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EFFETS LUMINEUX DES PILES

Les piles sont des producteurs d'électricité à basse tension. n n'est donc pas étonnant que la réunion des réophores d'une pile chaînée ne produise pas d étincelle, ou, du moins, n'en donne qu'une fort petite. Mais si l'on emploie une pile trèspuissante, composée dun très-grand nombre d'éléments, et si, au lieu de fermer le circuit en mettant les fils en contact, on laisse entre leurs extrémités un petit intervalle, on voit jaillir des étincelles très-rapprocbées, qui forment même une lumière continue, si les deux fils sont terminés par deux cônes de charbon. C'est à cette lumière continue qu'on donne le nom à' arc voltaùjue. Davy, à l'aide d'une pile de 2000 couples dont chacun avait 4 décimètres carrés de surface, obtint une lumière éblouissante qui jaillissait d'une façon continue dansTintenalle des deux pointes de charbon. Cet inter\'alle n'était d'abord que d'un demi-millimètre; mais, une fois la lumière produite, il put écarter les charbons jusqu'à 11 centimètres. Il vit alors un phénomène d'une grande beauté. La lumière électrique s'étendait entre les deux électrodes dans la forme d'un arc convexe vers le haut, et d'un éclat si intense, que l'œil en pouvait à peine supporter l'éclat. Dans le vide, la longueur de l'arc est plus grande que dans lair. Depuis Davy, la production de l'arc voltaïque a été rendue plus facile , grâce aux appareils d'induction 4|ue nous décrirons dans un prochain chapitre : on est parvenu à Tiitiliser pour Téclairagr des phares. L'arc développe une chaleur d'um^ intensité extrême : les métaux y fondent comme de la cire dans lu flamme d'une lampe. Les corps les plus réfractaires ont été fondus et volatilisés par M. Despretz, d'abord à l'aide d'une pile de 600 couples, puis par l'emploi des appareils d'induction. Les oxydes de zinc et de fer, la chaux, la magnésie, l'alumine furent réduits en globules; du graphite, volatilisé, déposa sur les électrodes une poussière qui, examinée au microsco[>e, fut reconnue comme formée de très-petits cristaux de forme octaédriqne; avec cette poudre on put i>olir des rubis, d'où Ton a conclu que le graphite qui est, comme le diamant, du

eeo LIVRE Y. « LE iMAGNÉTISME ET L'ELECTRICITE.

carbone pur, s'était cristallisé sous rinfliience de la chaleur intense de Tarc^ et transformé en très-petits diamaets.

Les effets chimiques de la pile offrent le plus haut iutértH. Nous n en citerons que quelques-uns*

La décomposition de Teau est un des plus importants. Pour l'effectuer on emploie l'appareil que représente la figure 410 et qui porte le nom de voltamètre^ parce que les quantités d'eau décomposée dans un temps donné par des courants voltaïques servent de mesure aux intensités de ces courants. C'est un vase en verre ^ dont le fond garni de mastic laisse passer

Fig. 4 lu. — Décampositioa tic Teau par U pile.

deux fils de platine, qui vont se réunir aux extrémités des réophores d'une pile. Le vase est rempli d*eau additionnée de quelques gouttes d'acide sulfurique, ce qui rend le liquide meilleur conducteur. Deux cloches graduées pleines d'eau recouvrent les lames de platine. Aussitôt que le courant piisse, ou voit des bulles de gaz se dégager autour des lames et monter à la partie supérieure de chaque cloche. L'un de ces gaz est rhydrogène, l'autre Toxygéne, et le volume du premier est toujours double du volume du second. De plus, c'est toujours autour de la lame qui est rattachée au réophore du pôle positif qu'a lieu le dégagement de roxygèue, tandis que l'hydrogène se dégage au pôle négatif.

A Taide de la pile, Davy est panenu à décomposer les

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