HELMHOLTZ
travail delà nature, et dont l'ensemble constitue ce qu'on appelle Vénergie,
Les uns tombent directement sous nos sens et ont été connus de tout temps. Tels la chaleur et la lumière. D'autres, comme l'attraction universelle, l'afBnité chimique, le magnétisme et l'électricité, coexistants aux premiers, n'ont été connus que lorsque l'homme, étendant son domaine philosophique, a analysé les effets et les causes et approfondi les secrets de la nature.
Si l'on peut espérer que le principe de l'unité de la matière sera l'une des plus belles conquêtes de la science future, rien encore ne permet de faire une certitude, même une probabilité de cette hypothèse.
On a déjà prouvé, par contre, que l'énergie, qui est en quelque sorte l'âme de l'univers ou plutôt sa partie immatérielle, est une en ce sens que les diverses formes qu'elle revêt peuvent se métamorphoser, l'une en l'autre, avec la plus grande facilité.
Qu'elle soit mécanique, calorifique, chimique, l'énergie peut passer successivement par ces divers états.
Le témoignage le plus simple de cette vérité nous est donné par réchauffement qui résulte de tout mouvement brusquement arrêté. Tirez une balle de pistolet sur une plaque résistante, elle s'aplatit et devient brûlante. C'est parce que l'énergie mécanique, productrice de mouvement, s'est transformée en énergie calorifique suivant une loi immuable qui fait correspondre un nombre de calories, toujours constant, à un même travail mécanique anéanti.
Cette loi, découverte par les précurseurs d'Helmholtz, est celle de Véquiçalent mécanique de la chaleur.
A son tour, la chaleur peut se transformer en travail mécanique : brûlez du charbon sur la grille d'une chaudière a vapeur ; l'eau sera vaporisée et sa vapeur, utilisée dans un moteur, produira un travail.
II en est de même pour la lumière, puisque les corps portés à riacandescence deviennent lumineux.
L'affinité chimique, a son tour, se manifeste par une production ou une absorption de chaleur.
Cette faculté de l'énergie de revêtir successivement ses diverses formes, réalise sa conservation éternelle. Elle ne peut ni être créée de rien ni être détruite sans que rien ne se manifeste à sa place. Elle ne fait que changer de formes.
L'électricité forme nouvelle de r énergie. —
L'électricité (et par conséquent le magnétisme qui a la même origine) est une forme nouvellement reconnue de l'énergie, la plus souple, la plus docile, celle que les autres, mécanique, calorifique ou chimique, produisent le plus aisément. C'est pour cela que l'électricité, que vingt siècles de travaux ont eu tant de peine à déceler, existe et se manifeste partout.
La nature entière est comme un immense laboratoire d'électricité latente, où tout effort la fait apparaître, tantôt sous sa forme naturelle, « indomptable et rebelle », la foudre; tantôt sous sa forme artificiellement obtenue, « dirigeable et docile », le courant, devenu l'un des plus précieux auxiliaires de l'activité humaine.
Entre ces deux états, nulle diflFérence de nature d'ailleurs. De l'étincelle on peut arriver au courant par degrés insensibles et réciproquement.
Tout phénomène physique est producteur d'électricité : le travail mécanique, soit par l'effet du frottement, soit par la mise en mouvement de systèmes spéciaux appelés machines dynamo-électriques; le travail calorifique, dans les piles thermo-électriques; le travail chimique, dans les piles électriques.
De là, trois classes de générateurs d'électricité.
De même, l'énergie électrique peut se transformer en