‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 8 sur 249 · X INTRODUCTION · texte numérisé non relu

X INTRODUCTION

vitesse de 75000 lieues par secoude, et de là, dans tous les milieux solides, liquides, gazeux, dont les molécules, à eur tour, se trouvent ébranlées, et qui jouent alors le rôle de sources secondaires de chaleur.

Le fait capital qui légitime ces conclusions hardies est celui-ci : Une quantité donnée de chaleur est susceptible de se transformer en une quantité de mouvement toujours la même^ c'est-à-dire de produire un travail mécanique déterminé; et réciproquement, cette même quantité de travail, à l'état de mouvement sensible, produit la quantité de chaleur primitive. C'est dire que les phénomènes de chaleur et les phénomènes de mouvement se transforment les uns dans les autres, se manifestant par l'intermédiaire des corps ou de la matière sous des formes variées, mais au fond toujours égaux en intensité. C'est dire que, de la même façon que la chimie prouve l'indestructibilité de la matière, la physique démontre l'indestructibilité du mouvement : en un mot, la même quantité de mouvement existe perpétuellement dans l'univers, quels que soient les modes d'activité de la matière.

Car, si la démonstration dont nous parlons ici n'est qu'ébauchée, si l'identité des causes n'est conçue clairement encore que pour la chaleur et la lumière, ou mieux, pour les radiations calorifiques, lumineuses et chimiques, il est évident pour tous les esprits philosophiques, que les anciens fluides ont fait leur temps, et que c'est seulement pour la commodité du langage que les physiciens parlent encore des fluides électriques et magnétiques, aujourd'hui d'ailleurs réduits à un seul. Quelle perspective magnifique ouverte à l'horizon de la science !

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Eo même lemps qae les phénomènes de la physique, pesanleur, son. lumière, chaleur, mourement mécanique^ électricité, tendent à ne plus former qu'une même série dont les termes sont réductibles les uns dans les autres, à mesure que les direrses branches de la physique peu à peu se réduisent à Tunilé. de manière à ne former que des corollaires de la mécanique rationnelle. Tétude expérimentale de ces rariétés du mourement universel enrichit la science de laits nouT^^aux, jusqu'alors inconnus. Nombre de ces faits ont sursî de lobscorite où llsnoraince les avait reléeués jusiju'alors : ils étaient là. près de n»>u5. aussi fré-pients. aussi nombreux que les laits plus apparents que nos sens nous rérélaient sans étude, ne demandant p>ur apperaitre à b>us les yeux, que les recherches perséTérantes des c^tnenraleurs et cette sazacité vive et profonde à la fois qu'on nomme le sénie.

Far exemple, dans cette branche de la physitpie quL par sa nature même, semble accesistble à tous, ayant pour t^jet l'étude des (•bénomènes de la lumière, quelle richesse de faite accumulés de^mts deux siècles! La double réfraction dans certains cristaux. les phénomènes de diSraction et d'interfémKe. et n-i-tammeot cette n>c*lifi<ati«>n particulière des Fay<»ks lur[k:&e^ix qa'on uo^zue pisart^^tion: puis. Tana- Ivse mês^ d-^ sources îunine^tses. ou la séparation des raTOfts en diverses c»u2rtz7s. se cisiinsuaut en même temj4 par leur xnîeissîi^ mQi&îiffeuse. par kias pr-jf^iéSés c*krs&jues et chimî-|n<Sw par fextz&c&on des c*&àes en cerUims pouls:

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d'où la création de cette méthode délicate d'analyse qui décèle Fexistence de métaux jusqu'alors inconnus, et a rendu possible l'étude de la constitution chimique des astres les plus éloignés de nous, du soleil, des étoiles, des nébuleuses.

Les phénomènes sur lesquels nous venons de jeter un rapide coup d'œil étaient, au moins dans leur généralité, connus depuis des siècles dans leurs manifestations ordinaires, et cela est tout simple, puisque la plupart se voient, se touchent, affectent nos sens à tout instant : tous, nous savons sommairement ce qu'est la pesanteur, le son, la chaleur et la lumière. Le triomphe de la science moderne, c'est-à-dire de la physique expérimentale, est de les avoir mesurés, décrits, calculés, d'en avoir découvert les lois, d'avoir montré comment ils se produisent, se développent, se lient et s'enchaînent.

Mais en dehors de ces quatre séries de faits, il en est d'autres qui, il y a deux siècles, étaient pour ainsi dire inconnus des ignorants, comme des savants. Depuis deux mille ans, on connaissait la faculté que possède l'ambre frotté d'attirer les corps légers, celle qui appartient à une pierre nommée aimant d'attirer le fer : les Chinois, il est vrai, avaient inventé la boussole ; mais c'est tout ce qu'on savait du magnétisme. En vain, dans les orages, une puissance mystérieuse nous éblouissait des feux de l'éclair et nous épouvantait des roulements de la foudre : nous ne savions rien de l'électricité. Aujourd'hui, quelle richesse, quelle magnificence dans cette branche nouvelle des phénomènes de la physique; quels étonnants résultats dans leurs applications scientifiques, artistiques et industrielles! (iCtte même force, que les anciens mettaient entre les mains de Jupiter tonnant, dont les superstitions du moyen âge et des temps modernes faisaient un moyen de terreur reli-

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gieusc, rhomme la conduit à sa guise, s'en sert pour transmettre au loin sa pensée, avec la vitesse de la foudre, en fait l'ouvrier le plus docile, le mécanicien le plus habile et le plus ingénieux. Tantôt, elle argenté, elle dore les métaux, tantôt, elle reproduit les plus fines ciselures avec la précision du mouleur, ici donne une lumière d'un éclat comparable à celui du soleil ; là, source de chaleur d'une intensité prodigieuse, elle fond, volatilise les métaux les plus durs et les plus denses .

C'est à toute cette série de faits, nouvellement produits, que le génie de la science moderne a fait pour ainsi dire jaillir du sein des corps où la nature les cachait, et qui constituent la science de l'électricité et du magnétisme, qu'on pourrait réserver le nom de phénomènes^ dans l'acception où on prenait encore ce mot il y a un siècle, il y a tout au plus un siècle. Malgré des progrès immenses, des travaux qui ont fait connaître plusieurs des lois qui les régissent, on n'a pu encore, en efiet, les analyser aussi profondément que les phénomènes de la lumière, du son, et on en est toujours réduit, pour en expliquer les causes, à des hypothèses. Mais de ce qu'il y a là un inconnu, ce n'est pas une raison pour faire intervenir aucune de ces entités chimériques, qui, dans les autres branches de la science, se sont évanouies par le fait tout simple d'une étude plus complète, plus approfondie.

Telles sont les principales propriétés des corps ou de la matière qui font l'objet de la physique, et dont cet ouvrage a pour but de passer en revue les manifestations variées. Il se-

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