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L'ÉLECTRO-AIMANT

On voit donc, d'après la théorie d'Ampère, que tout aimant peut être considéré comme équivalant à un solénoîde.

Quand aux substances magnétiques, telles que le fer doux, le voisinage d'un aimant leur fait acquérir momentanément le magnétisme polaire, par Faction que les courants du solénoîde exercent sur les courants dont ils sont eux-mêmes le siège. Cette influence modifie l'orientation de ces courants élémentaires, et fait que leur résultat n'est plus nul : ainsi se conçoit l'aimantation par influence. Nous allons voir que l'aimantation permanente s'explique aussi parfaitement dans la

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Fig. 422. — Courants particulaires Fig. 423. — Courants résultants à la surrace des aimants. d'un aimant.

théorie d'Ampère. Mais là, c'est l'expérience qui doit nous instruire, en nous révélant des phénomènes du plus haut intérêt.

§ IV. l'êlectro-aimant.

Arago fit, en septembre 1820, peu de temps après les découvertes d'Œrstedt et d'Ampère, l'expérience suivante : il plongea dans une masse de limaille de fer un fil de cuivre qui réunissait les deux pôles d'une pile; en retirant le fil sans interrompre le courant, il le vit recouvert sur toute sa surface de parcelles de limaille, disposées transversalement; dès que le courant était interrompu, les parcelles se détachaient du cuivre et tombaient. Pour s'assurer qu'il s'agissait bien là d'une aimantation temporaire, non de lattraction d'un corps électrisé pour les corps légère, il substitua à la limaille de fer une substance non magnétique.

et le phénomène n'eut plus lieu. En plaçant des dguilles de fer doux, puis d'acier trempé , très-près du fil de cuivre et en croix avec ce dernier, il reconnut que l'action du courant les transformait en aiguilles aimantées, ayant leur pôle austrai toujours à gauche du courant, résultat conforme aux récentes expériences d'Œrsledt.

Bientôt Arago et Ampère reconnurent que l'aimantation du fer doux ou celle de l'acier se développait avec bien plus d'énergie, en plaçant l'aiguille à l'intérieur d'une hélice électrique. Ils enroulaient le fil réophore d'une pile autour d'un tube de verre; puis, ayant placé dans l'axe de ce dernier l'aiguille à aimanter, ils faisaient passer le courant. L'aimantation se

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Fig. 4^4. —Aimantation d'une aiguille d'acier par un solénolde : hélices dextrorsum

et sinistrorsum.

produisait aussitôt ; mais, comme on devait s'y attendre , elle était temporaire pour le fer doux, permanente pour l'acier.

On voit, d'après la figure 424, qu'il y a deux manières d'enrouler le fil autour du tube. En supposant le tube horizontal, on peut enrouler le fil en allant de droite à gauche, chaque spire s'enroulant de bas en haut sur la face du tube tournée vers l'opérateur : c'est l'hélice ou le solénoîde dextrorsum; ou bien on peut enrouler le fil toujours de la même. façon, mais en allant de gauche à droite : c'est l'hélice ou le solénoîde sinistrorsum. Si le courant traverse les spires de l'hélice de gauche à droite, comme l'indiquent les flèches, l'aimantation donnera à l'aiguille son pôle austral a, à gauche dans l'hélice dextrorsum; le pôle austral sera au contraire à droite dans l'aiguille de l'hélice sinistrorsum. Dans les deux cas, c'est

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