‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 211 sur 249 · MACHINE DE RUHMKORFF · texte numérisé non relu

MACHINE DE RUHMKORFF

arrivant à une petite distance du faisceau de Gis Je fer de la bobine iodiictrice. Quand la pointe touche la surface du mercure, la masse de fer de rautre branche n'est plus en contact avec le faisceau; et réciproqueuient si ce dernier contact a lieu, la pointe ne touche plus le mercure. Parlons de la première hypothèse j et voyons ce qui se passe dans TappareiL Le courant de la pile passe alors dans la colonne qui porte le verre plein de mercure, suit le liquide, la pointe en contact avec lui, la branche L du levier, descend le long de la colonne qui le porte, et par un ruban mèhdli*ioe va rejoindre le fiiy* de la bobine inductrice. Le courant passe donc dans T hélice inductrice, revient par /et retourne à Tautre réophore de la pile. Ainsi le contact de la pointe avec le mercure laisse passer le courant inducteur. Mais, au moment ou ce courant commence, le faisceau de fer doux s'aimante, attire la petite masse du levier, d'où résulte le soulèvement de la branche portant la pointe : celle-ci quitte la surface du mercure et le courant est rompu. Alors l'aimantation du faisceau cesse, le contact de la masse de fer doux n'existe plus; de nouveau la pointe plonge dans le mercure. Les mêmes phénomènes vont donc se produire delà même manière, tant que riiélice inductrice se trouvera en communication avec la pile. Linterrupteiir à mercure que nous venons de décrire a été imaginé par M. Léon Foucault

Vous n*avons rien dit ilu commutateur c. On nomme ainsi un appareil qui a pour objet, soit de changer le sens du courant inducteur, soit de Tinterrompre. Le commutateur de M. Ruhmkorfî' (tig. 136) remplit ces deux fonctions a volonté : il est à la fois rhéofomc (internqvteur du courant) et rlu'otrope (intervertisseur du courant). Cest un cylindre de buis ou de verre, dont la surface convexe est recouverte en partie de deux lames de cuivre CC, épaisses au milieu et amincies sur les bords. Ces jdaques laissent entre elles à découvert deux parties de la surface du cylindre isolant. De chaijue coté, deux ressorts/,/' s'api»uient latéralement contre k cylindre, quand

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il est tourné de manière à présenter aux ressorts l'épaisseur des lames de cuivre. Si^ à l'aide d'un bouton dont son axe est nuuii, on fonrne le cylindre de 90 degrés, les lames des

ressorts se trouvent ce face du verre, qu'elles ne touchent pas d'ailleurs.

Dans la première position, le couraut passe; dans le second cas, il est inteiTompu. En effet, le courant ar- '^- rive de la pile à la poupée A; de là, par le ressort /, il passe à la lame de cuivre C. Cette dernière communia ()ue par une vis s; à l'un des tou- I liions du cylindre, puis au bouton l>, et parcourt le circuit dont une (les-,exlrémités se trouve fixée en ce dernier point* 11 revient par Tautre extrémité au bouton D', au second tonrillon du cylindre, et par la vis

Fig. m^comnmia.eurdeiaMa. S ^^ '^ plaquc C et cnBu , par le Chine cîeRuhmk.nr pi.n euiéTa- ressort/*', à la poupée A\ d'où il retourne à la pile. Que les ressorts fj^ ne touchent plus les plaques CC, et le courant ne peut phîs passer. L'appareil est donc bien interrupteur ou rhéotwpe.

Mais quand le courant passe comme nous venons de le dire, il suffit de tourner le bouton île 180", pour en changer le sens. Car alors, c'est la [daque C qui tonche le ressort /i et le courant ira de tV eu 0, au lieu d'aller de D en D\ Ainsi le petit appareil de Ruhmkortr est aussi à volonté cimimutaietii\ c'est-àdire intervcrtissenr du épurant ou rhéotrope. 11 fait partie de la bfdiine d'induction; mais il est clair quou peut remployer toutes les fois qu'un aura besoin de faire, dans un courant. Tune des deux manœuvres pour lesquelles il est construit.

Quand la bobine de Ruhmkortr fonctionne, si Ton rapproche

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suffisamment les deux extrémités du fil de l'hélice induite, on voit se succéder ime série d'étincelles, avec une rapidité telle que le jet de lumière semble contiuu. Il est remarquable que, des deux courants induits de sens opposé qui naissent des interruptions successives du courant inducteur, le courant direct produise seul des étincelles : la tension du courant inverse n'est pas assez forte pour qu'il traverse l'air.

Avec les premières bobines, la longueur des étincelles atteignait au maximum 8 millimètres. Peu a p(»u des perfectionnements parmi lesquels il faut signaler celui de M. Fizeau, qui consiste à interposer un condensateur, une bouteille de Leyde par exemple dans le circuit, ont permis d'obtenir des étincelles beaucoup plus longues, de iÔ, 20 et 30 centimètres. En donnant à l'hélice induite une longueur de fil de 100000 mètres, M. Ruhmkorff a pu tirer des étincelles de 50 centimètres de longueur : des blocs de verre de \ décimètre d'épaisseur ont été percés d'outre en outre par la décharge. Les eflets physiques qu'on obtient avec cette puissante machine sont extrêmement remarquables : ou l'utilise pour charger des bouteilles de Leyde, des batteries électriques. C'est ainsi que M. Jamîu, ayant chargé une batterie de 120 bouteilles de Leyde avec quatre bobines accouplées, servies chacune par deux éléments de Bunsen, a pu fondre et volatiliser des fils métalliques de fer, d'argent et de cuivre, de plus d'un mètre de longueur.

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