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LES ÉLECTRO-AIMANTS

toujours à la gauche du courant, suivant la loi d'Ampùre, que se trouve placé le pôle austral.

Par ce procédé d'aimantation, si simple et si merveilleux, on peut à volonté produire des pôles secondaires sur les barreaux qu'on veut aimanter, ce qu'on nomme, nous Tavons vu plus haut, des points conséquents. Il suffit, pour cela, après avoir enroulé le fil dans un sens autour du tube, de Tenrouler dans le sens opposé vis-à-vis chacun des points où doit exister un pôle secondaire. Uhélice totale se trouve ainsi formée d'une hélice dextrorsum suivie d'une hélice sinistrorsum, et ainsi de suite (fig. 425).

Nous avons dit que le fer doux, enveloppé d'une hélice

Fig. 4'25. — Aimantation par une hélice : production des points conséquents.

magnétisante prend une aimantation temporaire. La force magnétique ainsi développée est d'autant plus puissante que le fer est plus homogène et plus pur, et que le nombre des spires de l'hélice est plus considérable. Pour réaliser facilement cette dernière condition, on entoure le fil métallique d'une enveloppe isolante, comme dans le multiplicateur de Schweigger, par exemple de fil de soie. On l'enroule alors autour du morceau de fer doux , en serrant les tours autant qu'on veut, de manière à obtenir un très-grand nombre de spires. On a alors ce qu'on appelle un électro-aimant^ c'est-à-dire un aimant dont la puissance magnétique subsiste pendant la durée du passage du courant de la pile , et cesse dès que le courant est interrompu.

On donne aux électro- aimants la forme d'un cylindre recourbé en fer à clieval , dont chaque branche est recouverte par une portion de fil (fig. 426). Les hélices y paraissent enroulées en sens opposé, mais le sens de l'enroulement est en

LES ELEGTIUJ. AIMANTS.

que M. Ponillet a fait construire pour la Faculté des sciences de Paris est capable de supporter une charge de plusieurs milliers de kilogrammes.

Les éleetro-ainKiiits permettent Je faire plusieiu?s expériences curieuses, par exemple de produire une ehame magnétique, eu disposant, au-dessous des pôles, un amas de substances magnétiques, de la limaille de fer, des clous, etc. Aussitôt que le courant passe, les petits corps sont attirés par les pùles, s'aimantent par influence et s'enchevêtrent comme le montre la

Fi g. 429* ^ chaîne magnétitiue.

figure 429. Dès que le circuit est ouvert, la chaîne se rompt, el fous les fragments tombent à la fois.

La promptitude avec laquelle, sous riniluence de Télectricité, le fer doux s'aimante, puis p*'rd son aimantation dès que le courant cesse, a suscité de nombreuses et importantes appli* cations de Télectro- aimant. Nous verrons ailleurs quon a utilisé cette propriété pour construire des machines motrices, peu puissantes il est vai, mais précieuses pour les travaux qui exigent précision et régularité. Mais ccst surtout dans la

télégraphie électrique que rélectro-aimantjoue un rôle capital, bien propre à montrer combien les spéculations de la tli(?orie la plus élevée touchent de près aux applications pratiques de la plus haute utilité sociale. Plus tard nous rendrons justice aux inventeurs des systèmes qui ont réalisé ce mode de communication, pour ainsi dire instantané, de la pensée; maintenant ce sont les noms de Volta, d'Ampère, d'Arago qu'il faut signaler à la reconnaissance du monde civilisé, car c'est à ces hommes illustres qu'on doit la découverte des principes qui ont rendu possible cette invention merveilleuse.

S V. PHÉNOMÈNES d'iNDUCTION.

Faraday, l'un des plus grands physiciens de notre siècle, découvrit dans le courant de novembre 1831 ce fait remarquable : au moment où l'on introduit dans un fil métallique un courant électrique , il naît dans un fil voisin , parallèle au premier et séparé de lui par un corps isolant, un courant qui est de sens contraire au premier courant. L'existence du courant 6iinsi développé par influence ou induction peut être mise en évidence par la déviation spontanée que subit l'aiguille d'un galvanomètre avec lequel communique le fil. Il cesse d'ailleurs aussitôt, bien que le premier courant continue à circuler dans le fil principal ; mais si l'on rompt celui-ci , un autre courant instantané se produit en sens inverse dans le fil parallèle et cesse encore immédiatement. On donne au courant primitif le nom de courant inducteur; au courant produit quand ce dernier commence, le nom de courant induit inverse, et enfin au courant qui se développe, quand on rompt le courant inducteur, le nom de courant induit direct.

Les aimants font naître des courants d'induction , tout comme les courants voltaïqu es ; il en est de même, ainsi que l'a prouvé M. Masson en 1834, des décharges d'électricité statique. Nous allons rapidement passer en revue les princi-

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