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LA LUMIÈRE ELECTRIQUE

Arec les machines électriques ordinaires de grandes dimensions, on peut prodiûre des effets de lumière remarquables. Pour cela, on se sert d'un plateau métallique, qu on tient à la main par un manche isolant, et qu'on réunit par une chaîne métallique aux coussins frotteurs.

En approchant le bord du plateau du conducleur de la machine, à des distances diverses^ on voit jaillir d'abord Fétincelle sous la forme d'un trait de feu reetiligne d'une blancheur et d'un éclat éblouissants. Si on alinienle la tension du conducteur, en tournant la manivelle sans interruption, les étincelles

Fif. 43* , '- Étiocellcs ohlenues par une décharge d'éltclricilé étatique.

se succèdent avec tant de rafiidité, que le tniit de feu paraît continu. Les étincclb*s s'amincissent par leur milieu, à mesure que la distance des deux corps condacteurs augmente^ et la rapidité de leur succession diminue. Alors leur forme rectilijne fait place à des traits plus ou moins contournés en zigzags, ou en forme de serpentins, comme si, dans le trajet, la résistance que le flux d'électricité éprouve dans son passage était inégalement distribuée.

Outre le principal trait de lumière, on aperçoit, quand la distance devient plus grande encore, des ramilîcations lumineuses qui partent de tous les côtés, et donnent à rétincelle les formes représentées dans les dessins de la figure 438, Ces [longues étincelles ramifiées sont évidement la forme de

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transition entre rétinc;ello rectilignc et l'aigrette lumineuse. I^uur obtenir eette dernière forme de la lumière électrique, émanée des conducteni^s des machines ordinaires, il faut présenter le plateau métallique à une distance plus grande que celle où ont lieu les explosions que nous venons de décrire.

On voit alors s'échapper du conducteur une espèce d'arbre lumineux qui tient à la machine par son tronc, et dont les branches en nombre infini divergent vers le plateau. La figure VM) reproduit une aigrette lumineuse, telle qu'elle a été obtenue par Van Marum. Entre le plateau et l'aigrette, tantôt il existe un espace obscur; tantôt une masse de lumière beaucoup plus resserrée, et ayant sa base sur le bord du plateau, va rejoindre le sommet de l'aigrette. Nous supposons ici que le conducteur est chargé d'électricité positive, et alors le plateau électrisé par influence est chargé lui-même d'électricité négative. Si l'inverse avait lieu, l'aigrette à larges ramifications i>'échapperait du plateau, et l'aigrette étroite, du conducteur. Faraday, qui a étudié les formes des aigrettes positives et négatives, a montré que cette différence tient à l'inégale tension des deux électricités, quand a lieu la décharge. L'électricité négative exige, pour sa décharge, une tension beaucoup moins grande que Télectricité positive.

La lumière électrique peut se produire dans différents milieux, dans l'air et les autres gaz, et même dans les liquides mauvais conducteurs : son apparence, c est-à-dire sa forme et sa couleur changent, suivant ces milieux, et quand la décharge a lieu dans un gaz, elles varient avec la pression ou le degré de raréfaction de ce dernier.

Dans l'air à la pression ordinaire, nous avons vu que l'étincelle est d'un blanc éclatant. D'après Van Marum qui a fidt sur ce sujet de nombreuses expériences, sa couleur est bleuâtre, teintée de pourpre, dans Tazote; très-blanche dans l'oxygène; rouge-violacée dans l'hydrogène; verdàtre dans l'acide carbonique; ; vert-rougeàtre dans le gaz hydrogène carboné, et blanche dans l'acide chlorhydrique.

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Fig* 4A0. — Aigrettes positive et négative.

tique; dans roxyde de carbone, l'acidp carbonit|uo, elle est courte, vcrdalre daii?^ le premier gaz, et légèrement pourpre dans le second. Dans le vide baroaiélrique, il u y a [>lus d é-

tincelle, ou plutôt, rêliiicclle jaillit entre le condiiclenr et le Gl métallique «pii plonge dans le mercuvr : à ce moment, le vide baroniélri(|uc est illuminé d'une lueur verdalx'e, coiiiniele montre la figure 441.

Pour étudier les effets lumineux que produit la décharge électrique dons les uiilieux gazeux rarétiés, on se sert de 1 appareil représenté dans la* ligure 1 12, qu'on nomme Vœufé/ectrûjue, Deux liges

métalliques terminées chacune par une boule et communîquaiil avec les garnitures égalemcDt conductrices de rajïpareilj peuvent être approchées ou éloignées à volonté. L'œuf peut se détacher de son jtied et se visser sur la machine pneumatique, do sorte qu'on y peut raréGerTair a volonté, faire le vide, introduire un gaz à une pression quelcon- <[ue.

Dans Tair à la pression ordinaire, Té tin cet le part entre les deux houles, toute semblable à celle qm^ nous avons décrite eu commençant. Mais a mesure qu'on raréGe l'air, la liiuiière change dapparence : elle s'échappe en gerbe ramiliée de la boule positive; à la pression de 60'"" elle offre i aspect de la figure 4i3. On voit qu'alors

l?ip. V*!. — Lueur dait^ le vide barométrique.

loppée d'ooe épaîî^se couche de liiiiiièro violacée. Quand la pression est réduite à quelques millimèlres, les bandes se réunissent en une gerbe lumineuse, en forme de fuseau.

■ Tous les phénomènes lumineux que nous venons de décrire

sont ceux que produisent les décharges d'électricile statiqxie.

Entre les deux bouts, rapprochés à une eertaitie distance ^ des

JH réophores d'une pile d'un assez grand nombre d'éléments, on

" obtient aussi des étincelles ti^ès-brillantes qui se succèdent avec

rapidité. Nous avons dit que le phénomène est beaucoup plus beau, la lumière beaucoup plus intense, quand on la fait jaillir entre les deux pointes de deux cônes de charbon dont les extrémités des réophores sont munies. On obtient alors ce qu*on nomme Varc voltaïque. En employant les courants d'induction, on peut produire des effets lumineux extrêmement remarquables, sans avoir besoin d'une pile d'un grand nombre d'éléments. Entrons dans quelques détails sur l'arc voltaïque.

Nous avons déjà dit qu'il faut, pour que l'arc lumineux se produise, placer les pointes de charbon- très-rapprochées Tune de l'autre ; mais , une fois que le courant a vaincu la résistance de l'air interposé et produit la lumière, on peut écarter les cônes; Davy, en opérant dans l'air raréfié, a obtenu , avec sa puissante pile de 2000 couples, un jet de lumière de dix-huit centimètres de longueur. L'intensité lumineuse de l'arc voltaïque est si considérable, que l'œil en peut à peine supporter l'éclat. D'après des expériences comparatives dues à MM. Fizeau et Foucault, cette intensité est près de cinquante fois celle de la lumière Drummond, c'est-à-dire de la lumière déjà si vive, qu'on obtient en dirigeant sur un fragment de chaux un jet enflammé de gaz oxy-hydrogène ; la lumière solaire n'a guère qu'une intensité triple de celle de Tare voltaïque. Ces deux savants opéraient avec une pile de Bunsen de 92 couples, disposées en deux séries.

En étudiant le phénomène si intéressant de l'arc voltaïque, on a reconnu que le courant d'électricité qui passe d'une manière continue entre les deux cônes, entraîne de l'un à l'autre des particules de charbon très-ténues : ce transport de matière se fait avec plus d'abondance du pôle positif au pôle négatif, de sorte que les charbons s'usent inégalement : le charbon négatif grossit donc aux dépens de l'autre. La figure 444 montre l'apparence des deux cônes vus par projection et agrandis. Laissons décrire le phénomène par le savant physicien à qui nous devons la communication de ce dessin. Voici comment s'exprime M. Le Roux, dans une

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