AUTRES RECHERCHES
sortes d'électricités très différentes Tune de l'autre : l'une, que j'appellerai électricité ^itrécy et l'autre, électricité résineuse. La première est celle du verre, du cristal de roche, des pierres précieuses, du poil des animaux, de la laine et de beaucoup d'autres corps. La seconde est celle de l'ambre, de la gomme copal, de la gomme laque, de la soie, du fil, du papier et d'un grand nombre d'autres substances. Le caractère de ces deux électricités est de se repousser elles-mêmes et de s'attirer l'une l'autre. Ainsi un corps de l'électricité vitrée repousse tous les autres corps qui possèdent l'électricité vitrée et, au contraire, il attire tous ceux qui possèdent l'électricité résineuse. Les résineux pareillement repoussent les résineux et attirent les vitrés. »
Cette théorie fut abandonnée presque aussitôt après avoir été formulée et remplacée par la théorie des électricités positive et négative du D' Franklin. Elle témoigne cependant de l'esprit d'observation de son auteur et de la méthode de ses conceptions. Elle a certainement ouvert la voie à la théorie de l'illustre savant américain.
Autres recherches, — Pendant ce temps, Grey continuait ses travaux. Ils le conduisirent à la notion si féconde des conducteurs électriques et de la transmission à distance des actions électriques à travers des tiges de métal suspendues à des cordons de soie. On entrevoit déjà le principe des lignes électriques, dont le monde sera un jour sillonné.
Un autre savant anglais, Desaguliers, descendant de protestants émigrés, établissait la différence qui existe entre les corps électrisés et les conducteurs par l'intermédiaire desquels l'électricité se transporte. Il observait, en même temps, les causes et le mode de déperdition de l'électricité et l'action de l'humidité.
VivAREZ. Phénomènes électriques. 2
A la même époque, l'Ecole allemande, fidèle au souvenir d'Otto de Guericke, portait spécialement son attention du côté de la production de l'électricité. Boze, professeur à Witlenberg, Wînckler, de l'Université de Leipzig, construisaient de nouvelles machines et en multipliaient les types en employant plus généralement le globe de soufre. Ils arrivèrent ainsi à obtenir des étincelles puissantes. Un bénédictin écossais, professeur à Erfurt, lo Père Gordon, en augmenta l'intensité à l'aide de sa
machine (fig. 4) au point qu'il put foudroyer de pclils oiseaux, donner à un homme une commotion violente et allumer de l'alcool au moyen de jets d'eaux électrisés. Ces expériences furent variées de plusieurs manières. En 1744, le professeur Ludolf, à Berlin, enflamma de l'éther avec un tube électrlsé; Winckler obtint un phénomène plus saisissant en allumant de l'éther et de Talcool avec une étincelle jaillissant de l'extrémité do son doigt.
Ainsi, au milieu du xviii" siècle, les phénomènes de