CHAPITRE VI
LES SOURCES NATURELLES d'eNERGIE LA QUESTION DE LA HOUILLE
Le soleil origine de toute énergie terrestre. — Utilisation directe de la chaleur du soleil. — Moteurs solaires. — Utilisation indirecte de la chaleur du soleil. — La houille. — Sa formation. — Durée attribuée à la période carbonifère. — Le passé de la houille. — Progrès de l'extraction de la houille. — Taux de l'accroissement de sa consommation. — Sa diminution. — Causes économiques qui limitent la consommation de la houille. — Progrès techniques qui permettent d'économiser la houille. — L'avenir de la consommation houillère. — Intervention de l'énergie solaire actuelle. — Ressources d'énergie contenues dans les eaux courantes de la France. — Autres sources d'énergie. — Conclusion.
Le soleil origine de toute énergie terrestre, —
L'homme est impuissant à créer rénergle sous une quelconque de ses formes. Nous disons à la créera c'est-à-dire a la tirer de rien ou même de quelque chose qui ne soit pas aussi de l'énergie. Il ne peut ^ue l'emprunter aux formes de l'énergie que la nature lui offre spontanément ou les transformer led unes dans les autres. Or, sur notre planète, une seule source de cette énergie apparaît dans l'astre qui lui a donné, et qui lui donne encore, le mouvement, la chaleur, la lumière et la vie. Primitivement incandescente, comme le soleil lui-même, la terre, progressivement refroidie à sa surface, n'est
qu'une lave brûlante dont la température n'est perceptible que lorsqu'on pénètre à de grandes profondeurs dans le sol. La chaleur centrale est insensible à sa surface et n'offre, par conséquent, à l'industrie humaine, aucun élément d'utilisation. C'est la chaleur directe du soleil qui est notre seule ressource.
Utilisation directe de la chaleur du soleil. — Moteurs solaires, — Mais cette chaleur directe, ellemême, comment en tirer parti ?
Il devait naturellement venir à l'esprit de chercher à la concentrer et de l'utiliser telle quelle, pour porter à l'ébullition l'eau renfermée dans une chaudière et engendrer de la vapeur.
Tout le monde connaît cette expérience enfantine qui consiste à faire converger les rayons du soleil au foyer d'une lentille de verre, en un point brillant où peuvent s'enflammer le papier, le bois, la paille. Les moteurs solaires sont basés sur un principe analogue. La chaudière, placée au foyer d'un réflecteur parabolique de grande ouverture, y reçoit les rayons réfléchis du soleil ; l'eau qu'elle contient s'échauffe, entre en ébullition, puis en vapeur.
Mais il faut pour cela, d'abord qu'il n'y ait ni nuages, ni brouillards, puis que le miroir parabolique soit animé d'un mouvement qui lui permette de suivre le « dieu poursuivant sa carrière ».
L'appareil est, par conséquent, capricieux comme l'astre qui l'anime et il a, de plus, le grave inconvénient d'être condamné au repos pendant la nuit.
La tentative est donc intéressante et curieuse, mais elle n'est que cela.
Il serait toutefois intéressant que l'utilisation immédiate de la chaleur solaire pût être étudiée par des moyens différents. Dans les pays tropicaux, où les pluies