Alors Thêbes, Troie et Mycènes Thèbes
ville de Grèce^ Célèbre par ses sept portes et par les ouvrages des poètes; Trente-sept ans avant la ruine de Troie, Polynice, fils d'Œdipe et de Jocaste, arma contre son frère Ethéocle, et assiégea Thèbes avec Adras, Roi d'Argos, son beau-père, et quelques autres.
Troie, ville d'Asie, fort puissante, qui fut brûlée par les Grecs après une résistance de dix années à une armée très-nombreuse.
L'enlèvement de la belle Hélène, femme de Ménélas, roi de Sparte, fut la cause première de ces embrasements*
Cette guerre valut à l'antiquité les deux poèmes épiques les plus considérables que l'on connût encore : r Iliade et V Odyssée, composés par Homère *.
Mycènes, ville du Péloponèse, entre Argos et Corinthe; elle est devenue célèbre par l'enlèvement d'Hé-
^ Six mille ans ont passé sur la ceadre d*Homèrc, Et depuis six mille ans, Homère respecté, Est jeune encor de gloire et d'immortalité.
Ces magnifiques vers de Chénier peignent la gloire du mendiant demi-dieu, le pocte épique, Téternel honneur de la langue grecque ; Homère, au déclin de sa vie, allait de porte en porte, récitant son œuvre, et payant ainsi Thospitalité due au génie malheureux.
L'annotateur nous a paru au moins naïf en rappelant Homère ;
412 LES PHlLIPPiaUES.
lène, femme de Ménélas, frère d'Agamemnon, le R: des Rois, qui se mit à la tête de l'armée des Grecs po:: venger l'injure sanglante faite à son frère.
En revenant vainqueur du siège de Troie, Agameirnon trouva une femme adultère, qui le fit périr; sr fils vengea son père sur la personne de sa mère.
Version de 1795 :
Que mon luth amant de la sc6ne
La Grange-Chancel n'était guères connu alors cpar des tragédies, dont la plupart dès sujets sont tir. de l'histoire grecque.
les enfants au berceau le connaissent. Homère et Tacite, wy^.moelle des lions et le pain des forts !
Cependant, il n'est pas rare de rencontrer des gens de leruv i^roh pudor ! sans connaissances spcîciales, ignorants au poiat -'méconnaître, non-seulement la portée d'une grande œuvre, rencore son existence !
Nous ne voulons pas ajouter de noms propres au bout de n::* réflexion, — nous pourrions le faire. La littérature ne nt r: seulement de style, elle vit surtout d'études conscieucieuio, > personnelles. A bon entendeur, salut !
Fin des Remarques sur la quatrième Ode.
LES PHILIPPIQ.UES
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ODE CINaUIÈME
Enfin, la mort de Capanée i
Sert d'exemple aux ambitieux^
Et la foudre de Salmonée 2
Cède à celle qui part des deux.
Qui veut trop s'élever trébuche ;
Le Crime, dans sa propre embûche,
Se trouve souvent abattu ;
Et Clothon> à nos vœux propice, 3
Le pousse dans le précipice
Dont il menaçait la vertu.
4l6 LHS PHILlPPiaU£S.
Que vois-je? à peine son corps touche
Les tristes bords du Phlégéton,
due pour son Trône et pour sa Couche
Je vois appréhender Pluton ! 4
Je vois, sur la rive infernale,
Pygmalion, Sardanapale, 5
Ravis de pouvoir Tembrasser ;
Avec eux Sysiphe et Tantale • 6
Donner à cette Ombre Royale
La gloire de les surpasser.
Biblis n'est plus tant occupée 7
A faire un ruisseau de ses pleurs;
Phèdre, Jocaste et Pélopée 8
N'ont plus ni remords ni douleurs ;
Des sanguinaires Danaïdes 9
Et des lascives Propétides, 10
Les hommages lui sont rendus ;
Et sa fille, qui les amène, 1 1
Lui promet un plus grand domaine
due les États qu'il a perdus.
ODK C1NQ.UI1-MH.
Plus noir que le reste des Ombres *, D'Argeoson vole à son secours, Plus terrible aux rivages sombres Qu'à ceux où la Seine a son cours ; Avec sa fureur ordinaire, Il prend le poste sanguinaire Qu'Eaque tient près de Pluton ; Dubois succède à Rhadamantc, Et Minos, saisi d'épouvante, Quitte la place à d'Aubenton.
^ Cette ode Philippique ne se trouve point suivie dans notre original comme l'Edition de 1795, ni comme celle de 1858; le placement des strophes est interverti ; nous donnerons, à la suite des Odes, un chapitre sur VEditim définitive, en faisant toucher du doigt les irrégularités qui distinguent ces trois versions. — Notre texte des Philippiques est d*un lyrisme incontestable, et d'une valeur littéraire non moins incontestable , selon l'appréciation autorisée d'un grand poète ; nous ajouterons que cette œuvre intéresse autant l'histoire que la langue. On nous opposera peut-être Voltaire; mais Voltaire, — vu son caractère passionné, — perd son crédit auprès des penscuib. —
4l8 LES PHILlPPiaUES.
J'aperçois la Reine dlchaque 1 5
Chercher les plus vieux monuments
Pour fuir une plus vive attaque
Que celle de tous ses amants ;
Dans les bras de Tépoux qu'elle aime,
Je vois Andromaque elle-même 16
Craindre de s'en voir arracher ;
Et, dans l'effroi qui la possède,
Didon appelle à son aide 1 7
Les flammes d'un nouveau bûcher.
Ravi que la France ait vu naître Un Prince plus mauvais que lui, — Des poisons qui l'ont fait connaître- Charles lui vient ofirir l'appui. 18 Celui qui s'acquit l'avantage De mettre les Rois hors de page, L'observe d'un œil attentif; Il reconnaît qu'en Tyrannie, Auprès d'un si rare génie Il ne fut qu'un simple apprcntil.
ODE CINaUlÈME. 419
Chez toi vois descendre la guerre,
Pluton ' ; — on va te mettre aux fers ;
U n'a pu régner sur la terre ;
Il régnera dans les Eniers.
Crains pour ton honneur, chaste Reine ;
Ce que vit autrefois la Seine,
Le Styx le verra sur ses bords ;
Tu seras en butte à sa flamme ;
Tout cède aux transports de son âme ;
Sa passion vit chez les morts *.
^ Plulon.., Ainsi renvoyé à la fin du vers, selon le procède romantique, ce curieux enjambement est utte date) ces renvois à la ligne étaient condanmés par la rhétorique et la pratique officielles ; La Grange, le premier, s'affranchit des lois du Parnasse^ alors plus en vogue qu'aujourd'hui, — et nous ne saurions nous en plaindre. La tyrannie littéraire est tout aussi insupportable que la tyrannie politique. L'honnête homme doit protester.
' Cette strophe 7 manque dans notre version. Nous la copions dans l'Edition de 1795, la plus pure, la plus harmonieuse, après notre manuscrit*
420 LES PHILIPPldUES.
Prince, rends ton. règne célèbre
Sur le rivage souterrain,
Sans craindre que la Seine ou TEbre 19
Regrettent un tel souverain ;
Consens que leurs deux monarchies
Soient heureusement affranchies
De tes exécrables projets ;
Ils te verront sans jalousie
Par les lois de ta frénésie
Gouverner tes nouveaux sujets.
Fin de la cinquième Ode.
niSTORiaUE? ET BIOGRAPHIQUES
SUR
LES PHlLIPPiaUES
OlDE CI'K.QlJIÈfSCE
REMARQUES
SUR LA CINaUIÈME ODE