‹ Les phénomènes électriques et leurs applicationsChapitre 11 sur 209 · LÀ BOUTEILLE DE LBYDB · texte numérisé non relu

LÀ BOUTEILLE DE LBYDB

Muschenbroeck et l'expérience de Leyde. — Expériences faites en France. La chaîne électrisée. — Expériences sur la transmission de l'électricité et la vitesse de sa propagation. — Expériences faites en Angleterre par le D^ Watson. Nouvelles formes de la bouteille de Leyde. — Mémoire de Watson.

Muscbenbroeck et rexpérience de Leyde, — Au mois de janvier de Tannée 1746, M. de Réaumur, membre de TAcadémie Royale des Sciences, fit part à ses collègues d'une lettre qu'il venait de recevoir de M. Muschenbroeck, professeur de philosophie et de mathématiques à l'Université de Leyde.

Le savant allemand faisait, dans cette lettre, le récit détaillé des circonstances dans lesquelles s'était effectuée une expérience qui devint rapidement célèbre sous le nom d'expérience de Leyde et qui, répétée et complétée, finit par donner naissance à l'appareil bien connu sous le nom de bouteille de Leyde.

Le récit de Muschenbroeck eut un immense retentissement dans le monde scientifique. Il en franchit même les limites, donna lieu à des démonstrations publiques et, suivant l'expression de l'abbé Nollet, « rendit l'électricité si célèbre qu'elle se donna en spectacle au peuple ».

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Cet enthousiasme n'était pas encore amoindri , vingtcinq ans après, puisque Priestley écrivait, en 1771, dans son Histoire de l'Electricité : « L'année 1746 fut fameuse par la découverte la plus surprenante qui eût été encore faite en électricité. Elle consiste dans l'accumulation étonnante de la puissance électrique dans le verre, appelé d'abord la bouteille de Leyde parce que cette expérience fut faite la première fois par Cuneus, natif de Leyde, en en reproduisant quelques autres qu'il avait vues avec MM. Muschenbroeck et Allaman, professeurs en l'Université de cette ville ».

Cette expérience mémorable marque donc, dans l'histoire de l'électricité, une étape qui mérite de retenir quelques instants l'attention.

« M. Muschenbroeck, avec quelques-uns de ses amis, continue Priestley, observant que les corps électrisés exposés à l'air de l'atmosphère, toujours rempli de particules conductrices de diverses espèces, perdaient bientôt leur électricité et ne pouvaient en retenir qu'une petite quantité, imaginèrent que si les corps électrisés étaient terminés, de tous côtés, par des corps électriques par euxmêmes, ils pourraient être capables de recevoir une puissance plus forte et de la conserver plus longtemps. Le verre étant le corps électrique et l'eau le non électrique les plus convenables pour cet effet, ils firent d'abord ces expériences avec de l'eau dans des bouteilles de verre.

« Mais on ne fit pas de découverte bien considérable jusqu'à ce que M. Muschenbroeck ou M. Cuneus, tenant par hasard d'une main le vaisseau de verre contenant de l'eau qui avait communication avec le principal conducteur par un fil de fer et le détachant du conducteur avec l'autre (lorsqu'il crut que l'eau avait reçu autant d'électricité que la machine pouvait lui en donner), se sentit frapper sur les bras et sur la poitrine d'un coup

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