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CHAPITRE IX

LA TRANSMISSION DE l'ÉNERGIE A DISTANCE

GRANDES DISTANCES PETITS EFFORTS

Fonctionnement des télégraphes électriques. — Anciens procédés de communication à distance. — Amontons. — Chappe. — Première idée de l'emploi de l'aimant pour la télégraphie. — Nouvelles recherches.

Fonctionnement des télégraphes électriques. — l.a télégraphie électrique se rattache, par le mécanisme de son fonctionnement, au système général de la transmission de l'énergie à distance par l'intermédiaire de Télectricité. Mais il s'agit ici de conditions bien différentes de celles que nous avons examinées dans les précédents chapitres.

Dans le cas présent, les distances sont incomparablement supérieures à celles dont nous avons déjà parlé. La télégraphie terrestre, et surtout la télégraphie sousmarine, ne connaissent, pour ainsi dire, pas de limites de transmission.

Par contre, Teffort développé par le récepteur est extrêmement faible, puisqu'il se résume au mouvement d'un petit style ou d'une roue contre une bande de papier qui se déroule devant eux.

La manipulation au poste de départ ne met en jeu,

elle aussi, que des efforts peu considérables, se résumant à des interruptions rythmées du passage du courant.

Aussi n*a-t-on pas besoin de générateurs électriques puissants, les piles suffisent.

Anciens procédés de communication à distance. — Avant d'aborder l'examen des procédés modernes de la télégraphie, il est intéressant de passer en revue les phases qu'elle a traversées depuis que le besoin de communiquer à distance, hors de la portée de la voix, aussi vieux que l'usage de la parole elle-même, s'est imposé aux hommes.

Dès la plus haute antiquité, on se servait, en Asie, de feux allumés sur les hauteurs comme de signaux conventionnels.

Hérodote raconte que, pendant les guerres de Grèce, les Perses avaient établi des lignes de sentinelles qui transmettaient les nouvelles de proche en proche, d'Athènes à Suse, en quarante-huit heures.

Les Grecs héritèrent de ce mode de communications rapides (1).

(1) D'après Eschyle [Agamemnon], un feu allume au sommet du mont Ida et répété sur différentes montagnes, devait avertir Clytemnestre de la prise de Troie.

La sentinelle qui, depuis dix ans, attendait ce signal, s'écrie :

« Grâce aux Dieux, l'heureux signal perce l'obscurité. Salut, -ô flambeau de la nuit, qui fait luire un beau jour. »

Et Clyteranestre répond au chœur, qui demande comment lui est parvenue cette nouvelle :

« C'est Vulcain, par ses feux allumés sur l'Ida. — De fanal en fanal, la flamme messagère a volé jusqu'ici. Les feux brillaient au mont Ida, au promontoire d'Hermès, à Lemnos, au mont Athos, à Macisto, à Massape, aux bords de l'Eurype, au mont Cylheron, aux monts Egyplanète, à Arachine et enfin à Argos. »•

Aristophane parle du feu de Lemnos dans sa comédie de Lysistrata. Il établissait probablement une communication optique entre l'Europe et l'Asie.

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