‹ Les Phénomènes de Choc dans le Coryza SpasmodiqueChapitre 15 sur 16 · RÔLE DU SYSTÈME NERVEUX ORGANO-VÉGÉTATIF · texte numérisé non relu

RÔLE DU SYSTÈME NERVEUX ORGANO-VÉGÉTATIF

Nous avons vu qu’à la base du coryza spasmodique, comme à celle: des autres accidents cliniques de choc, existe une tare humorale qui rend. le sujet vulnérable aux agents de colloïdoclasie. Mais le rôle du terrain ne se résume pas à cela, il semble aussi régler la localisation de la manifestation clinique du choc. Comme le disent MM. Widal, Abrami et Brissaud (5) :« Il semble que les traductions « cliniques du choc soient très souvent déterminées par des prédis- « positions individuelles, comme si, au cours du bouleversement « colloïdal qui caractérise le choc et se répercute sans doute jus- « qu'aux protoplasmes qui constituent nos éléments cellulaires eux- « mêmes, tels ou tels de ces éléments se montraient, suivant les. « sujets plus particulièrement fragiles et traduisaient leur souffrance « par un syndrome fonctionnel déterminé. L’aptitude native ou « acquise de tels ou tels groupes cellulaires à subir le choc comman- « derait ainsi en quelque sorte la localisation organique de la colloï- « doclasie. »

Il s’agit là d’une véritable tare organique, qui paraît dépendre d’une excitabilité particulière de certains éléments du système nerveux végétatif (sympathique et parasympathique) qui commande la vaso-motricité des divers organes au niveau desquels peut s’extérioriser le choc. |

L'observation clinique a mis nettement ce fait en évidence pour l’asthme, qui peut être considéré comme un symptôme d’hypertonie du pneumogastrique : Lian et Cathala (56) ont trouvé chez les asthmatiques qu'ils ont étudiés les différents signes de cette hypervagotonie.

Mais ce sont surtout les épreuves thérapeutiques qui sont démonstratives à cet égard. Les classiques, qui considéraient asthme comme une névrose, le traitaient par la médication antispasmodique. Trousseau, dans ses cliniques, disait « : L'usage interne et longtemps « continué de la belladone ou de l’atropine m’a toujours paru cons- « tituer la base du traitement, »

Cette action thérapeutique de l’atropine, médicament électivement dépresseur et même paralysant du vague, à été étudiée d’une façon très précise par MM. Widal, Abrami et De Gennes (55). Donnée à un asthmatique, avant qu’agisse la cause déclenchante, l’atropme. (un milligramme) empêche l’éclosion de l’accës d'asthme,

mais ne supprime pas la crise hémoclasique ; son action est donc purement symptomatique : elle ne supprime pas le choc, mais empêche son extériorisation clinique.

M. Lian (47) a insisté aussi sur les bons effets du traitement belladoné comme préventif de la crise d'asthme. On connaît en outre l'efficacité de l’adrénaline, qui agit, non plus en inhibant le vague, (parasympathique) mais en excitant son antagoniste, le sympathique. :

Étant donné l’étroite parenté qui unit le coryza spasmodique à l'asthme, on devait se demander si l’on n’obtiendrait pas avec cette méthode thérapeutique des résultats encourageants dans le traitement de ce coryza. Les auteurs classiques avaient déjà préconisé le traitement belladoné dans le coryza spasmodique.

La médication adrénalinée s’est aussi montrée active. Chez une de nos malades, Mme M.., l'injection sous-cutanée d’évatmine (adrénaline et extrait hypophysaire) arrêta immédiatement les crises de coryza. Cette médication fut non seulement curative, mais encore préventive ; une injection d’évatmine faite le matin mit notre malade complètement à lPabri du rhume des foins pour toute la journée. L’adrénaline eut les mêmes effets. Aussi Mme M... se fit-elle faire pendant plusieurs jours sa piqûre d’évatmine ou d’adrénaline. Ce traitement eut quelques inconvénients : chaque injection fut suivie pendant une heure environ de palpitations avec sensation de malaise. Aussi faut-il à notre avis le manier avec prudence: l’injection d’adrénaline doit être un traitement d’urgence d’une crise accidentelle très forte de coryza, et non un traitement de longue haleine comme celui qui est nécessaire dans le rhume des foins ou tout autre coryza quotidien.

Chez la malade dont nous pouvions déclencher à volonté les crises de coryza par l'injection intra-veineuse de novarsénobenzol, l’injection préventive sous-cutanée d’un milligramme d’atropine n’amena qu’une sédation très légère des accidents. Au contraire, l'injection sous-cutanée d’évatmine protégea efficacement notre malade, qui eut seulement une crise très modérée de coryza spasmodique (huit éternuements).

Le rôle du sympathique dans l’éclosion des crises de coryza spasmodique vient d’être bien mis en relief par certains médecins américains, Ewing et Sluder (58). Ces auteurs ont montré qu’au cours des sinusites latentes postérieures dont toute la symptomatologie se résume à des signes d'emprunt, dus à l’iritation d’organes voisins, on rencontre un ensemble symptomatique traduisant, pour eux, la souffrance du ganglion spléno-palatin, qui, au point de vue anatomique et physiologique, constitue un vrai ganglion sympathique.

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Le syndrome du « ganglion spléno-palatin » est caractérisé par des phénomènes douloureux et paresthésiques intenses au niveau des fosses nasales, du pharynx et de la voûte palatine ayant le caractère de continuité des douleurs sympathiques, par de l’hypersécrétion salivaire, et surtout par des crises des plus typiques de coryza spasmodique avec tous ses symptômes : éternuements, obstruction nasale, rhinorrhée profuse, phénomènes oculaires.

Ils ont supprimé ces crises de coryza spasmodique par un traitement modificateur du ganglion spléno-palatin. Ils ont, dans ce but, pratiqué l’alcoolisation de ce ganglion par la voie du trou splénopalatin. Les mêmes résultats favorables peuvent être obtenus par les attouchements modificateurs de la muqueuse nasale, juste audessus de l’extrémité postérieure du cornet moyen, c’est-à-dire au niveau du trou spléno-palatin, avec des substances caustiques comme le formol, le phénol ou le nitrate d'argent. Il s’agit là de faits encore à l'étude mais qui méritent de retenir l’attention.

En tout cas, ces travaux d’Ewing et de Sluder donnent un regain d'actualité au traitement local du coryza spasmodique, pratiqué dans le but de modifier la sensibilité de la muqueuse nasale tel qu’il est appliqué actuellement par les laryngologistes.

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