‹ Les phénomènes électriques et leurs applicationsChapitre 71 sur 209 · PREMIÈRES ILLUSIONS · texte numérisé non relu

PREMIÈRES ILLUSIONS

rànts et désintéressés de M. Planté qui ont été le point de départ de l'invention soumise aujourd'hui àrAcadémie. »

Premières Uluaions, — Dès sa naissance, cette invention donna à ses promoteurs l'illusion d'un progrès « dont Inapplication devait dépasser tout ce que l'imagination pouvait rêver ))(!).

Une Société française au capital de cent millions de francs, une Société belge au capital de cinquante millions de francs devaient en entreprendre l'exploitation.

En même temps, une circulaire, adressée aux propriétaires et locataires de la ville de Paris et du département de la Seine, les avisait qu'à partir du 1*' mai 1881, la Société La Force et la Lumière recevrait, dans ses bureaux, les inscriptions de demandes d'abonnement pour la fourniture de la force motrice et de l'éclairage à domicile au prix d'un tarif spécial.

Le Conseil municipal de Paris était saisi d'une proposition d'éclairage gratis de l'avenue des Champs-Elysées pendant la durée de l'Exposition d'électricité (2).

Le Ministre des Postes et Télégraphes (alors M. Cochery) recevait l'offre d'un prix de cent mille francs qui seraient distribués aux inventeurs des meilleures dynamos électriques propres à la transmission de la force.

Tous ces projets soulevèrent d'ardentes polémiques.

Un ingénieur d'infiniment d'esprit et de science, M. Géraldy, consacra, dans le journal La Lumière électrique du 28 mai 1881, un grand article a la discussion des faits annoncés par MM. Reynier et Faure.

(( La pile Faure, disait-il, est mieux adaptée que la pile Planté aux applications industrielles. Elle est plus solide, plus tassée, établie d'ailleurs sur de plus grandes

(1) La Presse, du 12 avril 1881.

(2) Le journal La Presse, du 29 août 1881.

dimensions, mais tous ces avantages peuvent être acquis par la pile Planté, si on le désire. Cependant, depuis vingt années environ que cet appareil existe, personne n'a pensé à en faire la base d'une distribution de force et de lumière...

« Il y a à cela de bonnes raisons. Je n'en citerai qu'une, c'est la question du camionnage dont les prospectus ont dit, en passant, un mot rapide, la traitant comme un de ces détails insignifiants qu'on ne mentionne que par excès de scrupule.

« Considérez, cependant, que pour fournir un travail d'un cheval pendant une journée de dix heures, il faudra employer dix piles de 75 kilogrammes chacune... Cela suppose donc qu'on apporte un poids de 750 kilogrammes et qu'on en rapporte autant, soit un camionnage total de 1.500 kilogrammes à joindre aux autres frais pour un bénéfice de 10 francs au prix du tarif. Je laisse au lecteur le soin de conclure.

« Au fond, soutenir que ce genre de distribution électrique est plus économique que la distribution par fils conducteurs, c'est exactement prétendre que la distribution d'eau actuelle immobilise un capital énorme en tuyaux enfouis, qu'il y a, du reste, dans ces conduites, une perte de charge considérable et qu'il vaudrait beaucoup mieux adopter une bonne organisation de porteurs d'eau avec tonneau perfectionné. »

Mode d'utilisation des accumulateurs, — Ces

critiques étaient fondées; elles répondaient spirituellement, et en touchant le point sensible, aux exagérations qui faisaient cortège à la jeune invention. Tout ce bruit s'apaisa bientôt et, cependant, racoumulateur méritait mieux que l'écroulement aussi complet de tant d'espérances. Il avait déjà, à cette époque, en dehors du bruit des affaires, des partisans résolus. Sir William Thomson

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