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INTERVENTION DE L'ENERGIE SOLAIRE

estimée à son taux actuel de 500.000.000 de tonnes par an(l)!

A côté de cette formidable réserve, d'autres pays lointains s'annoncent comme devant contenir des quanités considérables de charbon. L'Australie possède un Newcastle, déjà rival du Newcastle anglais, et des couches tellement riches qu'une seule d'entre elles est estimée contenir 84 milliards de tonnes. La Nouvelle-Zélande entre également en ligne.

Et quelles surprises ne nous réserve pas, dans l'avenir, l'exploration des pays encore inconnus, de l'immense Chine à peine entr'ouverte, de l'Amérique tout entière, des mystérieuses contrées du continent noir!

Ainsi, ce serait une crainte chimérique que de voir l'humanité privée à bref délai de son auxiliaire le plus précieux : le charbon. Ce qui l'est moins, c'est la perspective d'un nouvel élément de dépendance de l'ancien continent vis-h-vis de cette puissance sans cesse grandissante : les Etats-Unis. Le devoir du vieux monde, qui n'a pas su montrer à temps, sur un autre terrain, l'énergie de ses moyens de défense, est au moins de rechercher, à défaut d'une exportation dont l'espoir lui échappe, les movens de se suffire à lui-même et de retarder encore une échéance qui est la conséquence de la loi fatale qui entraine vers l'Ouest le centre de gravitation des intérêts économiques et politiques du monde entier.

Intervention de l'énergie solaire actuelle. —

C'est ainsi qu'intervient, comme un élément d'épargne et de salut, la seconde catégorie des phénomènes physiques et météorologiques qui représentent, non plus cette fois l'épargne séculaire de la chaleur du soleil, mais son action immédiate et directe.

(i) La question du charhonde terre, par A. de Lapparcnt, p. 117,

Son action calorifique détermine, dans[les mers et dans l'atmosphère, en un cycle ininterrompu, Tévaporation de Teau des océans, la formation des nuages, leur condensation en neige sur le sommet des montagnes, en pluie dans les zones moyennes et leur retour à la mer sous la forme de chutes d'eau, de torrents, de rivières et de fleuves.

Les vents, le flux éternel de la mer résultant des marées, les courants liquides qui sillonnent la surface des continents et agitent la masse des océans sont autant de mouvements nés de l'action du soleil et ne devant finir qu'avec elle et dans lesquels l'homme peut espérer trouver une compensation au gaspillage des réserves d'énergie houillère emmagasinée dans le sol (1).

Ressources d'énergie contenues dans les eaux courantes de la Fiance. — Un simple calcul montre quelle est approximativement l'importance de cette énergie pour le sol de notre pays.

La superficie de la France est de 518.830 kilomètres carrés, sur lesquels il tombe annuellement une hauteur moyenne de 0"*,770 de pluie.

C'est donc près de 400 millions de mètres cubes, dont la majeure partie s'évapore, laissant couler à la mer 190 millions de mètres cubes, au régime de 6.000 mètres cubes par seconde. Eu égard à l'altitude moyenne du sol, ce débit correspond approximativement à dix mil-

(1) En 18^7, il y avait en France 4.853 machines fixes et locomobiles représentant une puissance totale de 59.762 chevaux. En 1897, le nombre des machines était de 65.595 et leur puissance de 1.163.205 chevaux.

Cette puissance représente celle de 3.500.000 chevaux animés ou celle de 23 millions d'hommes ; elle est donc égale à une force supérieure à celle qui pourrait être développée par la population mâle de la France. {Cinquantenaire de la Société des Ingénieurs cinls.)

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