhées nasales étant un phénomène de suppléance au cours de rétention chlorurée), qu’il n’a aucune lésion nasale (examen du docteur Hautant) et pensant être en présence de phénomènes de colloïdoclasie, nous avons tenté de provoquer chez ce malade une crise de coryza spasmodique afin de pouvoir rechercher la crise hémoclasique.
Nous avons pu éliminer toute cause alimentaire : lait, œufs, viande, glucose ; leur absorption ne détermina ni crise hémoclasique, ni coryza. L’inhalation des pollens, ainsi que la cutiréaction pollinique, furent aussi pratiquées sans résultat.
Le froid, au contraire, a sur notre malade une action manifeste.
Dans une première expérience, nous lui avons maintenu les mains dans Veau à 1° pendant vingt minutes et nous avons recueilli le sang par piqûre du lobule de l’oreille, pour pratiquer la numération des leuvocytes, Nous avons assisté alors à une chute considérable de leur nombre.
A BEA sn nmuriat murs AS 400iTedcpcvres, de 10 heures à 10 h. 20 ...... Eauàf{0,
à ED Re ee de 12 000 leucocytes.
AO D en aires 9 000 — MAN A ass mme mass L0:000 — AL Onde desert 29400 —
Dans une seconde expérience pratiquée cinq jours plus tard, la leucopénie fut au moins aussi évidente, après refroidissement des mains dans l’eau à 1° pendant une demi-heure.
à She 44, CT. = AO dleucocytés,
de 9h 45:à 40h45... 4 Eau à 10.
à Wiheuren. 1. ru, 8 800 leucocytes.
AO hi ue ee 8 400 — DO ROBE ET AN RE 14 000
a 10h. 455... PR RES 13 660 —
Ces deux épreuves montrent donc, avec une netteté absolue, que le froid local déclenche une crise hémoelasique ; néanmoins le malade n’a présenté aucune manifestation clinique. Nous avons tenté alors l’épreuve de refroidissement général obtenu par la sortie rapide d’un bain chaud à 39%, sans que le malade s’essuie. La sensation de froid fut très nette, généralisée et brusque.
HO NO SAR 7 800 leucocytes.
40 h. 15:........... Entrée dans le bain à 39, 10h.23............ 7 600 leucocytes.
10h. 33............ Sortie du bain, Sensation de froid,
RAT Do RE EEE 4 600 leucocytes.
AO D DES eue ve 5 200 — AO DMBE reine nt 7 800 — à AO ut Pin 8 200 —
A 10 h. 50, réaction clinique atténuée : nez brusquement bouché. Légère hydrorrhée nasale, le malade mouche de l’eau, mais pas d’éternuements. Tout se calme brusquement après cinq minutes.
La sensation générale de froid a donc déterminé une crise hémoclasique évidente, suivie d’une légère crise d'hydrorrhée nasale.
Nous avons recherché à titre de contre-épreuve la crise hémoclasique au froid chez trois malades atteints de manifestations de choc : coryza spasmodique, urticaire, asthme, et qui, cliniquement, ne semblaient pas sensibles au froid; dans ces trois cas, l’épreuve fut négative. La sensibilité au froid est donc bien spéciale à notre malade.
Ayant pu mettre ainsi en évidence la cause et la nature des crises d’hydrorrhée nasale et de coryza spasmodique de ce malade, nous avons cherché à lutter contre ce « choc a frigore » par la protéinothérapie, qui entre les mains de MM. Widal, Abrami et Brissaud, avait amélioré considérablement quatre malades atteints d’hémoglobinurie paroxystique a frigore. Au lieu de nous adresser, comme ces auteurs, à l’autosérothérapie par voie intra-veineuse, nous avons utilisé les injections intramusculaires de solution chloro-peptonée à 5 0), faites tous les deux jours à la dose de 10 centimètres cubes, soit 0 gr. 50 de peptone. Nous avons pratiqué douze de ces injections. Quelques heures après les premières injections survint une réaction générale légère (malaise, frissons et hyperthermie modérée à 380,5) et passagère, qui s’efflaça en deux heures.
Ce traitement fut rapidement suivi d’une très grosse amélioration. Dès le lendemain de la première injection (31 mai 1921), le malade n'eut plus de crise d’hydrorrhée nasale matinale. Pendant les vingt-quatre jours que dura le traitement, le malade eut deux fois au réveil une crise de coryza très atténuée (cinq à dix éternuements) et trois fois le nez obstrué pendant quelques heures, sans hydrorrhée et sans éternuements. Quant aux accès qui survenaient dans la journée, ils disparurent complètement. Cette amélioration considérable persista pendant plusieurs mois. Durant tous les mois de juillet et d’août, tout se résuma à la sensation de nez bouché, de temps en temps, au réveil. \
En août et septembre, le malade fit une saison au Mont-Dore où, malgré un temps froid et pluvieux, il n’eut pour ainsi dire pas d’accidents. Nous le revimes en octobre 1921, l'amélioration persistait. Nous n’avons malheureusement pas pu pratiquer après cette guérison clinique de nouvelles rceherches expérimentales.
Depuis, nous avons eu l’occasion de voir d’autres sujets présentant cette même sensibilité au froid. Nous avons étudié dans le service de notre maître le professeur Widal une malade chez qui le refroi-
dissement brusque provoquait non seulement une crise de coryza spasmodique suivie d’asthme, mais aussi des érythèmes diffus et des poussées urticariennes. Nous rapportons son observation plus loin, ainsi que celle d’une malade chez qui les crises de coryza spasmodique à frigore étaient accompagnées d’un syndrome de Raynaud.
Chez une autre malade, dont nous devons l’observation à l’obligeance de MM. Abrami et Auburtin, les crises de coryza spasmodique qu’on pouvait nettement imputer au froid, ont été supprimées par l’hétéro-hémothérapié, autre procédé thérapeutique anticlasique.
Mme D..., trente-cinq ans, dont le père était lui-même atteint de coryza spasmodique, et dont un frère est asthmatique, souffrait de migraines très fréquentes et très violentes depuis l’âge de douze ans. Il y a trois ans apparurent des crises d’éternuements, d’abord isolées et espacées, puis de plus en plus fréquentes, se reproduisant été comme hiver. Au fur et à mesure que ces crises de coryza s’accentuaient, les migraines s’espacèrent, puis disparurent complètement en quelques mois.
Les accès de coryza devinrent alors d’une extrême violence et d’une fréquence jusque-là inconnue : dix, vingt, trente éternuements, avec larmoiement, se reproduisaient dix, quinze, vingt fois dans la journée. Elles étaient déclenchées par le moindre changement de température : le matin au réveil, passage d’une pièce chaude dans une autre froide, un simple courant d’air, si l’on ouvrait une porte derrière la malade, le seul fait de porter un corsage ouvert au lieu d’un corsage montant.
Finalement la malade était dans un état continu de larmoiement, les yeux rouges, avec, pendant la crise, une hydrorrhée nasale d’une telle abondance qu’il coulait du nez un véritable filet d’eau.
Le traitement suivant fut alors institué : injections tous les deux jours, dans les muscles fessiers, de 20 centimètres cubes de sang d’un donneur. Dès la quatrième injection, les crises d’éternuements disparurent, à l’exception de la crise du réveil. Après la dixième injection, cette crise matinale cessa d’être quotidienne et la malade n’eut plus qu’un éternuement de temps en temps. Elle cessa d’être sensible au coup de froid. Cette amélioration persiste depuis un mois et demi; actuellement, quelques éternuements espacés ont reparu, qui nécessiteront peut-être quelques injections supplémentaires.
50 coRYZzA SPASMODIQUE APÉRIODIQUE DE CAUSES MULTIPLES
Il existe enfin des malades chez lesquels les crises de coryza spasmodique apparaissent non plus sous l'influence d’un seul fac-
teur toujours le même, mais sous l’influence de plusieurs facteurs agissant sur l'organisme par des voies diverses.
Nous avons suivi à la clinique médicale de l’hôpital Cochin, avec MM. Widal et Abrami,une malade présentant un état d’hypersensibilité extrêmement marqué à divers agents physiques et chimiques : froid, pollens, aspirine, antipyrine, se traduisant par des crises de coryza spasmodique associées à des poussées urticariennes et à des accès d’asthme (7).
Mme D... entre à l'hôpital Cochin, le 4 janvier 1921, pour une série de troubles en apparence disparates, et constitués par des poussées érythémateuses et urticariennes, du coryza spasmodique et de l'asthme.
C’est une femme de trente-sept ans, robuste, sans aucun antécédent familial ou personnel notable, et dont toute l’histoire pathologique se résume dans les accidents qui viennent d’être énumérés. L’examen somatique de tous ses appareils les montre normaux ; il n’y a mi syphilis, ni tuberculose.
Les troubles qu’elle présente datent de onze ans. Ils sont apparus inopinémént, et, depuis cette époque, ont été en se compliquant de plus en plus.
D'abord sont apparus les phénomènes cutanés : placards érythémateux et urticariens. Un jour que la malade revenait du lavoir, par un temps froid, elle ressent de violentes démangeaisons aux mains, aux avant-bras et au cou; puis elle voit apparaître très rapidement sur ces régions prurigmeuses une éruption rouge, faite de petits éléments confluents, légèrement saillants, des dimensions d’une tête d’épingle. Cette éruption per- siste quelques heures, puis s’atténue et disparaît, Elle n’est pas suivie de desquamation.
Depuis ce moment, les mêmes phénomènes vont se reproduire très fréquemment, sous des influences que nous allons avoir à préciser. Tantôt, lorsque la poussée est peu intense, tout se borne aux symptômes précédents : prurit et érythème fugace, de type scarlatiniforme, durant quelques heures. Tantôt, quand la crise est plus violente, l’érythème est accompagné ou remplacé par des placards surélevés, du type urticarien, atteignant parfois le volume de la main. La durée de la poussée éruptive est alors plus grande; elle se prolonge quelquefois pendant trente-six, quarantehuit heures. De même, au lieu de rester limitée aux extrémités supérieures et au cou, elle se dissémine parfois sur le thorax et sur les cuisses.
Ces poussées érythémateuses se reproduisent, depuis onze ans, avec une extrême fréquence, à n’importe quelle période de l’année. La malade leur attribue deux causes provocatrices : d’une part les repas, d’autre part le contact de l’eau froide ou chaude, Souvent, dit-elle, l’éruption, précédée de prurit, apparaît brusquement vers la fin du repas de midi ou du repas du soir, et cela quels que soient les aliments ingérés. Mais c’est surtout le contact un peu prolongé de l’eau froide et de l’eau chaude dont elle incrimine l’action.
C’est, nous l’avons vu, en revenant du lavoir, qu’elle a eu la première fois sa crise d’érythème, et celle-ci est surtout localisée aux parties qui ont subi l’action de l’eau froide. Depuis cette époque, elle a constamment observé le même fait. Souvent, il lui arrive de pouvoir faire sa toilette, le matin, sans présenter de crise ; mais si elle se lave les mains après
“un repas qui, par lui-même, n’a pas provoqué d’érythème, celui-ci appa-
raît aussitôt. D’autre part, elle ne peut prendre un bain, chaud ou froid, sans être prise presque aussitôt d’une crise intense. Celle-ci, au lieu d’être limitée aux mains, aux avant-bras et au cou, est alors généralisée à tout le corps ; de plus, elle s'accompagne fréquemment de malaises généraux, de frissons, d’un accès fébrile, et l'attaque, ainsi déclenchée par le bain, se prolonge pendant un ou deux jours.
Devant ces troubles qui allaient en s’accentuant, la malade, depuis plusieurs mois, a renoncé complètement à prendre des bains. Depuis novembre 1920, c’est-à-dire depuis trois mois, aucune crise érythémateuse n’est survenue.
Or, le 4 janvier 1921, lors de son entrée à l’hôpital, la malade ayant été baignée, le bain fut suivi immédiatement d’une poussée éruptive généralisée avec lipothymie, frisson; le soir, sa température était de 380,2.
À ces phénomènes cutanés déjà si singuliers se sont ajoutés, depuis 1913, des accidents d’un tout autre ordre affectant l’appareil respiratoire.
D'abord, ce fut un coryza spasmodique, apparu au cours de l’hiver, et caractérisé par de l’obstruction nasale, des crises répétées d’éternuement et un écoulement hydrorrhéique, surtout abondant la nuit. Au bout d’un mois, la malade consulte un spécialiste qui constate l’existence de polypes muqueux rhino-pharyngés et en pratique l’ablation.
À la suite de cette intervention, le coryza spasmodique s’atténue très notablement, et, pendant plusieurs mois, la malade ne présente plus que quelques crises d’éternuements avec écoulement séreux, survenant à intervalles espacés.
Au mois de mai 1914, une crise violente reparaît, empêchant tout repos pendant huit jours. Un nouvel examen rhinologique fait constater que de nouveaux polypes se sont reproduits ; on les enlève et aussitôt le calme se rétablit. En décembre 1914, nouvelle crise, nouvelle extirpation de polypes; en juin 1915, en décembre 1915, nouvelles crises, toujours suivies d'extraction de polypes de plus en plus petits et cédant après cette intervention. En mars 1916, au cours d’une poussée, le sinus maxillaire se prend et s’infecte ; on le ponctionne, mais, à partir de cette date, jusqu'en mai 1920, malgré l'extraction de nouveaux polypes, la résection du cornet inférieur et de fréquentes cautérisations muqueuses, les crises reviennent régulièrement tous les trois mois, moins intenses et moins prolongées que précédemment.
Sur ces phénomènes de coryza spasmodique, qui ont, en 1913, ouvert la série des accidents respiratoires, se sont greffés, depuis 1916, des attaques d'asthme typique.
Elles ont débuté en mai, alors que la malade venait d’éprouver une de
ces crises de coryza. Une nuit, sans aucun prodrome, la malade est réveillée par une dyspnée cuisante qui la tient levée pendant près de deux heures, en proie à une soif d’air intense, puis fait place à une véritable crise avec polyurie claire, éructations, toux quinteuse, expectoration filante, gommeuse, renfermant quelques pertes blanchâtres, rappelant les grains de tapioca.
A la suite de cette première attaque et pendant tout l’été de 1916, la malade présente une série de crises semblables, se répétant toutes les nuits pendant six, huit, dix jours. Ces crises, exclusivement nocturnes, sont toujours précédées de phénomènes oculaires et nasaux : larmoiement, enchifrènement, éternuement, durant un quart d’heure et plus.
À ce moment, on pouvait penser qu'il s’agissait là d’une de ces associations si fréquentes de coryza pollinique et d’asthme des foins.
Mais, dès le mots d’octobre, l’asthme, qui aurait dû disparaître, s’accentue au contraire; les crises reviennent en moyenne toutes les six semaines, par série de huit à dix attaques, toujours nocturnes. Dans leur intervalle, la respiration, d’abord libre, devient progressivement gênée pendant l'effort. Depuis deux ans environ, la dyspnée est devenue continue, dès le matin, s’exagérant pendant la nuit et à la suite des repas; en même temps, les crises d'asthme vont en s’atténuant, mais leur fréquence est extrême; chaque nuit la malade est tenue éveillée pendant plusieurs heures, et bien que les paroxysmes violents se soient effacés, la dyspnée conserve son caractère d’être exacerbée durant la seconde moitié de la nuit. Peu à peu, à la dypsnée continue, s’est surajoutée la toux, avec expectoration muco-purulente, indiquant la bronchite chronique.
Enfin, depuis deux ans, la malade présente une dernière série d’accidents: c’est une intolérance à l’aspirine, et, en même temps, à l’antipyrine.
En 1919, un jour que pour calmer une crise d’asthme violente, elle avait pris un cachet dont elle ignore la composition, elle fut prise peu de temps après d’un érythème scarlatiniforme généralisé (elle était, dit-elle, rouge comme une écrevisse), avec œdème des paupières et du front, céphalée intense et fièvre. Ces accidents durèrent quelques heures, puis disparurent.
Il y a six mois, ayant mal à la tête, elle prend un cachet d’aspirine de 50 centigrammes, à 8 heures et demie du soir. Une heure plus tard, elle éprouve un prurit violent, généralisé à tout le corps; bientôt apparaît un érythème scarlatiniforme identique au premier, accompagné de céphalée et de fièvre, le tout persistant pendant plus de vingt-quatre heures.
Comme nous le verrons, cette hypersensibilité si curieuse n’est pas spéciale à l’aspirine ; elle existe également pour l’antipyrine.
Recherches expérimentales. — Un grand nombre d’épreuves ont été instituées tout d’abord, en vue d’élucider l’origine des divers accidents présentés par notre malade. Nous ne pouvons que les résumer ici.
I. Rôre De L'ALIMENTATION. — Soumise, à jeun, à l'absorption de
nn ct dr
divers aliments, Mme D... s’y montre parfaitement tolérante : aucun d’eux ne détermine ni crise hémoclasique, ni troubles cliniques d’aucune sorte. Ont été essayés ainsi successivement : le lait (200 gr.) ; la viande (200 gr.) ; les œufs (2) ; le glucose (150 gr.).
II. Le REFROIDISSEMENT. — A plusieurs reprises, nous avons fait prendre à la malade un bain chaud, d’une durée de quinze minutes environ, au sortir duquel elle s’exposait à une température froide. Voici, à titre d'exemple, le protocole d’une de ces épreuves :
5 février 1921. — Malade à jeun depuis la veille au soir.
Avant le bain..... 13 000 leucocytes.
Bain à 38°, donné de 14 h. 40 à 14 h. 57.
alAch 45: mon, 12 400 leucocytes.
ar Bou eat 12-600 - —
RL hD Sortie du bain ; température de la pièce : + 140.
4 Lo-heures 6 800 leucocytes.