LIVRE lU
LA LUMIÈRE
donc venu de donner une idée de la lliéoriej généralement admise anjonrd'hui par tous les physiciens^ à l'aide de laquelle tous les phénomènes de Toptique se trouvent être autant de conséquences d'un principe unique. Mais nous donnerons en même temps quelques détails sur une autre hypothèse, qui a f longtemps partagé avec la première le privilège de ser\dr de lien commun aux phénomènes.
Parlons d'abord de rancienne théorie, connue sous le nom de théorie de l^ émission.
Suivant Newton, qui Fa le premier réduite en système» la lumière serait formée de molécules matérielles d'une excessive ténuité j que les sources lumineuses émettent à tout instant, et qu'elles projettent dans l'espace avec une vitesse uniforme; c'est le choc de ces projectiles sur la rétine qui, éhranlant les nerfs optiques, déterminerait la sensation de la lumière. Ces parlicules sont douées de forces attractives et répulsives, qui se manifestent dans le voisinage des molécules des corps et produisent, les forces attractives la réfraction et la réflexion intérieure, les forces répulsives la réflexion extérieure. M y a autant d'espèces de particules que de couleurs, et chaque espèce est douée d*une réfrangibilité particulière.
Les particules successives qui suivent la même ligne droite forment \\\\ rayon lumineux ; mais elles peuvent être séparées par de grands intervalles. En effet, il est prouvé que Fimpressi on lumineuse sur la rétine dure environ Yjo de seconde; il suffirait donc que 10 particules lumineuses vinssent eu une seconde frapper notre te il, pour que Fimpression causée par Fune d elles ne fut pas effacée avant Farrivée de la seconde, ou, ce qui revient au même, pour qu*il y eut sensation continue : en les supposant également espacées, elles se suivraient à 29 800 kilomètres ou 7450 lieues de distance les unes des autres. En supposant qu'elles se succèdent au nombre de 100 par seconde, il y aurait encore de Fune à Fautre 2980 kilomètres dlnlervalle.
On conçoit doncj dans cette hypothèse, comment les rayons