‹ Les PhilippiquesChapitre 71 sur 121 · Strophe onzième Cette strophe, dite de · texte numérisé non relu

Strophe onzième Cette strophe, dite de

Mirabeau, parce qu'elle se trouvait, écrite de sa propre main, sur l'exemplaire des Philippiques sortant de sa bibliothèque, appartient évidemment à La Grange.

Nous avons, au chapitre II de notre Étude, établi les motifs d'ordre littéraire et d'ordre philosophique, outre les considérations tirées de l'esprit général de l'époque, qui nous font pencher de ce côté; la critique seule se prononcera en dernier ressort, — mais il nous paraît bien difficile de charger encore la Révolution de cette théorie sauvage ; elle fit mieux que de l'émettre, nous ne le taisons pas, tout en prouvant que ces mœurs n'étaient pas étrangères à la Régence.

Notre manuscrit, authentique à tous égards, si précieux par ses corrections, fourmillant de. notes, d'indications en pleine concordance avec l'histoire , ne contient pas cette strophe ; nous la relevons dans l'Édition parisienne de 1795 (Didot Jeune, an VI de la Liberté), page 42 des Odes; nous avons donné aussi la note qui concerne la strophe, et qui se rencontre page m, note 18, dans notre version de 1795. Nous fournissons ces indications précises, afin que la lumière se fasse sur l'origine vraie de cette théorie sanguinaire.

Les critiques contemporains, — et nous pourrions en nommer plusieurs, — qui ne se trompent guère sur la couleur locale du dix-huitième siècle, dont les appréciations sont d'ordinaire si justes et portent au cœur de la question, ont parlé de cette strophe; ils l'avaient

362 LES PHILIPPIdUES,

sans doute puisée aux mêmes sources. La strophe ne se trouve ni dans l'édition hollandaise de 1723, ni dans le remarquable manuscrit conservé à la bibliothèque de Vesoul; le manuscrit qui la contenait fut vendu en 1792, à la mort de l'illustre orateur; depuis cette épo* que, elle est désignée sous le nom de Mirabeau. Les éditeurs Poulet-Malassis (1838) n'ont pu la copier que dans la rarissime édition de 1795.

Jamais la critique ne fut aussi intime qu'aujourd'hui; elle passe les événements et les hommes au crible de h discussion approfondie ; nous ne demandons qu'à éten* dre le champ de la critique historique ; la presse nous aidera, nous en sommes convaincus; elle est devenue une puissance, — et noblesse oblige !

(l!Ann(A(Ueur de iSy^,)

Fin des Remarques sur la troisième Ode.

Page 1