VARIATIONS BAROMÉTRIQUES
si la température s'élève. L'instrument retiré, ou le plonge dans un bain qu'on re&oidit, jusqu'à ce que le mercure de l'index affleure de nouveau à l'extrémité de la pointe.
On a vu, dans le chapitre vi du livre P% comment les baromètres accusent, par les variations de niveau du mercure, les variations correspondantes de la pression de Tatmosphère, Ces oscillations de la colonne barométrique ont des causes accidentelles très-complexes. Si la colonne atmosphérique qui surmonte un point du sol était toujours en repos, la pression ne dépendrait que du poids de Tair dont cette colonne se compose, à laquelle il faudrait joindre la pression résultant de l'élasticité de la vapeur d'eau qui s'y trouve mélangée. Or cet état d'équilibre n'existe jamais, pour ainsi dire, en aucun lieu du globe. Les raisons en sont faciles à concevoir, et toutes, d'ailleurs, se ramènent plus ou moins directement à la même cause, qui est l'action de la chaleur solaire.
Le soleil échauffe très-inégalement le sol d'un lieu et les couches d'air superposées, suivant l'heure du jour et suivant l'époque de l'année. Plus cette action calorifique est considérable, plus les couches d'air sont dilatées, plus elles s'élèvent par leur diminution de densité. Mais comme, au même instant, des régions plus ou moins éloignées de la première se trouvent dans des circonstances différentes, l'équilibre se trouvera rompu : il y aura par en haut écoulement des couches d'air les plus élevées, de la région la plus chaude versj les plus froides ; et y par en bas, mouvement en sens contraire, c'est-à-dire écoulement des couches d'air plus denses et plus froides vers la région chaude. Ce transport des masses d'air d'un lieu dans un autre est la cause des vents. Or, il est aisé de comprendre qu'au début de ce mouvement, il se produira une diminution dans la pression barométrique, là où l'air s'est dilaté par l'élévation de température; il y aura au contraire augmentation, là où la température est plus faible, le poids de l'air s'y trouvant augmenté de tout le poids des couches
qui se sont épanchées à la surface supérieure de l'atmosphère. Mais il ne faut pas oublier que Taction calorifique du soleil produit en même temps un effet opposé. La vapeur d'eau contenue dans l'air augmente d'élasticité quand la température s'élève, de sorte que si la colonne barométrique s'abaisse quand la densité de l'air diminue, en même temps, elle monte sous l'influence de l'accroissement de tension de la vapeur d'eau : c'est de la diflTérence de ces deux mouvements contraires que résulte la variation barométrique.
Enfin, il est probable que les courants atmosphériques agissent d'une autre manière sur le baromètre. Par exemple, si un courant aérien vient à se propager de haut en bas, son influence ne dépendra pas seulement de son poids, mais encore de la vitesse avec laquelle la masse gazeuse se trouvera transportée, de sorte que, comme le dit très-bien M. Marié-Davy, si les vents ont pour cause originaire une différence de pression occasionnée par des inégalités de température, ils réagissent eux-mêmes en produisant des variations de pression.
On a reconnu qu'en un même lieu, la hauteur barométrique éprouve des oscillations diurnes et des variations qui suivent les saisons de Tannée : les unes et les autres sont soumises à une périodicité qui s'accorde avec les explications précédentes. Mais cette même hauteur est soumise à des variations irrégulières dont les causes sont extrêmejnent complexes. Ainsi, le baromètre hausse ou baisse selon la direction du vent régnant. A Paris et dans une grande partie de l'Europe, la pression barométrique est généralement plus élevée par les vents du nord, du nord-est et de l'est, que par les vents du sud, du sud-est et du sud-ouest. Dans l'hémisphère austral, le contraire a lieu.
S m. MÉTÉORES ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES. — LES AURORES