X PRÉFACE
Qui donc serait assez téméraire pour prétendre que les traités de physique de l'an 2000 ne (eront que répéter ce qui se ti-ouve dans les traités de 1903. La \raisemblance, presque la certitude, c'est que 1res rapidement de nouvelles domïées scientiliques vont surgir des ténèbres, et que des forces inconnues seront révélées, très puissantes et très inconnues. Le grand étonnement de nos arrière-petits-lils sera que des savants aient été assez aveugles pour professer tacitement l'immobilité de la science.
Si la science a lait de tels progrès, c'est que précisément nos devanciers n'ont |)as craint de Taire des hypothèse^ hardies, de supposer des forces nouvelles, dont ils ont, à l'orcc de patience et de persévérance, démontré la réalité. Le devoir strict s'impose à nous de faire comme eux. Le savant doit être révolutionnaire, et le temps heureusement est passé, où la vérité se cherchait dans les livres du maître, que ce fût Aristotc, ou Platon. En politique on peut être conservateur ou progressiste ; c'est alfaire de tempérament. .Mais, quand il s'agit de la recherche de la vérité, il faut être résolument et sans réserve révolutionnaire, et ne considérer les théories classiques, même celles qui paraissent les plus solides, que comme des hypothèses provisoires, qu'il laut contrôler sans cesse, et sans cesse essayer de renverser. Les Chinois ont cru que la science avait été fixée par la sapience de leurs ancêtres ; et c'est un exemple bon à méditer.
Et puis — pourquoi ne pas le dire hautement i* — toute cette science, dont nous sommes si fiers, n'est que la connaissance des apparences. Le ibnd des choses nous échappe. La nature intime des lois qui gouvernent la matière, vivante ou inerte, est inabordable à notre intelligence. Lue pierre lancée en l'air retombe à terre. Pourquoi P Par l'attraction, dit Newton, proportionnelle à la masse et à la distance. Mais qu'est-ce que cette loi, sinon l'exposé d'un fait, et comprend-on cette vibration attirante qui fait tomber la pierre? Le phénomène de la chute d'une pierre est tellement banal qu'il ne nous étonne pas ; mais en réalité nulle intelligence humaine ne l'a compris. Il est habituel, commun, accepté; mais il est incompris, comme tous les phénomènes de la nature sans exception.
L'œuf fécondé devient un embryon. Aous décrivons tant bien que mal les phases de ce phénomène ; mais avons-nous compris, malgré le? descriptions les plus minutieuses, cette évolution du protoplasma cellulaire qui se transforme en un être vivant, immense i* Pourquoi ? Par quel prodige se font ces segmentations? Pourquoi ces granulations s'amassent-elles lài' Pourquoi se détruisenl-elles là pour se rolormcr ailleurs .-'