COULEURS DU SPECTRE
planche IV, figure 1 , la suite des couleurs du spectre solaire, obtenu par un prisme de sulfure de carbone.
Ainsi un rayon de lumière blanche est bien, comme nous l'avons annoncé, la réunion d'une série de rayons colorés dont nous venons seulement de nommer les principaux : car la dégradation d'une couleur à la suivante se fait d'une manière insensible, et il n'y a pas, do Tune à Tautre, de changement brusque de nuance, ni de solution de continuité \
Tel est le phénomène de la décomposition ou analyse de la lumière, qu'on nomme aussi la dispersion des rayons colorés.
Cette dispersion de la lumière blanche par réfraction se manifeste à nous tous les jours par nombre de phénomènes, que les anciens connaissaient dès lors certainement comme nous, mais sans en avoir soupçonné la cause. Les pierres précieuses, les diamants lancent des feux de diverses couleni-s, et ce n'est pas une des moindres beautés de la précieuse substance de décomposer, à travers ses facettes, les rayons lumineux. L*arc-en-cîel est un phénomène du à la mémo cause, comme nous le montrerons dans la description des météores. Il en est de même des couleurs variées dont se teignent les nuages et les couches atmosphériques, à l'instant où ont lieu les crépuscules et les aurores. Enfin, dans les vases en verre contenant des liquides transparents, dans les morceaux de verre taillé dont ou orne les lustres, on aperçoit dans certaines directions des franges irisées ollVant dans toute leur pureté les couleurs du spectre.
Une seconde expérience prouve à la fois ([u'un rayon de chacune des couleurs du spectre est simple, et que son degré de rérrangibilité va en croissant du roufre au violet, l'.ette expérience consiste à laisser passer par un petit trou pratii|ué dans l'écran, à Tendroit où se forme le rouf^e par exemple, un étroit pinceau de cette couleur. Reçu sur un second écran (fig. -23i\ ce pinceau forme une image rouge en un {loint qu'on note avec
I. Sauf par des raies noires très-fines dont nous parlerons plus loin.
soin. Si, au lieu de le recevoir directement sur cet écr interpose un second prisme, le pinceau lumineux reçc nouvelle déviation, et son image va se former en un poii élevé que l'image directe. Mais la nouvelle image est comme la première, et de même forme si le prisme est nablement placé. La lumière rouge du spectre ne peut d décomposer.
Or, la même expérience, répétée sur les couleurs succe donne des résultats analogues. Donc, toutes les coule spectre solaire sont indécomposables ou simples. Mai r;éfrangibilité est croissante : car on remarque que les dis entre les images directes des couleurs sur l'écran et 1 obtenue par la réfraction dans le second prisme, sont d' plus grandes que la couleur est plus rapprochée de l'ext violette du spectre.
Si, au lieu d'un prisme formé de flint-glass, on empl prisme d'une autre substance réfringente, solide ou li on obtient des spectres plus ou moins brillants et plus ou allongés ; si les prismes sont incolores, les spectres sont posés des mêmes couleurs, rangées dans le même ordr< leur proportion, les espaces occupés par chacune d'elh rient suivant la nature de la substance, tandis que l'orc couleurs reste le même. C'est le flint-glass qui, parmi lides, donne le spectre le plus étendu, surtout dans le et le sulfure de carbone, parmi les liquides.
L'angle du prisme influe aussi sur l'étendue du spect duit, étendue qui est d'autant plus grande que l'angle c ouvert. C'est un fait qu'on vérifie aisément par l'expérii l'aide des prismes à angles variables dont nous avons pai haut.
Ainsi la lumière blanche se décompose par la réfracl rayons diversement colorés, et la couleur de chacun des correspond à un degré de réfrangibilité particulier. Voil l'analyse de la lumière.
Mais, si telle est, en efi'et, la composition de la lu
RECOMPOSITION DE LA LUMIÈRE. SSt
il doit en résulter qu'en réunissant, dans une proportion Convenable, toutes les couleurs du spectre, le mélange des rayions colorés formera un faisceau de lumière blanche. Des expériences variées continuent pleinement cette conséquence de Tanalyse de la lumière. La plupart de ces expériences sont dues à Newton, qui les décrit dans son Optique, et Ton ne fait guère aujourd'hui que les reproduire dans les cours avec de légères modiflcations.
La plus simple de toutes consiste à recevoir sur une lentille couvergente le spectre solaire étalé par un prisme. En plaçant
FiflT. Î33. — Hi^composÉtioJi de U lusiière |Ktr une lentille.
lin écran de papier blanc au foyer où se réunissent les rayons de« diverses couleurs, (c*est le foyer conjugué du point où les rayons émergent du prisme) on aperçoit une image blanche dti soleil (Bg. 23.'i). En approchant IVcran de la lentille, les rayons de couleur, non réunis encore, reparaissent d'autant plus vifs que l'écran est plus loin de ce foyer. Au contraire, réeraii est-il éloigné de ta lentille^ à partir du point de couvergence, les couleurs refunaissent encore, de sorte que le ronge, précédemment en bas, se trouve placé en haut, et le violet d*8bord en haut est situé à la partie inférieure de rimaçe colorée.
LA LUMIÈRE
Fig* 234. -> Kecotnposiiîon de la lumière par les prismes.
A Faide de deux prismes de même substance et de angle, mais opposés de position, ainsi que le montre la Qj le faisceau de lumière blanche qui tombe dans le p prisme se divise en rayons divergents et diversement c mais la réfractiou les ramène an parallélisme, à leur
gence du second me, et alors a d'un spectre , i tient un faisceat mière l>lanche c sée par la réuni rayons de à couleurs. Seule le bord supérie Timage reçue s écran est rouge, bord inférieur e let. Cela vient de ce que , parmi tou^^ les rayons de li blanche l'orniant le faisceau, les rayons moyens seuls de lieu à des spectres dont les couleurs se rassemblent ei tandis que les rayons extrêmes du spectre ne se sont posés avec aucune autre couleur^ et la recomposition s'efTectuer en ces points- ^Ê
Deux spectres obtenus au moyen de deux prismes difï et projetés en sens inverse sur un écran donnent du bl rendroit où les couleurs se superposent.
Le spectre donné par un prisme étant observé avec \ cond prisme, on retrouve une position pour laquelle V reçue dans l'œil est ronde et blanche.
Toutes ces expériences et d'autres encore sont décrit Newton avec une clarté et une simplicité admirables, qu'ici, dit-il j j'ai produit du blanc en mêlant les coulen prismes. Maintenant, pour mêler les couleurs des corps rels, prenez de Feau un peu épaissie avec du savon, et i la jusqu'à ce qu'elle s*élève en écume. Après qne cette <