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Les trois Évêchis Metz, Toul et Verdun

37. — Rends l'Aquitaine La Guyenne et la Normandie devaient être rendues aux Anglais.

Version de 1795 : ^ Les antiques souverains de V Aquitaine et de la Neustrie sont les Anglais. Leurs rois eurent la Normandie comme successeurs de Guillaume le Conquérant; et l'Aquitaine, en épousant Éléonore de Guyenne, femme répudiée de notre roy Louis Vil. Ils n'ont été absolument expulsés du continent qu'après la prise de Calais par le duc de Guise en 1 5 37- »

La Grange-Chancel, nous l'avons vu dans l'Étude, fait flèche de tout bois quand il veut frapper et faire

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beaucoup de mal ; ce procédé satirique est lamentable, surtout dans le cas qui nous occupe.

La Patrie ne doit jamais servir les rancunes, toujours vives et injustes, des partis politiques ; elle doit les dominer, les enseigner, les pénétrer d'un amour commun ; elle doit même, à un moment donné, prendre leurs mains et opérer une salutaire réconciliation ; — mais nul écrivain, satirique ou historique, critique ou théologique, ne sera admis au bénéiice des circonstances atténuantes, s'il a commis le crime contre la Patrie, s'il a traîné ce nom sacré dans les luttes ardentes des factions.

La Grange fut coupable de prêter à Dubois, qui avait l'instinct diplomatique très-clairvoyant et très-développé, des intentions de cessions; Dubois ne les eut jamais; ses travers et ses débauches ne lui voilèrent pas les dangers inhérents à une trop grande souplesse dans les rapports diplomatiques avec les Cabinets étrangers; le Régent, homme supérieur, qui avait de lumineuses et fréquentes éclaircies d'intelligence politique, ne se fût pas accommodé d'un ministre aussi transigeant; à tous ces titres, la calomnie de La Grange ne pouvait pas repasser sous notre plume sans provoquer notre réprobation. Aux vivants, la vérité; aux morts, la justice: c'est notre devise !

Aujourd'hui que l'horizon se charge de nuages, et que la question orientale, mélangée d'un élément Slave, menace de provoquer une perturbation dans les rapports des grandes puissances européennes, il n'est pas

sans quelque opportunité de recommander aux publicistes le ménagement le plus absolu, pour tout ce qui concerne la Patrie et nos nouvelles frontières de l'Est ; sauf des exceptions regrettables, la presse française l'a compris avec un sens patriotique qui l'honore ; seuls, les écrivains à sensation d'une certaine presse à cancans se refusent à sacrifier leurs haines au bien commun ; nous verrons jusqu'où peuvent aller la mauvaise foi et les rancunes de ces plumitifs éhontés.

S'ils avaient besoin d'un conseil venu de plus haut, et leur communiquant avec plus d'intensité l'amour de la Patrie, non pas éteint, Dieu nous garde de l'insinuer, mais sacrifié aux fatales nécessités de partie nous répéterions ici ces éblouissantes strophes de Victor Hugo :

Oh I t'abaisser n'est pas facile, France, sommet des nations !

Toi que l'idée a pour asile, Mère des révolutions I Aux choses dont tu fais le moule Tout Tunivcrs travaille en foule ; Ta chaleur dans ses veines coule ; Il t*obéit avec orgueil ; Il marche, il forge, il tente, il fonde ; Toi, tu penses, grave et féconde, — La France est la tête du fhonde, Cyclope dont Paris est Vœil!

Te détruire ? audace insensée !

Crime I folie ! impiété !

Ce serait ôter la pensée A la future humanité I

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Ce serait aveugler les races !

Car, dans le cheniia que tu traces, Dans le cercle où tu les embrasses, Tous les peuples doivent s*unir I L'esprit des temps à ta voix change 1 Tout ce qui naît sous toi se range 1 -^ Qui dottc ferait ce rêve étrange De décapiter V avenir ?

Te bâillonner 1— Rois, Dieu lui-môme Pourra vous le prouver bientôt, Ce siècle est un profond problème Dont la France seule a le mot.

C» siècle est debout sur la rive, D*une voix terrible ou plaintive.

Questionnant quiconque arrive, Tribuns, penseurs, — ou rois, hélas !

Il propose à tous, dès l'aurore, L'énigme inexpliquée encore.

Et, comme le sphinx, il dévore Celui qui ne le comprend pas,

T'insulter 1 t'insulter 1 ma jnère !

Mais n'avons-nous pas tous, ô ciel !

Parmi nos livres, près d'Homère, Quelque vieux sabre paternel?

Nos pères sont morts, France aimée!

Mais de leur foule ranimée Peut-être on ferait une armée Comme on en fait un Panthéon !

Prêts à surgir au bruit des bombes, Prêts à se lever si tu tombes. Peut-être sont-ils dans leurs tombes Entiers comme Napoléon I

Et quel temps fut jamais plus grave et plus sévèrç ? te Christ déraciné tremble sur le Calvaire,

Oh I que d'écroulements I tout chancelle à la fois, Tout plie et rompt, les grands sous la charge des haines I Les rois sous le fardeau du sort, les lois humaines Sous le poids des divines lois I

Rien de ces noirs débris ne sort — que toi, pensée ! Poésie immortelle à tous les vents bercée I Ainsi, pour s'en aller en toute liberté. Au gré de Tair qui souffle ou de Teau qui s'épanche. Teinte à peine de sang, la plume chaste et blanche Tombe de l'oiseau mort et du nid dévasté !

(décembre 1840.)

Voîlà de grandes pensées jetées dans un moule incomparable de beautés et d'harmonies 1 Voilà des conseils tombés d'une lèvre inspirée, éloquente comme la vision, émue comme la prière, persuasive comme un serment! Qjii n'écouterait le patriote? Qui ne s'inclinerait devant une vieillesse aujourd'hui doublement sacrée, et par le génie, et par le malheur? Ah! de telles paroles nous raniment; quand les préoccupations de politique étrangère viennent nous assiéger, nous aimons à réciter ces vers :

La France est la tête du monde.

Qui donc ferait ce rêve étrange, De décapiter l'avenir?

Et, plus confiants, plus courageux, nous reprenons notre tâche, encouragé par cette voix qui semble sortir de la nue, et qui revêt, pour féconder nos esprits et remuer nos cœurs, les plus splendides fohnes du lan-

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gage humain, — et nous remercions le voyant, le poëte, Tami de toutes les heures, le Maître bienveillant dont les avis précieux accompagnent toujours le nouvel introduit dans la famille littéraire !

(UAnnotaliur de i8jj.)

Et que dans l'un et l'autre sexe La fin de cette pièce implexe Soit digne du commencement.

Ce terme, peu usité maintenant, appartient à la poésie antique ; il s'applique à une pièce qui contient de brusques changements, soit poëme, soit ouvrage dramatique, dans lequel il y a ou reconnaissance, ou péripétie, ou les deux dénouements, ce qui, précisément, constitue le caractère implexe.

Voici, d'ailleurs, la définition autorisée d'un savant de premier ordre, M. Littré: « Terme de poésie dramatique. . Composé d'événements variés, quoique liés naturellement au sujet. Une action peut être implexe sans être double : simple, parce qu'elle n'a qu'une seule catastrophe, et implexe parce qu'elle a la reconnaissance avec la péripétie.

« Étymologie latine : implexuSy de in, en, dans, et plecterey de même radical que plicare, »

Voltaire a dit dans une lettre : « La tragédie qu'on joue en Bohème n'est pas encore à son dernier acte ; la pièce devient txhs-implexe. »

{U Annotateur* de iSjS-)

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