DURÉE DE LA PÉRIODE CARBONIFÈRE
couches d'épaisseur variable, souvent séparées par des lits argileux qui marqueat ainsi la succession des phases de leur formation, interrompues par des périodes de submersion pendant lesquelles les dépôts terreux se sont produits au sein des eaux.
Telle est, en quelques mots rapides, la genèse des combustibles minéraux qu'on désigne sous le nom de lignite, anUiracite et houille, d'après l'ordre de leur formation, et que l'on réunit quelquefois sous le nom unique de charbon de terre.
Durée attribuée à la période carbonifère. — Quel temps a été nécessaire pour la carbonisation des forêts de l'époque houillère? On ne peut se livrer à cet égard, on le conçoit, qu'à des conjectures basées sur des hypothèses assez incertaines. Elles fournissent néanmoins quelques indications. Ainsi, il résulte d'expériences qu'un hectare de haute futaie âgée de cent ans, si elle était réduite en charbon uniformément étendu sur le sol, donnerait une couche de 15 millimètres d'épaisseur seulement.
Il faudrait donc 6.600 ans pour que la couche atteignit l'épaisseur d'un mètre et, si l'on prend comme terme de comparaison un bassin houiller dont toutes les couches auraient ensemble une épaisseur de 40 mètres, OD arrive à une durée de 264.000 ans pour le temps nécessaire à sa formation (1).
Et, cela, sans faire entrer en ligne de compte le temps pendant lequel se sont déposées les couches sédimentaires qui alternent avec les bancs de houille !
L'estimation ci-dessus serait, de ce chef, très rieure ii la vérité.
D'autre part, il faut tenir compte de ce fait,
(1) Voir Vezian : Prodrome de Géologie, l. 111, p. 212.
Tépoque lointaine pendant laquelle les combustibles fossiles se sont formés, la température et le degré d'humidité de Tair étaient bien plus élevés que de nos jours.
La végétation carbonifère était donc plus exubérante, plus touffue que la végétation actuelle, sa croissance plus rapide, et sa transformation en houille devait être accomplie plus rapidement que ne l'indique un calcul fait d'après les conditions actuelles.
Plusieurs géologues ont admis la durée de neuf millions d'années pour la période complète pendant laquelle se sont formés les bassins houillers.
Ne retenons de ces chiffres, très incertains par leur nature môme, que l'impression d'un temps très long, très supérieur à celui de nos fugitives périodes historiques et embrassant plusieurs milliers de siècles.
Cette immense période a été nécessaire pour emmagasiner dans le sol de la terre, sous forme de charbon, l'épargne de chaleur solaire dans laquelle nous puisons. Son approvisionnement s'est accompli dans des conditions climatériques qui ne se reproduiront plus jamais. Le trésor existe donc, mais la source qui l'alimentait est tarie.
Pourquoi l'homme ne se préoccupe-t-il jamais de la disparition possible du blé, de la farine et du pain? C'est parce qu'il sait que chaque saison nouvelle amène une récolte nouvelle.
Ici, la moisson a été faite une fois pour toutes. La provision de houille, ce pain de l'industrie, comme on l'a justement appelée, ne se renouvellera jamais.
Il faut donc se demander si elle suffira, et pendant combien de temps, aux besoins des hommes, et par quoi on la remplacera le jour où il n'y en aura plus.
Le passé de la bouille. — La distribution géographique des formations carbonifères a à peu près privé de