‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 6 sur 249 · VI » INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VI » INTRODUCTION

chaque être, chaque corps animé ou inanimé ne cesse de subir les lois. Quelques exemples suffiront pour mettre cette yérité dans tout son jour.

Voici une cloche de verre. Que je la prenne à la main, et aussitôt j'éprouve, en la soulevant, une certaine difficulté qui se traduit en moi par le sentiment de Tefiort que font, pour la soutenir, les muscles de ma main et de mon bras. Je sais que, si elle vient à m'échapper, elle tombera à terre. Tout autre corps, solide ou liquide, me fera éprouver la même sensation, et, dans les mêmes circonst€mces, produira les mêmes effets ou du moins des efifets analogues ; et il en est encore ainsi de mon corps, âans ses membres isolés, comme dans son ensemble : tout habitué que je suis à faire eflFort pour le maintenir en équilibre , je n'en ai pas moins la conscience de cet effort comme pour les corps étrangers. On a, de tout temps, exprimé cette propriété des corps en disant qu'ils sont pesants ; mais à la vérité, ce n'est guère que depuis deux siècles que la science a reconnu la généralité absolue de la pesanteur, c'est-à-dire a fait voir que les corps gazeux, tels que l'air, les vapeurs, sont pesants tout comme les liquides et les solides, et que les astres, soleil, lune, étoiles n'échappent pas à la commune loi. On a été plus loin : en étudiant les conditions de l'équilibre ou de la chute des corps pesants à la surface de la terre, on a fait voir qu'elles sont précisément les mêmes qui président aux mouvements .et à la pondération réciproque des corps célestes. La pesanteur est une force universelle.

Maintenant qu'est-ce que cette force? Est-ce une propriété

INTRODUCTION. ^^ vu

inhérente à la matière tangible? N'est-ce que la réaction de mouvements qui se produisent dans une matière intangible, partout universellement répandue, et qu'on nomme éther? On ne sait encore, bien que les savants penchent aujourd'hui vers la seconde solution. Quoi qu'il en soit, c'est là l'une des propriétés générales des corps qu'on étudie en physique. Les effets, très-variés, qui résultent de cette propriété constituent, sous le nom de phénomènes de la pesanteur^ l'un des objets de la physique : l'étude des lois qui les régissent forme la première branche de cette science générale.

Je reprends maintenant ma cloche de verre, et frappant légèrement ses parois à Taide d'un corps solide, d'un marteau de bois, je suppose, j'entends aussitôt un son plus ou moins prolongé, plus ou moins grave, qui, après s'être graduellement affaibli, finit par s'éteindre. Qu'est-ce que ce son, comment de la cloche parvient-il à notre oreille? Beaucoup d'entre nous l'ignorent; nous savons seulement que celte propriété de rendre des sons, de produire du bruit quand on les frappe^ qu'on les ébranle de diverses manières, appartient à tous les corps, qu'ils affectent l'état solide ou liquide, ou l'état gazeux. Jadis, quand, par le fait de l'ignorance à peu près absolue où l'on était des modes d'action de la nature, on avait une tendance instinctive à tout expliquer par l'intervention de causes occultes, on voyait dans le son un être particulier, un agent immatériel qui, émané des corps sonores sous l'influence de la percussion ou ^u frottement, pénétrait dans notre

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