‹ Les phénomènes électriques et leurs applicationsChapitre 152 sur 209 · JABLOCHKOFF · texte numérisé non relu

JABLOCHKOFF

avec la pensée cle la traverser seulement et d'aller en Amérique visiter l'Exposition de Philadelphie, Paris le captiva et le retint. Il trouva dans la maison Breguet, alors dirigée par Alfred Niaudet, cette bienveillante hospitalité qu'elle a toujours accordée aux inventeurs de mérite.

C'est là qu'il conçut l'idée d'une lampe électrique nouvelle absolument simple, puisqu'elle ne nécessitait aucun mécanisme.

Fut-il inspiré pour son invention par un brevet anglais de Richard Werdermann qui a été invoqué comme étant une antériorité à son idée ?

Il n'est pas un inventeur qui ait échappé à cette loi. Le brevet Werdermann, qui date de 1874, est relatif à une méthode perfectionnée pour couper le roc et la pierre et les substances dnres^ applicable aux tunnels^ mines y carrières, à la taille et à Vapprêtage des pierres et à d'autres opérations du même genre.

Cette méthode consiste dans l'emploi de chalumeaux pour pratiquer les opérations indiquées ci-dessus. Elles peuvent être réalisées aussi, d'après l'inventeur, à l'aide de chalumeaux électriques, les charbons formant Tare, étant fixés sur un support qui permet de régler convenablement l'écartement de leurs pointes.

Pour maintenir l'arc dans une position fixe, Werdermann proposait l'emploi d'un électro-aimant ou bien d'un fort courant d'air ou de vapeur.

Rien, dans cette patente, ne fait allusion ix un procédé d'éclairage, rien n'y parle du paraUélisme des charbons ni de l'existence du corps isolant qui force l'arc à se maintenir à leurs pointes.

Rien, en un mot, ne fait pressentir le petit objet simple, je dirai presque élégant, qu'était la bougie électrique.

Jablochkoff fut présenté par un de ses compatriotes,

M. WyroubofF, rédacteur en chef de la Reçue positwistey, il M; P. Guichard, depuis conseiller municipal de Paris. Par celui-ci il connut M. Louis Denayrouze, qui lui apporta le concours de la Société des Spécialités Mécaniques dont il était directeur et dont M. Camille Marcilhacy, membre de la Chambre de commerce de Paris, était le président.

Grâce îi leur initiative et à leurs efforts, un syndicat d'études fut créé et, au mois d'avril 1878, l'exploitation de la bougie, perfectionnée dans tous ses détails, fut prise en mains par la première grande société française d'électricité : la Société Générale d'Electricité, au capital do 7.500.000 francs.

On se rappelle sans doute les éclairages brillants dont elle couvrit Paris pendant l'Exposition de 1878, et malheureusement aussi les exagérations financières auxquelles elle donna lieu, ii un moment où l'argent paraissait n'avoir plus de valeur et l'ardeur de certains financiers plus de retenue. La nouvelle, mystérieusement répandue, d'une grande invention américaine (1), ramena les actions de la Société Jablochkoff à un taux plus raisonnable. Leur chute rapide fut interprétée comme un signe de décadence alors qu'elle n^était que le retour à une situation normale. Mais d'autres inventions s'étaient produites, à côté de la bougie et contre elle, l'éclairage électrique apparaissant à tous les inventeurs comme un moyen sûr et prompt d'arriver à la fortune. Malgré des affaires industrielles considérables, la Société Jablochkoff ne se releva pas de ce coup. Réduite par la nécessité et un sentiment mieux compris des choses, à une exploitation dégagée de toute préoccupation financière, elle continuait le cours de ses opérations, lorsqu'on 1881, a» moment où s'ouvrait l'Exposition d'Electricité, on voulut

(1) Celle de la lampe à iacandescence d'EcHsoD.

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