‹ Les phénomènes de la physiqueChapitre 86 sur 249 · LES SOURCES LUMINEUSES · texte numérisé non relu

LES SOURCES LUMINEUSES

S I. PHÉNOMÈNES CiLNÊHAlX DE LA LUMIERE.

Nous allons pénétrer dans un monde féerique, enchanté, dans un océan de merveilles, où les rubis, les saphirs, les topazes, toutes les pierres précieuses font étinceler leurs feux ; où tous les objets sont d'une splendeur, d'une beauté incomparables, dans le monde de la Lumière enfin et des couleui^s.

Ainsi va se dérouler peu à peu devant nous le cycle des phé- Domèoes de la nature. Après avoir étudié les forces physiques dans leur action plus particulièrement mécanique, action si générale et si constante qu'elle nous semble essentiellement liée à ridée de matière, nous passerons en revue toute une série de phénomènes plus variables, plus directement liés aux mouvements des êtres organisés et dont le principe est une condition de la vie : les phénomènes de la lumière et ceux de la chaleur.

Il nous est difficile, sinon impossible, de nous faire une idée

juste de ce que sont les phénomènes de lumière à la surface des différents corps célestes qui peuplent l'immensité. Mais, sur la Terre, quelle variété et quelle magnificence dans le spectacle dont nous sommes témoins pendant le jour comme pendant les nuits 1 Si Tceil de l'homme ne peut contempler en face l'astre éblouissant, quand il brille de tout son éclat dans le ciel sans nuages, si même la portion du ciel environnant le disque solaire blesse la vue, en revanche, le paysage tout entier resplendit en nous renvoyant les rayons qui l'inondent. Bien plus, grâce à ce double voyage des rayons de lumière, du Soleil aux objets terrestres et de ceux-ci vers nous, une transformation merveilleuse s'est opérée. C'était un seul ton^ une seule couleur que le foyer projetait vers notre atmosphère : c'est une multitude de nuances et de couleurs variées que lei objets nous renvoient. Cette métamorphose nous est si familière, que nous ne la soupçonnons même pas : chaque corpj nous semble posséder en lui-même cette propriété d'avoij une couleur à lui, et la présence d'une source lumineuse quelle qu'elle soit, ne paraît au premier abord' avoir d'autre influence que de la rendre sensible.

La variabilité des circonstances atmosphériques ajoute encore à la beauté du spectacle par les changements continuel: qu'elle apporte aux mille nuances de la lumière et des couleurs. Pendant la nuit, le spectacle change : c'est une lumière plus douce qui succède par degrés à l'illumination diurne mais le charme n'en est que plus sensible. La clarté de laLunt à ses diverses phases, les milliers de feux stellaires qui parsèment l'azur sombre de la voûte étoilée, le voile brumeu: dont le paysage est enveloppé, multiplient, avec les lueurs di crépuscule et de l'aurore, les décorations variées dont la mêm( scène est susceptible.

La lumière et les couleurs!... il y a là, pour l'artiste, un magie si puissante que souvent, s'éprenant de passion pou elles seules, il arrive à ne plus voir qu'elles et à les considé rer comme l'objet même de l'art- Mais il n'est pas besoin d'aile

Page 1