TRAVAUX DE MM. REYNIER ET FAURE
cherché ailleurs, on est presque toujours revenu aux éieclrodea de plumh.
Celles des piles de Planté, après avoir successivement revêtu diverses formes, ont été, en dernier lieu, constituées avec deux feuilles de plomh qu'on sépare l'une de l'autre par deux bandes isolantes en caoutchouc et qu'on roule ensuite de manière à en faire un
Fig. 131. — Montage de In pile secondaire Planté.
cylindre qu'on introduit dans un vase de même forme (fig. 130 et 131).
Formation artiScielle. — Ce couple était soumis à une formation progressive, de la façon qui vient d'être indiquée, par une série de charges et de décharges successives. Une telle opération est longue et coûteuse, car elle consomme du courant. Aussi, plusieurs inventeurs ont-ils préconisé un système de formation artificielle rapide, par l'application directe d'une couche de peroxyde sur l'électrode.
Travaux de MM, Reynier et Faure. — Les premiers inventeurs qui ont indiqué cette méthode sont
MM. Reynier et Faure qui, en 1881, recommandaient le procédé suivant (1) :
<( Les deux lames de plomb du couple sont individuellement recouvertes de minium ou d'un autre oxyde de plomb insoluble, puis entourées d'un cloisonnement en feutre solidement retenu par des rives de plomb.
(( Ces deux électrodes sont ensuite placées dans un récipient contenant de l'eau acidulée. Si elles sont d'une grande longueur^ on les roule en spirale comme l'a fait M. Planté. Le couple étant ainsi monté, il suffit pour le former, de le faire traverser par un courant électrique qui amène le minium à l'état de peroxyde sur l'électrode positive et à l'état de plomb réduit sur l'électrode négative. Dès que toute la masse a été électrolysée, le couple est formé et chargé.
« Quand on le décharge, le plomb réduit s'oxyde et le plomb peroxyde se réduit jusqu'à ce que le couple soit redevenu inerte. 11 est alors prêt à recevoir une nouvelle charge d'électricité.
(( Pratiquement, on peut emmagasiner ainsi une quantité d'énergie capable de fournir un travail électrique d'un cheval-vapeur pendant une heure, dans une pile Faure de 75 kilogrammes. Des calculs, basés sur les données de la thermochimie, nous démontrent que ce poids pourra être beaucoup diminué.
« Le rendement de la pile secondaire de M. Faure •peut, dans certaines conditions, atteindre 80 p. 100 du travail dépensé pour la charger.
« Quant aux résultats industriels considérables que nous promet à bref délai l'accumulateur d'électricité de M. C. Faure, nous n'en parlerons ici que pour en rapporter, en grande partie, le mérite aux travaux persévé-
(1) Sur la pile secondaire de M, C. Faure, par M. E. Reynier. Communication à rAcadcmie des sciences, 18 avril 1881.