PRODUCTION DU CUIVRE
durcir le cuîvre. La première ligne télégraphique, établie en 1848, entre Paris et Rouen, était en cuivre. On fut obligé de la remplacer par une ligne de fil de fer, parce que le cuivre s'allongeait puis se rompait sous son propre poids.
C'est ainsi qu'est né et que c'est développé l'emploi du fer dans les lignes télégraphiques.
Aujourd'hui qu'on sait donner au cuivre une résistance mécanique suffisante, le remplacement des lignes télégraphiques n'est plus qu'une question de temps, subordonnée aux nécessités d'entretien.
Toutes les lignes téléphoniques sont en cuivre.
Production du cuivre. — Aussi, par suite du développement considérable des applications de l'électricité, la production du cuivre a-t-elle été surexcitée au delà de tout ce qu'il était possible de prévoir.
On peut en juger par le résumé du graphique de la page suivante qui indique, pour tous les pays producteurs de cuivre, la progression qu'a suivie l'extraction depuis 1881.
Ce tableau, emprunté aux statistiques annuelles de la maison Merton de Londres, est assez éloquent par luimême pour qu'il soit inutile d'en faire une analyse un peu détaillée.
Si on en extrait les nombres qui représentent la production totale du globe et ceux qui représentent la production des Etats-Unis et si on les traduit en double tracé graphique, on voit que les deux courbes sont sensiblement parallèles, ce qui veut dire que l'accroissement énorme de la production résulte, à peu près uniquement, des mines des Etats-Unis.
Tandis que la production de ces dernières a passé de 30.882 tonnes (1881) à 262.206 tonnes (1899), c'est-à-dire a octuplé, celle des autres pays est passée de 132.487
tonnes (1881) à 208.660 tonnes (1899), c'est-à-direVaugmenté seulement d'environ 50 p. 100.
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C'est là un phénomène économique qui peut donner à réfléchir à bien des points de vue différents.
Cette énorme surproduction des Etats-Unis se répartit en quatre groupes principaux :
1° Les mines du lac Supérieur, dont les principales sont celles de la Compagnie Calumet et Hecla;
2* Les mines du groupe de Montana, dont les principales sont celles de la Compagnie Anaconda;
3* Les mines de TArizona ;
PRODUCTIOy DU CCIVRE
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4* LVn semble des autres mines.
Voici, à quelques années de distance, la progression de chacun de ces groupes :
DESIG3IATIOS
des mines
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tonnes i toi
tonnes : tonnes tonnes
3^.45'ij 41.000
Compagnie Calamet. |
et Hecla 13.995 îl.OTôî 26.250
Autres mines da lac I
Supérieur \ 10.355 11.1351 18.200. 23.582| 28.363
Mines d'Anaconda. .'• . 16.0:o' 28.600. 41.983) Autres mines de Mon-I
tana } 6.532 14.200 20. %0
Mines d'Arizona. . .V ! 10.135 15.945 21.4'29 54.793
Autres mines . . . .] I 1.435 6.370 10.246 31.400
Total.
Quant aux autres pays producteurs de cuivre, ils viennent bien loin après les Etats-Unis.
C'est d'abord YEspagne avec les célèbres mines de Rio-Tinto, 39.560 tonnes ;1882) et 53.225 tonnes (1899) ;
Le Chili, 42.909 tonnes (1882) et 27.560 tonnes ^1899 ;
Puis le Japon, 4.800 tonnes (1882) et 25.720 tonnes (1899) ;
L'Allemagne (mines de Mansfeld), 25.000 tonnes (1882) et 23.460 tonnes (1899);
L'Australie, 11.000 tonnes (1882) et 20.750 tonnes (1899).
Les autres pays ont des productions individuelles de moins de 5.000 tonnes.
L'Angleterre a passé de 3.464 tonnes (1881) à 550 tonnes (1899).
Enfin, le nom de la France, déjà médiocrement favorisée au point de vue de la production houillère, ne figure même pas dans cette statistique.
ViVAREz. Phénomènes électriques. 15
226 LES CANALISATIONS ELECTRIQUES
Part de rélectricitè dans la production totale. —
L'électricité n'est pas, il est vrai, Tunique cause de cet accroissement extraordinaire d'activité dans les mines de cuivre. Les progrès généraux de l'industrie, et aussi la consommation considérable de cuivre qu'entraîne l'extension de la fabrication du matériel de guerre, et en particulier celle des cartouches à douilles métalliques, y ont pris, comme elle, une part fort importante.
Celle de l'électricité est certainement prépondérante, et il n'est pas douteux que sous l'influence de l'augmentation continue du nombre et de l'importance des installations électriques, elle ne fera que s'accroître.
On peut même se demander si l'industrie minière pourra suivre sans défaillance l'industrie électrique dans sa marche en avant.
Rien ne peut faire supposer qu'elle se rapproche actuellement de sa production maxima. Au surplus, le cuivre n'est pas comme le fer qui tombe en poussière sous la corrosion de la rouille, comme le charbon qui disparaît en fumée.
Réfractaire à l'action des agents atmosphériques, c'est a peine s'il se recouvre d'une patine d'oxyde qui n'intéresse que sa surface et respecte sa masse. Le cuivre se conserve, sinon éternellement, du moins pendant un temps extrêmement long. Témoins, les armes de bronze qui ont bravé les injures de plusieurs siècles d'enfouissement dans le sol.
La réserve de cuivre que l'électricité a à sa disposition n'est donc pas sensiblement entamée et l'industrie élec trique ne paraît pas être exposée à manquer de sitôt d'un de ses plus utiles auxiliaires.
La tréûlerie. — L'art de fabriquer des fils, la tréfilerie, a, sous cette impulsion énergique, fait en quelques années des progrès considérables.