‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 200 sur 249 · EFFETS CHIMIQUES DES PILES · texte numérisé non relu

EFFETS CHIMIQUES DES PILES

oxydes des métaux alcalins, la potasse par exemple, et il eu est résulté la découverte d'un nouveau métal, le potassium. Un grand nombre d'autres composés chimiques, acides et bases, ont été résolus en leurs éléments par l'influence du courant voltaique, et la chimie s'est trouvée en possession d'un nouveau et puissant moyen d'analyse. Donnons encore un exemple de décomposition, celle d'un sel métallique : nous verrons plus tard l'importance des applications que Tindustrie a su faire de ce mode d'action de l'électricité.

Considérons le sel qu'on nomme en chimie le sulfate de cuivre. C'est un composé de deux combinaisons binaires : Vacide sulfurique d'une part, et d'autre part le protoxyde de cuivre. Du soufre et de l'oxygène forment l'acide sulfurique : du cuivre combiné avec le même gaz, l'oxygène, forpae Toxyde métallique. Voyons comment va se faire la séparation de ces éléments sous l'influence de Télectricité qui se dégage entre les réophores d'une pile.

On plonge, dans un vase, qui renferme une dissolution de sulfate de cuivre, deux lames de platine attachées aux réophores de la pile. Aussitôt on voit, sous l'influence du courant électrique, des bulles d'oxygène se dégager autour de la lame qui correspond au pôle positif — c'est ce qu'on nomme Vélectrode positive — et du cuivre se déposer à l'état métallique à la surface de la lame qui forme Vélectrode négative. Le sel a été décomposé ; sa base, séparée de l'acide, s'est ellemême décomposée en oxygène et en cuivre : quant à l'acide sulfurique devenu libre, il s'est porté vers l'électrode positive. C'est ce dont on s'assure en sondant avec des bandes de papier de tournesol divers points de la solution, et Ton voit que la teinte rouge du papier réactif est la plus forte dans le voisinage de l'électrode positive.

Les phénomènes de décomposition chimique par les courants voltaïques sont extrêmement nombreux et complexes ; il faudrait un volume pour les décrire. Bornons-nous à signaler un fait singulier qui accompagne toujours une action clcctro-

Iv tique — c'est une expression déduite du mot électrolyse par lequel Faraday a désigné toute décomposition par la pile. — Quand les électrodes ont été employées pendant quelque temps, si on les retire de la dissolution saline, et qu'on les plonge dans l'eau pure, en mettant chacune d'elles en communication avec les fils d'un galvanomètre, on reconnaît à l'aide de cet instrument, que nous décrirons bientôt, qu'un courant a lieu en sens contraire du courant primitif, c'est-àdire de l'électrode négative à l'électrode positive à travers le liquide. On dit alors que les électrodes sont polarisées. Le courant secondaire dont nous parlons, n'est d'ailleurs que temporaire; il est dû à l'accumulation sur les électrodes des dépôts produits par Télectrolyse, et il cesse dès que ces dépôts se trouvent épuisés par l'effet des nouvelles réactions chimiques engendrées sous son influence.

Les commotions ou secousses nerveuses, causées par le passage du courant d'une pile à travers les organes de l'homme ou des animaux, sont d'autant plus fortes que la pile est formée d'un plus grand nombre de couples. L'effet produit ne dépend que de la tension de la pile, tension qui croît avec le nombre des éléments, sans que la surface de ceux-ci puisse suppléer à leur nombre. Il est dangereux de s'exposer à recevoir la commotion d'une pile puissante ; et l'on sait qu'avec la pile de 2000 couples de l'Institut de Londres, des chevaux et des bœufs ont été tués sur le coup. Gay-Lussac se ressentit plus d'une journée de la secousse violente qu'il reçut en touchant les deux réophores d'une pile à auge de 600 couples. C'est au moment où l'on ferme le circuit que la sensation a lieu avec le plus de force : alore les bras sont secoués, et la poitrine môme ébranlée, mais on n'éprouve plus ensuite qu'une sorte de frémissement dans les muscles des bras et des mains. Enfin quand on rompt la communication, on ressent une nouvelle secousse, d'ailleurs beaucoup plus faible que la première.

II y a lieu, du reste, de distinguer deux sortes d'effets physiologiques de la pile : la simple contraction musculaire^ sans

Page 1