‹ Les phénomènes électriques et leurs applicationsChapitre 8 sur 209 · GUILLAUME GILBERT · texte numérisé non relu

GUILLAUME GILBERT

D'après d'autres légendes, enfin, l'inventioD de la boussole remontëiait à une antiquité très reculée. Certains auteurs disent que le roi Saloraon en avait enseigné l'usage aux pilotes des navires qu'il envoyait aux Indes.

Au temps des Croisades [1), les vaisseaux étaient dirigés sur mer par le moyen d'une petite rainette ou grenouille, enfermée dans une boite, dans l'image de laquelle on a cru reconnaître la fleur de lys dessinée sur les t)oussoles.

Si l'on en croit d'autres récits, les Chinois au-' raient su se servir, onze cents ans avant l'ère chrétienne, de boussoles terrestres montrant le Sud (2).

Qaillaume Oilbert- — L'aiguille aimantée et la boussole, les propriétés

m Traité de l'Aiman (sic), ■-■ , ^j,„ „.„„i,i„.,. „ui„„j. I /' -rJff- 3. — ' <jDHr magnétique CDinoifl. attribue a Dalencc. Amatcrdam, 1687.

(2) Onze cents an» araut l'ère chrétienne, des habitants de Yeou- Tchang, royaume marilime du Sud, vinrent apporter au roi Tchug Wang un Tuisau blanc, deux faisans noirs et une deut d'éléphant. I,e ministre Tchuou Tchang leur lit présent, en échange, de cinq chars légers qui montraient le Sud pour aller au loin.

Au'devant de ces chars était une statuette (fig. 1] qui, de quelque càté que se dirigeât le chariot, se tournait toujours vers le Sud, qu'elle indiquait avec la main. Celte invention n'était pas d'une médiocre utilité pour les voyageurs qui avaient à parcourir de vastes espaces inhabités où les sentiers, lorsqu'il y en avait, se s divers. On l'attribuait à Hoangti; elle était Ton- "aiguille aimantée. Il paraît qu'on Taisait usage de ces chars, même dans les promenades et dans les villes. Il y en avait de toute dimension et de tout prU. Aux Tunérailles de Tchug Wang, on vit un grand char en pierreries traîné par un petit char magnétique. [Magasin Pittoresque. 1854, p. 88.)

attractives de Tambre et de la tourmaline, auxquelles avait été récemment ajouté le jayet, sorte de charbon fossile, tel était le médiocre contingent des connaissances magnétiques et électriques, au moment où parut, à Londres, le premier ouvrage sérieux traitant de ces matières.

Ce livre, publié en latin, en 1600, porte le titre suivant :

GuiUelmi GilberU Colcestrensis medici Londinensis, de magnete, magneticis que corporibus et de magno magnele tellure physiologia no\fa plurimis et argumentis etexperimentis demonstrata ou Physiologie noui^elle de Vaimanty des corps magnétiques et du grand aimant de la terre, démontrée au moyen de plusieurs arguments et expé^ riences, par Guillaume Gilbert de Colckester, médecin à Londres.

Gilbert était médecin de la reine Elisabeth et très en faveur à la Cour. Il mourut en 1603, peu après sa protectrice. On peut le considérer comme le père de l'électricité moderne, « quoiqu'il l'ait laissée tout à fait dans l'enfance (1) ».

Son livre, plein d'aperçus nouveaux et de conceptions originales, inspira au grand astronome Kœpler plusieurs de ses idées sur l'attraction universelle.

Il convient modestement lui-même que tout l'édilGicc de son astronomie est fondé sur les . hypothèses de Copernic, les observations de Tycho-Brahé et la théorie magnétique de l'Anglais Gilbert.

On trouve tout d'abord, dans l'ouvrage de ce dernier, une nouvelle liste de substances pouvant s'électriser par le frottement : le diamant, le saphir, le rubis, l'opale, l'améthyste, l'aiguë marine, puis le cristal de roche, le verre, le soufre, la résine, le sel, l'alun, etc.

Mais c'est surtout le champ des études magnétiques que Gilbert a fécondé et qu'il a étendu, soit par ses

(1) Histoire de l'Électricité ^ par Priestley.

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