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PHOSPHORESCENCE

neux et de celles du spectre chimique^ démontreut qu'il y a idéalité entre les diverses radiations* Ce sont les mêmes rayons qui produisent, ici les diverses couleurs et leurs intensilés lumineuses variables, là les degrés de chaleur inéi|ttlement distribués, là encore les combinaisons et décompositions chimiques. Seulement, tel rayon, doué d'un pouvoir calorifique ou chimique considérable, n'exerce pas sur notre rétine une influence assez forte pour produire en nous la !^eQsation lumineuse.

§ VL PIIENO)IÉ:X£S DK PHOSPHORESCENCE.

Eri 1677, uu alchimiste de Hambourg du nom de Brandi découvrit, par un procédé qu'il tint d'abord secret', un nouveau corps doué, entre autres propriétés singulières, de la fflculté d'émettre, quand il est exposé à Tair, une légère fumée fii se renouvelle continuellement : dans iobscurité cette Ta|teur est lumineuse. De là, le nom de phosphore (de ^û;

aière, ^opos qui porte) appliqué à cette substance, r|ui est des soixante-six corps simples actuellement connus. Si l'ûtt trace, avec un bâton de phosphore, des caractères quelcouiiues sur un mur, ils apparaissent comme des traits lumiûeux dans Tobscurité, et ne cessent de luire qu'après la disparition complète, par combustion lente ou évaporalion, de Itt lûalière phosphorée.

Bien avant la découverte de ce corps, on donnait le nom de |>bsphores à toutes les substances qui émettent, comme lui, delà lumière sans accompagnement de chaleur sensible. Tels î^ut les bois que Thumidité a fait tomber eu décomposition, 1<^ poissons de mer morts, mais non encore puti^étîés, dont la beur se communique à Teau elle-même qimnd on les agite |*eadant qtielque temps, et enfin un grand nombrc de sub*

t' Peu d iprès Brandt. Kunckel trouva le moyen d'obtenir le phos-

|Aorc. Un > ^ tard, en 1769, Scheele montra qu'il est contenu eu j^rando

^liODdtacc dans tes o$ de T homme et des animaux.

stances minérales, quand on les soumet à des chocs ou à frottements mécaniques, ou qu'elles ont été exposées rayons solaires.

C'est à cette émission de lumière, spontanée ou artificie ijue les physiciens donnent le nom àe phosphorescence.

La phosphorescence n'est pas particulière aux maii( inorganiques ou privées de vie. Quand, par une chaude soi de juin ou de juillet, nous nous promenons dans la carapaj il n'est pas rare de voir dans l'herbe et sous les buissons multitude de petites lueurs qui brillent comme autant d'étc terrestres : ce sont les lampyres ou vers luisants^ genre coléoptères dont la larve, comme l'insecte parfait, mais à moindre degré, jouit de la propriété d'émettre une lum d'un bleu verdâtre. Les fulgores porte-lanterne de la Guy et les cucuyos du Mexique et du Brésil brillent, pendan nuit, d'une lumière assez vive pour qu'il soit possible de avec leur seul secours. Certaines fleurs, comme les fleuri souci, de la capucine, de la rose d'Inde, ont été considé; comme phosphorescentes, mais s'il parait aujourd'hui prc qu'on s'est trompé à leur égard, il reste certain qu'une qi zaine de plantes phanérogames et huit ou neuf cryptoga ont la propriété d'émettre de la lumière ; mais c'est seulen le soir, après une journée où ces végétaux ont pu recevoî lumière du soleil, de sorte que l'insolation parait être, { eux, une condition essentielle à la phosphorescence. La pi phorescence de la mer est produite par des myriades d'anin cules qui, comme les lampyres et les fulgores, émettent lumière assez vive pour donner aux flots l'apparence de na] embrasées. Ce sont tantôt des infusoires, tantôt des médu des astéries, etc., qui répandent, les unes une lumière bleut les autres des lueurs rouges ou vertes, ou même commi quent à l'eau de la mer une teinte blanchâtre qui lui fait d ner par les marins les noms de mer de neige ou de mer de i

Les coquilles d'huitres calcinées deviennent luminei quand elles viennent d'être exposées à la lumière du Sol

PHOSPHORESOENCR

au sulfure de calcium (|ii*est due cette propriété, qui appartieut aussi aux sulfures de baryum et de strontium'.

La phosphorescence peut encore être développée dans un grand nombre de substances par des actions mécaniques ou chimiques. Oui ne sest aperçu, en cassant du sucre, des lueurs tfùi se dégagent au moment du choc? Ou obtient des effets semblables en frottant énerf2fiquement i*un contre Faulre deux morceaux de quartz^ de craie, de chlorure de chaux, ou en détachant par le clivage des lamelles de mica.

L'élévation de température détermine aussi la phosphorescence. Le spath fluor» le diamant et d autres pierres précieuses, la craie, les sulfates de potasse et de quinine dégagent de la lumière, quand on les met en contact avec des corps chauds. Nous verrous plus tard que rélectricité est fosoeptible de reproduire les mêmes effets sur les corps maufijs conducteurs.

Ainsii voilà toute une série de phénomènes dans lesquels ta production de la lumière n'est ni le résultat d*une eombuslian vive à une haute température, ni celui d'une illumination rapide qui disparaît aassitot que la source cesse dVire en présence de l'objet éclairé. Tous les corps que nous veuons de passer eu revue et que des circonstances particulières rendent phosphorescents acquièrent, pour un temps limité, il est vrai, mais souvent assez considérable, la propriété dVnre lumineux par eux-mêmes, d'émettre de la lumière sensible dans Tob' scurité, assez forte pour éclairer les objets voisins.

La phosphorescence paraît due à des causes multiples: dans les êtres organisés et vivants, le mode de production de la lumière est à peu près inconnu. On sait seulement que la Tolonté de Tanimal joue un certain rôle, qu^une température

1» Ouitoii, physicien anglais, a Jécouvert, en 1764, la phosphorescence den ÉttMr €llcinées ; voilà pounpioi l'an nomme le sulfure de calcium phoiphore éi Canton, C'esl à un ouvrier de Bologne, V. Calciarolo, qu est due la dccoutrtle de la phosphorescence du sulfate de baryte calciné. De là le nom de fho^hùn de Bologne donné au sulfure de baryum.

36i LIVRE m. — LA LUMIÈRE.

modérée est nécessaire au dégagement de la lumière, ai que la présence de ToxygèneL, Un froid trop vif, une chali un peu forte la font également disparailre. Dans le phosphore bois pourri, les poissons morts, la production de la lumière due sans doute à une action chimique, à une combustion lei dans le vide en effet, toute phosphorescence cesse. Enfin résulte des faits exposés plus haut, que l'insolation, Téléval de température, l'électricité, et des actions mécaniques où lectricité et la chaleur jouent sans doute un rôle, sont d beaucoup de cas, des conditions favorables au développem de la phosphorescence. Dans ces derniers temps, ce mode i gulier de production de la lumière a été l'objet d'études intéressantes, dues à MM. Biot, Matteucci, et principalem à M. Edmond Becquerel. Nous allons les résumer rapidemi

Il a d'abord été reconnu que la phosphorescence est i propriété que peuvent acquérir momentanément un gr; nombre de corps^ surtout à Tétat solide et à l'état gazeux papier, l'ambre, la soie, et une multitude d'autres mati( d'origine organique : les oxydes et les sels des métaux alcali des métaux terreux, et de l'uranium ; un grand nombre gaz. Mais ni les autres métaux, ni letirs composés, ni auc sorte de liquide n'a pu jusqu'ici manifester la moindre ti de ce phénomène.

Les teintes de la lueur phosphorescente varient selon nature du corps : ainsi les pierres précieuses émettent lueur jaune ou bleue. Les sulfures de strontium,, de bary de calcium, donnent toutes les nuances du spectre, depui rouge jusqu'au violet. Mais un fait singulier, mis en évide par M. E. Becquerel, c'est que la teinte et la vivacité d( lueur ne dépendent pas seulement de la température, n aussi du mode de production des sulfures, et ce qui est ] siogulier encore, de l'état moléculaire des sels d'où ils ont tirés. Ainsi, ayant pris divers carbonates de chaux, du sp de la craie, etc., et les ayant traités par le soufre, il obtint sulfures de calcium qui, exposés au soleil, devinrent pb

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