CHUTES DU NIAGARA
Francfort, le courant de haute tension était transformé en un courant de basse tension actionnant la réceptrice.
Le rendement effectif, c'est-à-dire le rapport entre la puissance absorbée par la génératrice et la puissance restituée par le moteur, a varié de 72 à 75 p. 100.
C'est là une expérience mémorable et qui fait époque dans l'histoire du transport de l'énergie par l'électricité. Elle marque le véritable point de départ d'une industrie nouvelle qui n'a cessé, depuis lors, de se développer avec une activité extraordinaire.
Toutes les sources de puissance naturelle sont aujourd'hui étudiées au point de vue de leur utilisation, et un grand nombre d'entre elles pourront être aménagées petit à petit dans ce but.
Chutes du Ni&gara. — Au premier rang sont les célèbres chutes du Niagara. D'après une note de M. Rankine, publiée au commencement de 1897, dans YElectrical Engineer, la force motrice qui leur était déjà empruntée à cette époque était de 25.625 chevaux, dont 18.025 distribués électriquement et 7.200 chevaux hydrauliques employés par une fabrique de papier. Les projets de captation portent sur une puissance de 350.000 chevaux (1).
Le débit des chutes du Niagara est évalué à dix mille mètres cubes par seconde. En raison de la différence de niveau entre le lac Erié et le lac Ontario, la puissance qu'elles renferment a été évaluée par différents auteurs de 6.750.000 chevaux à 16.800.000 chevaux. Cette dernière évaluation est à peu près celle de Sir William Siemens, en 1877. On admet plus généralement celle de 7.000.000 de chevaux (D' Unwin).
(l) Communication à la Société internationale des électriciens faite le 8 juillet 1896, par M. Martin, rédacteur en chef de Y Electrical Engineer de New- York.
YiVAREZ. Phénomènes électriques. 18
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En 1886, une grande société américaine, la Niagara Falls Power C°, obtînt l'autorisation d'exécuter des travaux en vue de la dérivation de 450.000 mètres cubes. Elle institua à Londres, en 1890, une commission internationale d'ingénieurs électriciens chargés d'étudier les différentes méthodes de captation et de distribution et de faire des propositions d'exécution. Lord Kelvin, MM. Mascart, CoUmann Sellers, Turettini et le D'*Unwin en faisaient partie.
Le programme des travaux comportait deux dérivations, l'une sur la rive canadienne, l'autre sur la rive des Etats-Unis. Celle-ci, seule, a été exécutée jusqu'à présent. L'eau qu'elle emprunte aux chutes est canalisée sur deux kilomètres de longueur et amenée k des turbines placées dans des puits à 50 mètres de profondeur. L'eau de décharge se rend en aval de la chute par un tunnel de deux kilomètres.
Ces travaux ont été terminés en 1895.
MM. E. J. Houston et A. E. Kenelly ont fait un calcul de la distance maxima à laquelle l'énergie du Niagara peut être transmise économiquement par l'électricité. Leur conclusion est qu'à Albany, à 350 kilomètres des chutes, elle peut être distribuée plus avantageusement que celle des machines h vapeur alimentées avec du charbon coiUant 15 francs la tonne.
En 1897, 18.025 chevaux étaient distribués, soit sur place à des usines groupées autour de la chute, soit à distance ^tramways et éclairage de la ville de Buflfalo située à 35 kilomètres).
La tension de distribution à distance est de 11. 000 volts : les usines locales alimentées sont des fabriques d'aluminium, de carborandum, de chlorate de potasse, de soude, de carbure de calcium pour l'acétylène, etc., etc. T^e prix du kilowatt varie de 0 fr. 108 à 0 fr. 036. Depuis, la puissance distribuée a continué à s'accroître.