VIII INTRODUCTION
organisme et y produisait cette sensation particulière. Mais les expériences des physiciens n'ont pas tardé à faire justice de cette chimère, et ont démontré que le son, considéré en lui-môme, c'est-à-dire dans les corps qui lui donnent naissance, est tout simplement un mode de mouvement des molécules qui exécutent des oscillations, comme tous les corps élastiques qu'on a dérangés de leur position d'équilibre. Ces vibrations se communiquent de proche en proche au milieu où est plongé le corps sonore, et, dans certaines limites de rapidité, ébranlent T organe de l'ouïe, de manière à donner à l'homme et aux animaux cette sensation particulière du bruit ou du son.
U acoustique étudie cette propriété nouvelle des corps dans toutes les circonstances où elle se manifeste et forme une seconde branche de la physique. Ce n'est, d'ailleurs, d'après ce que nous venons de dire, qu'une partie de la science plus générale qu'on nomme V élasticité.
Revenons à notre cloche de verre. Si je la touche avec la main, j'éprouve, outre le frémissement qui accuse l'existence de ses vibrations à supposer qu'elle résonne encore, une sensation d'une tout autre nature, qui naît très-rapidement au simple contact, et me fait d'u^e qu'elle est froide, par exemple. Si avant cette nouvelle expérience, j'avais eu soin de présenter la cloche au feu, ou de l'exposer aux rayons du soleil; il en serait résulté pour moi une sensation, en apparence opposée à la première : la cloche m'eûl paru chaude.
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Mais l'expétience apprend à tout le monde que le chaud et le froid sont des degrés différents d'une seule et même manière d'être des corps, d'une nouvelle propriété que nous connaissons tous, au moins dans ses effets sensibles, sous la dénomination générique de chaleur. De là, toute une classe de phénomènes physiques, aussi intéressants par leurs applications pratiques que par les lois qui en constituent la théorie : les variations de volume, les changements d'état des solides, des liquides et des gaz, les échanges de chaleur par voie de contact, de rayonnement, de réflexion. De là, une troisième branche de la physique, la Chaleur.
Maintenant, la même question s'est posée pour la chaleur que pour la pesanteur et pour le son : Qu'est-ce que c'est que la chaleur? Longtemps, pour expliquer les phénomènes, on s'est cru dans la nécessité d'imaginer un agent spécial, une entité particulière, le calorique qui, existant en proportions différentes dans les corps de nature ou d'état divers et s'échangeant de l'un à l'autre, comme un fluide invisible et insaisissable , était destiné à rendre compte de tous les effets observés.
Ce sera sans doute l'un des plus beaux titres scientifiques de notre siècle que d'avoir fait évanouir, sous le flambeau de l'expérience et du calcul, tous ces agents occultes, mystérieux qui, n'ajoutant rien aux faits, n'avaient pour moindre inconvénient que d'en masquer la véritable nature. Qu'est-ce -donc que la chaleur dans la physique nouvelle? Rien autre chose qu'un mode particulier de mouvement, le même à l'origine qui produit la lumière et probablement l'électricité et la pesanteur. C'est, d'abord, un état vibratoire des sources proprement dites, c'est-à-dire des corps à l'état d'incandescence ; le mouvement d*oscillation de leurs molécules se communique à Téther sous forme d'ondes qui se propagent avec l'énorme