‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 183 sur 249 · TENSION DE L ELECTRICITE · texte numérisé non relu

TENSION DE L ELECTRICITE

aplati, elle est maximum sur toute la circonférence de l'équaleui\ Dans un disque plat, la tension électrique, presque nulle au centre^ va en croissant vers les bords, où elle atteint la pins grande intensité. Dans un conducteur qui a la forme d*un cylindre terminé par deux hémisphères, c*est à la surface de ces derniers que la tension est la plus grande; elle est presque nulle partout ailleurs. Les Vignes ponctuées, qui

FSg. 3ÂT, -^ Tension de rélectricité aux itiffi^rents pointa d« h surfïiee d*tioe ipbèrt ;

d*un dlipsoîde-

entourent les solides représentés dans les Ggures 357 et 358, indiquent, par leurs distances pins ou moins grandes aux points voisins des surlaces , quelle est la tension électrique en chacun de ces points.

On volt donc combien la forme des corps a dlniluf nce sur lo distribution de réloclricité a leur surface. Mais nulle part cette influence n*est [dus sensible que sur les parties des corps terminées par des arêtes

vives, des angles aigus, des poin- '"ii^E=2^iMHi^i^Mw • tes coniques ou pyramidales.

Dans ces parties, rélectricité s'accumule et acquiert une intensité assez grande pour s*é- ng. 2uë. - T^n&îon de i ur couler dans le milieu arabiaut, ^l^tT^iSlUr" '''" °* alors même que ce milieu est

lK»s-peu conducteur. Avant de vérifier par rexpériencc ce qu'on nomme le pouvoir des pointes , disons un mot de Tiniluence du milieu qui environne un corps éleclrisé, sur la couservalion on la déperdition de rélectricité n sa surface.

Nous savons déjà que, si ce milieu est bon conducteur,

comme l'eau ou l'air chargé d'humidité, l'électricité s'écoulera et ne pourra séjourner sur le corps qu'on a électrisé : c'est un obstacle qu'il faut écarter, quand on veut obtenir une quantité d'électricité tant soit peu sensible. Mais supposons ^jue le milieu soit de l'air sec : quelle sera l'influence de la pression atmosphérique sur la déperdition de l'électricité à la surface du corps? quelle sera l'influence de la température? Ces questions sont très-complexes, parce que les causes qui agissent à la fois sur la déperdition dont il s'agit, outre qu'elles sont nombreuses , sont très-difficiles à étudier séparément : les supports isolants sont plus ou moins bons conducteurs ; il en est de même des corps électrisés, etc., etc. Coulomb et Matteucci ont étudié cette question intéressante et difficile, et sont arrivés à des résultats qui ne sont pas toujours concordants. Néanmoins, il résulte de leurs recherches, que la déperdition d'électricité dans l'air sec augmente avec la température ; qu'à une même température , elle augmente rapidement quand la pression de l'air diminue , ou si l'on veut à mesure que l'air environnant le corps électrisé est raréfié. Toutefois, cette dernière loi n'est vraie que pour les fortes charges; de sorte que, si l'on introduit dans un espace vide d'air, un corps fortement électrisé, il commence par perdre instantanément une grande partie de sa tension , mais seulement jusqu'à une certaine limite; après quoi la déperdition se fait très-lentement. Plus la raréfaction est grande, plus la limite dont il s'agit est faible , mais aussi plus la perte électrique devient faible aussi. Plus tard nous décrirons de trèscurieux phénomènes qui ont pour cause cette déperdition de l'électricité dans les milieux raréfiés.

Revenons à récoulement de l'électricité par les pointes.

On a calculé qu'au sommet d'une pointe conique, la tension électrique est infinie, de sorte qu'il doit être impossible de charger d'électricité un corps conducteur muni d'un tel prolongement; c'est ce que l'expérience confirme. A mesure que l'électricité se développe, elle s'écoule dans le milieu ambiant

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et disparaît. Ouand on examine rextrémité de la pointe dans l'obscurité, on aperçoit une aigrette lumineuse dont nous étudierons plus loin la forme et la couleur. Si, pendant que la pointe est en communication avec la source électrique, on place la main en avant ou au-dessus, on sont un souffle qui indique un mouvement continu des particules d'air; on rend ce mouvement trùs-sensible en plaçant sur le prolongement de la pointe, la flamme d'une bougie (fig. X)[)). Le i'cnt électrique qsX

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assez intense pour eourluT la flamme ï)u même pour l éteindre. Celte agitation de l'air, à l'c^xlrémifé di»s pointes des conducteurs électrisés, avait d'abord été attribuée à lecoulement réel de l'électriiifé qu'on assimilait à un fluide: mais l'explieation suivante nous sciublf préférable, paire «pi'elle n'exige aucune liypotbèse sur la nature de réleclrieité, et d'ailleurs se trouve d'accord avec les pbénomèues ecuinus. Les molécules d'aîr qui se trouvent en contact avei* la pointe, électrisée à une tension considérable, se ebargent d'électricité de même nom que celle du conducteur. Dès lors, il y a répulsion, et les

molécules en s'éloignant, cèdent la place à d'autres qui s'électrisent à leur tour, et ainsi de suite. De là, le courant d'air que l'observation constate, courant qui n'est continu qu'autant que la charge électrique est sans cesse renouvelée.

La force avec laquelle l'air est chassa au-^devant d'une pointe, engendre une réaction qui doit pousser la pointe en sens contraire; et si cette pointe ne se meut pas, c'est qu'elle n'est pas libre. L'existence de cette réaction est mise eB évidence dans un petit appareil qu'on nomme le tourniquet électrique (fig.

360). Sur un support métallique, on place un système de rayons divergents réunis au centre par une chape qui permet le mouvement du système dans un plan horizontal. Chaque rayon est recourbé en pointe aiguë dans le même sens. Dès qu'on charge le conducteur sur lequel le tourniquet est placé, on voit celui-ci prendre un mouvement de rolatjon dans une direction opposée à celle des pointes.

Fig. 360. — Tourniquet électrique.

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