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I. LA GAMME

La perception des sons a, pour l'ouïe humaine^ des limites qu'on a cherché à déterminer par l'expérience, ainsi que nous l'avons dit dans un précédent chapitre. 32 vibrations simples par seconde, voilà pour la limite des sons graves; celle des sons aigus va jusqu'à 73 000 vibrations. Entre ces limites extrêmes, l'échelle des sons est évidemment continue, de sorte qu'il y a une infinité de sons ayant une hauteur différente, appréciable à l'oreille, et passant du grave à l'aigu ou de Taigu au grave par degrés insensibles.

Tous les sons compris dans cette échelle et susceptibles, par conséquent, d'être comparés entre eux sous le rapport de la hauteur, sont ce qu'on nomme des sons musicaux ; c'est en les combinant par voie de succession ou de simultanéité, d'après des règles déterminées de temps, de hauteur, d'intensité, de timbre, que le musicien arrive à produire les effets qui constituent une œuvre musicale.

Tous les sons, tous les bruits perceptibles à l'oreille sont-ils des sons musicaux? Non, sans doute, si l'on entend par son musical celui que le compositeur ou l'artiste juge à propos d'introduire dans son œuvre pour concourir à l'effet voulu. Non-seulement ces sons doivent être liés par des rapports déterminés de hauteur; mais il faut, en outre, qu'ils réunissent certaines qualités particulières dont l'examen serait du do-

LA GAMME tC^l

maine, non de la science, mais de 1 art. La question est autrt^ si la dénomination de son mushxil s'applique oxclusivemont à ceux dont la hauteur est appn'cial»lo. que 1 oreille jHnil oon>parer à d'autres sons plus élevés ou plus graves, dout le nombre des vibrations, en un mot. suivant une loi constante et régulière, peut éli-e évalué. Dans ci* cas. les physiciens distinguent les bruits des sons proprement dits, des sons musicaux. Souvent le bruit provient dun mélange confus de sons différents que l'oreille a peine à distinguer les uns des autres, mais dont on conçoit que la séparation est possiMe. D'autres fois, le bruit n'est autre chose qu'un son dont les vibrations ne se prolongent pas assez longtemps pour que l'auditeur en apprécie la hauteur relative : le claquement d'un fouet, le choc de deux pierres, de deux moiveaux de bois l'un contre l'autre et en général de deux corps de faible sonorité, la détonation d'une arme à feu sont des bruits de ce dernier genre; tandis que le grondement sourd d'une mer agitée, le bruissement des feuilles dans une foiHL^t proviennent du mélange d'une multitude de sons ou de bruits confus.

Les tentatives qu'on a faites, pour comparer la hauteur des bruits simples aux sons musicaux, prouvent bien que la distinction dont il est question est plus apparente que réelle. Les physiciens sont parvenus en effet, en variant les dimensit>ns d une série de billes en bois, à leur faire riMuln» par h* choc les sons de la gamme musicale ; mais pour que l'oreille saisisse facilement leur rapport, il importe {\\\v les sons se suecèdiMit à de très-courts intervalles. D'autre part, on est arrivé à séparer les bruits formés de sous mélangés entn* eux i*t a tlistiiiguer quelques-uns des sons élémentaires tlout ces bruits si» composent. La sensibilité de 1 oreille, joiiiti» a la longue habitude des comparaisons de ce genre, contribue boauroup ii rendre ces distinctions possibles.

Essayons maintenant de donner une idée de la .sueression et du rapport des sons qui constituent les échelles niusienles,

connues sous le nom commun de gammes^ et qui forment la base physique de la musique moderne.

On donne le nom de gamme à une série de sept sons qui se succèdent en procédant du grave àTaigu ou de Taigu au grave, et qui sont compris entre deux sons extrêmes offrant ce caractère, que le plus aigu est produit par le double du nombre des vibrations du plus grave. Le son le plus aigu étant le huitième de la série, on dit que les deux sons extrêmes sont Voctave Tun de l'autre : l'un est l'octave grave, l'autre l'octave aigu.

Si maintenant Ton part de ce huitième son, considéré comme le point de départ d'une série semblable à la première, et si l'on a soin de composer cette nouvelle série de sons ayant entre eux les mêmes rapports de hauteur que les premiers, on remarquera que l'impression laissée dans l'oreille par leur succession offre la plus grande analogie avec celle qui provient de l'audition des sons de la première gamme. Une mélodie, formée d'une suite de sons pris dans la première série, conserve le même caractère, si on la chante ou si on la joue à l'aide des sons de même ordre pris dans la seconde série. lien serait de même, si l'on formait de la même manière une ou plusieurs gammes plus aiguës ou plus graves que celles dont nous venons de parler.

Une échelle musicale de ce genre, formée de gammes consécutives est indéfinie, ou, du moins, n'a d'autres limites que celles de la perceptibilité des sons.

Avant de donner les intervalles qui séparent les sons successifs de la gamme, ou ce qui revient au même les rapports des nombres de vibrations qui correspondent à chacun d'eux, faisons remarquer que le son d'où l'on part pour former une gamme est nécessairement arbitraire, de sorte qu'il y a un nombre infini d'échelles musicales semblables, mises par la nature à la disposition des musiciens. Mais, dans la pratique musicale, on a senti le besoin de prendre conventionnellement un point de départ fixe, ce qui a conduit à donner aux sons de la gamme des noms particuliers. S'il ne s'était agi que du

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