‹ Les phénomènes électriques et leurs applicationsChapitre 120 sur 209 · NOUVELLES RECHERCHES · texte numérisé non relu

NOUVELLES RECHERCHES

Au moment où Sœmmering faisait ces expériences, un ofTicier russe, le baron Schilling, était dans la même ville comme attaché militaire. Il suivit les essais de Sœmmering, s'enthousiasma pour ses recherches et le seconda avec ardeur.

De leur collaboration sortirent des perfectionnements importants et, tout d'abord, l'application, faite pour la première fois, d'un vernis isolant aux conducteurs d'électricité. Il eut l'occasion d'employer ses fils isolés pour déterminer l'explosion de mines à travers la Neva (1815).

Schilling renouvela ses expériences à Paris en 1814, à travers la Seine, pendant la durée de l'occupation des alliés, puis, de retour à Pétersbourg, il continua ses travaux et créa le premier télégraphe électrique.

Son appareil se composait de cinq aiguilles amiantées, mises au centre d'un multiplicateur de Schweiger; il le simplifia, petit à petit, et finit par le réduire à une seule aiguille marquant les lettres et les chiffres.

Cet appareil, présenté dans les Sociétés savantes h Bonn et à Heidelberg, y excita la plus vive curiosité. Le professeur Muncke, de cette dernière université, le fit reproduire et il y existe encore dans le cabinet de physique.

En 1836, le docteur Cooke, fils d'un médecin de Durham, vit ce modèle, et frappé de l'utilité qu'il pourrait présenter, il se décida à quitter Heidelberg, où il était ' venu pour se livrer à des études anatomiques, pour rentrer en Angleterre et se consacrer à l'étude des télégraphes électriques. Il soumit son système k sir Ch. Wheatstone, en 1837.

Parleur collaboration, la télégraphie électrique entrait dans sa phase définitive et supplantait le vieux télégraphe à qui le chansonnier Nadaud a fait de si spirituels adieux :

Que faits-tu, mon vieux télégraphe, Au sommet de ton vieux clocher, Sérieux comme une épitaphe, Immobile comme un rocher?

Hélas! comme d'autres peut-olre, Devenu sage après la mort, Tu réfléchis, pour les connaître, Aux nouveaux caprices du sort.

C'est que la vie est déplacée, Les savants te l'avaient promis.

Et toute royauté passée N'a plus de flatteurs ni d'amis.

Autrefois, tu faisais merveille Et nous demeurions tous surpris De* voir, en un seul jour, Marseille Envover deux mots à Paris.

Tu fus l'énigme de notre âge :

Nous voulions, enfants curieux, Deviner ce muet langage, Qui semblait le parler des dieux, Lorsque tes bras cabalistiques Lançaient, à l'horizon blafard, Les mensonges diplomatiques Interrompus par le brouillard.

Maintenant, en une seconde, Le Nord cause avec le Midi; La foudre traverse le Monde Sur un brin de fer arrondi ; L'esprit humain n*a point de halte.

Et tu restes debout et seul, Ainsi qu'un chevalier de Malte Pétrifié dans son linceul.

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