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IL MÉTÉORES AQUEUX. — HYGROMETRIE

Les météores aqueux sont ceux qui ont pour cause les transformations que subit la vapeur d'eau contenue dans l'air sous l'influence des variations de température. Les nuages, les brouillards, la pluie, la neige, la rosée, la gelée blanche, le givre, sont les diverses formes sous lesquelles se présente l'eau atmosphérique, qui prend ainsi ces trois états : l'état gazeux, quand elle est à l'état de vapeur invisible ; l'état liquide, si un abaissement de température la condense en gouttelettes plus ou moins fines; l'état solide enfin, si un refroidissement plus grand encore congèle ces gouttelettes, qui tombent alors sous la forme de flocons blanchâtres, ou se déposent en cristaux ténus à la surface du sol. La description complète et l'explication détaillée de ces divers phénomènes nous entraîneraient en dehors de notre cadre. Nous allons nous borner à indiquer à quelles lois physiques se rapporte leur production.

L'analyse prouve que l'air est un mélange de deux gaz permanents, l'oxygène et l'azote, auxquels se joignent des quantités variables de vapeur d'eau et d'acide carbonique.

METEORES AQUEUX.

la proportion de Toxygèue

d'eau varie

et de Tazote

Mais tandis que la pro

peste constante, celle de la vapeur d'eau varie à chaque instant et dépend de plusieurs conditions atmosphériques, de la température, de la direction et de la force des vents, etc. Il est très-important pour la météorologie de savoir détermi-

H ner quelle est, à un instant donné, ce qu'on nomme Vétat hygrométrique de l'air. On entend par là le rapport existant entre Ila tension de la vapeur iïean qui s'y trouve actuellement contenue, avec la tension maximum qu'aurait cette même vapeur si, à la température observée, lair en était saturé. Ce rapport se déduit des indications d'instruments appelés hygromètres j construits d'après différents principes, et parmi lesquels nous décrirons seulement Vhfgromltre à chei^en^ qui

f porte le nom de Saussure, son inventeur,

B II est fondé sur la propriété qu'ont les cheveux, comme plu-

H sieurs autres substances animales, d'être trèssensibles aux variations de rhumidité alrao-

H sphérique. Un cheveu, préalablement soumis à une lessive dans rélher sulfurique, qui le débarrasse de la matière grasse qui l entoure, s'allonge en absorbant la vapeur d'eau contenue dans Tair, et se raccourcit quand il perd l'humidité absorbée. Voici comment on rend appréciables ces changements de dimension.

H Le cheveu est flxé à une pince par son extrémité supérieure, et vient s'enrouler à une poulie dont le centre porle une aiguille mobile sur un arc de cercle divisé. Un petit poids

^ sert à le tenir toujours tendu sur la poulie, et

comme celle-ci lornie avec Taignille lui sys-

Fig. 462. — Bygromc- Ire à cheveu de Saussure.

tènie dont Féquilibrc est indifférent, la moindre variation dans la longueur du cheveu fait tourner la poulie, et^ par suite, raiguille, dans un sens ou dans l'autre.

On gradue l'hygromètre en prenant pour points fixes la sécheresse extrêmeou Thuniidilé extrénje de lair. Voici comment

on procède : on place l'instrument sous une cloche dont Tair est desséché par du chlorure de calcium, et quand Taiguille s'est arrêtée à une position fixe, on y marque 0\ Cela fait, on porte l'appareil sous une autre cloche, dont les parois intérieures sont mouillées avec de l'eau pure : l'air contenu dans cette cloche est ainsi saturé de vapeur. L'aiguille marche dans le sens contraire, et finit par s'arrêter en un point qui correspond à l'état de l'air saturé de vapeur d'eau. On marque 100^ en ce point, et l'on partage en \ 00 parties égales ou degrés l'intervalle compris entre les deux points fixes.

L'hygromèlre ainsi construit et gradué marque bien si Tair est plus ou moins humide; mais, pour conclure d'un degré hygrométrique marqué, la tension de la vapeur d'eau de l'air rapportée à la tension de l'air saturé à la même température, on a dû construire et calculer empiriquement des tables qui donnent ce rapport. On joint ordinairement à l'hygromètre à cheveu un thermomètre, dont l'utilité se comprendra d'après ce que nous venons de dire. Les hygromètres à cheveu offrent un inconvénient, c'est que leurs indications ne sont pas rigoureusement comparables, les cheveux provenant de divers individus n'ayant pas tous au même degré la propriété d'absorber l'humidité.

L'état hygrométrique de l'air peut aussi se déduire de la température à laquelle il faut l'abaisser, pour que la vapeur qu'il renferme suffise à le saturer. Les instruments qui servent à déterminer cette température sont les hygromètres à conr- (letisationy ainsi nommés parce que c'est la vapeur, condensée à la surface d'un métal poli, qui indique la saturation de Tair produite par un abaissement artiGciel de température : ce sont les instruments que les météorologistes préfèrent, à cause de leur précision.

En général, la quantité de vapeur de l'atmosphère augmente avec la température ; elle est plus grande eu mer et sui* les côtes que dans l'intérieur des continents. Elle varie suivant les heures du jour, allant en croissant à mesure que s'é—

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