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LA TRÉFILERIE

La fabrication des fils métalliques, connue dans Tantiquité la plus reculée, n'a été organisée d'une façon industrielle qu'à la fin du xiv* siècle.

C'est en Allemagne, à Nuremberg et à Augsbourg, qu'elle a pris naissance. Les ouvriers qui exécutaient ce travail étaient appelés forgerons de fils. Cependant on trouve en même temps le nom de Drahtzicher ou tireur de fil qui indique qu'à cette époque on faisait déjà usage de la filière. L'art de la tréfilerie ne s'appliquait alors qu'aux métaux précieux, l'or, l'argent et le cuivre.

En France, le premier tréfileur fut Richard d'Archal (1500), dont le nom a, pendant longtemps, désigné une marque de fabrication.

Mais c'est surtout en Angleterre que la tréfilerie prit un rapide développement.

En 1565, la reine Elisabeth fit venir d'Allemagne deux ouvriers qui l'organisèrent avec des machines hydrauliques et des manèges mus par des chevaux. Ces ouvriers, nommés C. Schulz et Cabb Bell, furent les créateurs de cette industrie en Angleterre. Elle reçut une grande impulsion après qu'en 1630 Charles I" eut proclamé un édit interdisant l'importation des fils étrangers. Depuis, elle a beaucoup prospéré en Angleterre, surtout dans la région de Birmingham.

En Allemagne, le fondateur de cette industrie fut Felten qui établit, en 1750, à Mulheim, près de Cologne, une importante usine que dirigent encore aujourd'hui ses successeurs, MM. Guilleaume.

En France, le plus ancien vulgarisateur de la tréfilerie fut un industriel nommé Mouchel dont les descendants ont, de père en fils, exercé la même profession.

C'est vers 1709 que Mouchel inventa la bobine de tréfilerie. Au début, les Mouchel n'avaient pas d'usine et faisaient fabriquer dans les campagnes. En 1768, Jean-Baptiste Mouchel acheta l'établissement de Bois-

thorel. Jusqu'en 1824, cette usine ne faisait que retréfiler des fils ébauchés à Tétranger. A cette époque, Pierre- Jean-FélîxMouchel installa des fonderies et des laminoirs dans sa propre usine.

L'extension de cette fabrication a déterminé la création d'autres établissements. Parmi ceux qui ont le plus prospéré, nous devons indiquer les usines de M. Lazare Weiller créées à Angoulême et transportées au Havre depuis 1895.

Ces établissements, exploités aujourd'hui par une Société anonyme, sont outillés pour fabriquer une quantité journalière de plus de 50 tonnes de fil de cuivre et de 200 tonnes de fil d'acier.

Nous ne nous étendrons pas plus longtemps sur la fabrication des fils. Ceux de nos lecteurs que ce sujet intéresse trouveront de plus amples détails dans le travail complet que nous avons publié sur cette question. (1).

Lignes électriques, — Les conducteurs de cuivre employés pour les canalisations électriques se classent en deux catégories :

1® Les conducteurs nus ;

2° Les conducteurs isolés.

Fils conducteurs nus. — Ces conducteurs sont utilisés sous forme de fils ou sous forme de câbles. Le plus généralement, ils sont installés k l'extérieur et supportés par des poteaux à la manière des fils télégraphiques.

Mais pour cela, il a fallu donner aux fils de cuivre une résistance mécanique suffisante. Ces fils, lorsqu'ils

(1) Lignes et transmissions électriques, par L. Weiller et H. Vivarez.

DIAMETRES USUELS 229

sont recuits, s'allongent sous un assez faible effort, même sous leur propre poids et se rompent facilement.

On arrive à les durcir par l'addition de quantités infinitésimales de certains métalloïdes qui permettent de faire varier, en sens inverse, leur conductibilité et leur résistance mécanique.

Le bronze silicieux, préconisé par M. Lazare Weiller, est la plus connue de ces combinaisons. C'est avec elle qu'on a résolu, pour la première fois, le problème des canalisations électriques aériennes.

Les fils de cuivre pur, tels qu'ils sont fabriqués aujourd'hui avec les barres de cuivre électrolytique importées d'Amérique, ont, après écrouissage^ une conductibilité de 97 à 98 p. 100 de celui du cuivre pur recuit et une résistance de 45 kilogrammes par millimètre carré. Au moment où ils se rompent sous cette charge-limite, leur allongement n'est que de 1 1/2 p. 100.

On a donc, avec ces fils, d'excellents conducteurs aériens.

Diamètres usuels. — Ces fils sont généralement employés sous les diamètres de 2 à 5 millimètres de diamètre.

Les fils de 2 millimètres ont une résistance électrique équivalente à celle des fils de fer de 5 millimètres employés en certains pays pour la télégraphie. En France, le diamètre adopté étant de 4 millimètres, les fils de cuivre de 2 millimètres se présentent avec un avantage de conductibilité et un certain désavantage de prix. L'équivalence électrique serait obtenue avec des fils de 1™"6 diamètre correspondant à une résistance mécanique totale un peu faible.

Les grandes lignes interurbaines de téléphonie utilisent très avantageusement les fils de cuivre. Celles de Paris-Bruxelles ont été construites avec du fil de cuivre

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de 3 millimètres. Celle de Paris-Marseille avec du fil de

Poids kilométrique des ûls. — Une formule très simple permet de trouver le poids kilométrique d'uo fil de diamètre donné d.

Ce poids est égal à celui d'un cylindre de cuivre dont

■"tf ' la section est -^. la longueur 1.000 mètres et la densité 9,8.

Ce poids P est donc égal à ^X 1000X9,8; la réduction des coefficients numériques la réduit à P = 7d', formule très commode pour un usage pratique.

Câbles. — Au delà du diamètre de 5 millimètres, les fils deviennent moins maniables et ce n'est guère que pour les lignes aériennes de tramways électriques qu'on dépasse ce diamètre (8 à 10 millimètres).

Fig. IW. Fig. 141.

Lorsqu'on a besoin de conducteurs de plus grande section, on emploie soit des barres, soit des bandes de cuivre, mais, plus généralement, des câbles formés de la rénnion de plusieurs brins de fils tordus en corde en un

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