‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 123 sur 249 · I . .1 Chaux de Spath vert · texte numérisé non relu

I . .1 Chaux de Spath vert

calcium provenant / ^ - /»« ^^ .

f \ Arragomle fibreuse Vert.

I Marbre ...... . . Violet rose,

\ Arragoaite de VertaÎBon . . Violet rose.

« Si l'on veut me permettre une comparaison, dit M. E. Becquerel à roccasion de ces faits, on pourrait dire que ces «icrniers corps, par rapport aux effeis lumineux, sont analogues aux cordes sonores auxquelles on fait rendre différents sons suivant leur état de tension. »

L'élévation de la température, nous l'avons déjà dit, accélère la phosphorescence; mais aussi elle la fait dépenser plus vite: la lueur obtenue dure moins longtemps. Elle a aussi pour effet de modilierles teintes; ainsi le sulfure de strontium, bleu à la température ordinaire, passe au violet bleu, au bleu clair, au Vfii, au jaune, et enfin à Torangé, quand on élève progressivement sa température de 20 degrés au-dessous de zéro à 150 degrés au-dessus.

Il était d un grand intérêt d'étudier la manière dont les diverses radiations du spectre agissent sur les corps pour déterminer leur phosphorescence, depuis les rayons chimiques situés dans la partie obscure du spectre au delà du violet, jusc[u'aux rayons calorifiques de la partie au delà du rouge. I*our cela, on a projeté le spectre sur des bandes recouvertes de diverses substances phosphorescentes, puis on û examiné dans Tobscurité les effets lumineux produite à des distances différentes, c*est-à^diro dans les régions que déterminent les raies prismatiques. Ou a vu ainsi quels étaient les rayons qui produisaient les effets lumineux les plus intenses. On a trouvé que le maximum d^actiou dépend des corps impressionnés; mais, dans tous les cas, ce sont toujours les rayons chimiques les plus voisins du violet, les plus réfran-

gibleSy par conséquent^ qui produisent la phophorescei les rayons calorifiques ne l'excitent point; mais ils doués de la propriété de continuer l'action des ra chimiques. Ces résultats expliquent à merveille la f^ action de la flamme des bougies ou du gaz pour produit phosphorescence des corps, et au contraire Tefficacité c lumière électrique : cette dernière source abonde en ra chimiques ou ultra-violets, tandis que les premières, ri en rayons de chaleur, sont très-pauvres, au contraire rayons chimiques. La lumière si vive du magnésium riv( comme Ta montré M. Le Roux, avec la lumière électriqr suffit d'allumer un fil de ce métal en présence d'un tube fermant, par exemple, du sulfure de calcium, pour obtenii phosphorescence prolongée de cette substance, ainsi qu' constate en portant le tube dans l'obscurité.

M. Edmond Becquerel a imaginé, pour l'étude de cespfa mènes, un iustrument qu'il nomme p/iosphoroscopefjàg. En voici la description sommaire. Deux disques m sont percés chacun de quatre ouvertures en form secteurs, et peuvent tourner autour d'un axe comi mais comme les ouvertures de l'un ne correspondeni aux ouvertures de l'autre, ainsi que le fait voir la figure il en résulte qu'un rayon de lumière ne peut jamais tra^ le système des deux disques, quelle que soit d'ailleu vitesse de rotation. Ils sont l'un et l'autre enfermés une boite noircie qui reste immobile, et dans les parc laquelle sont pratiquées deux ouvertures. La lumièr laire arrive par l'une d'elles, tombe sur le corps doi veut étudier la phosphorescence, et qui est fixé entre les disques, dans l'axe des fenêtres extérieures de la boîte ; comme nous venons de le dire, elle ne peut travers» l'autre côté. La lueur phosphorescente provoquée da corps passe, au contraire, par l'ouverture opposée, tout fois que le mouvement de rotation amène l'une des fe] mobiles en face de l'ouverture extérieure. L'action de

coiititiue, et la seiisalîon produite dans l*œil de robscrvatenr l'est pareillement.

Le phosphoroscope ainsi construit laisse arriver au corps t|Uou obsei-ve une quantité de luniière constante, quelle que soit la vitess4» de rotation; U en est de même P«»r la quantité de lumière phusphoftrscente qui arrive à Tceil ; mais la «Itirée de Taction continue de la luniiere sur le corps varie avec cette vitesse, puisqu elle est égale au temps 4w'une ouverture met à passer devant lui; cette durée se mesure d'ailleurs aisément, quand OB coDuail les dimensions de rouverture et le nombre des

ses LIVRE III. — LA LUMIÈRE.

tours que fait en une seconde le système des deux dis mobiles. En résumé , plus la rotation est rapide, plus es tite la durée de l'action de la lumière , mais aussi plu interruptions dans cette action sont courtes, de sorte doit y avoir une certaine vitesse pour laquelle on obtie maximum d'éclat.

A l'aide du phospboroscope, M. Becquerel, outre lesrési que nous avons déjà indiqués plus haut, a pu constater certains corps des émissions lumineuses dont la duréi excessivement faible, puisqu'elle ne dépasse pas la dixième partie d'une seconde. D'autres, comme les sulfures de strontium et de calcium, restent phosphorescents pei trente-six heures. Le diamant luit pendant plusieurs he Enfin, il a pu étudier la loi suivant laquelle les corps pho rescents perdent leur lumière par émissions successives.

La lumière émise par divers végétaux et animaux phos rescents, a été soumise à l'analyse spectrale ; on a trouv les spectres de ces lumières sont continus, qu'on n'y peu tinguer ni raies obscures, ni raies brillantes.

§ VII. qu'est-ce que la lumière?

Jusqu'à présent, nous nous sommes borné à décrii phénomènes lumineux, tels que l'observation les donne faire aucune hypothèse sur la nature intime de l'agent c provoque la perception par nos organes. Tout ce que savons, c'est que les divers corps de la nature peuven rangés en deux catégories : dans la première se trouve sources lumineuses , c'est-à-dire les corps susceptibles ai duire directement et par eux-mêmes la lumière ; 1 comprend les corps qui transmettent de diverses façc lumière émanée des sources, mais qui, dans leur état i ne peuvent en émettre directement.

Parmi les sources lumineuses, il en est, comme le Se

QU'EST-CE yUE LA LUMIÈRES

(a plupart des étoiles^ qui nous paraissent permaneutes, ou du moius dont le pouvoir émissir ne s'est poiut affaibli depuis des milliers d'années ; c'est sans doute par millions de siècles qu il faut compter, si Ton veut chercher à évaluer la durée probable de ce pouvoir. Mais il ne paraît pas douteux qu^elles ne diffèrent point essentiellement des sources lumineuses temporaires, que nous avons à notre disposition à la surface du globe. Ces dernières doivent leur état, soit à une très-haute température, qui détermine des combinaisons chi* miques propres k dégager de la lumière , soit k un état de tension électrique donnant lieu au même phénomène. Tout ce qu'on sait de la constitulion physique du Soleil tend à prouver que c'est un immense foyer à Tétat d'incandescence, dont la température est excessive, mais dont la production en chaleur et en lumière ne peut avoir lieu, sans une cousommation correspondante des forces vives d*une autre espèce.

Enfin, nous venons de voir que parmi les corps de la seconde catégorie, il en est un grand nombre qui peuvent acquérir momentanément, sous Tinfluence de la température, de l'insulation, de certaines actions chimiques ou mécaniques, la |>ropriélé de luire par eux-mêmes, ce qu'on nomme la phosl>horescence, et cela sans qu'il y ait incandescence ou combustion vive.

Toutefois, sans nous être demandé encore ce que c'est que h lumière, nous savons qu'elle ne se transmet pas instantaïi^ment, qu'elle met un temps fini à se propager d'un point k on autre, en un mot, que c'est un mode particulier de mouvement. Il reste à savoir en quoi consiste ce mouvement, si la lumière est une substance incessamment lancée par les corps lumineux, ou si c*est un ébranlement produit dans un mUieu spécial, et se propagent de proche en proche à travers lespace. Ce sont là des questions d'un si haut intérêt qu'elles s'imposent nécessairement à Fesprit; leur examen aura d'ailleurs plus l'avantage précieux de nous fournir une explication phénomènes qui nous restent à décrire. Le moment est

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