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ques et légères qui viennent s'attacher au bout du bâton. Mais continuez; cela deviendra plus clair. — Nous apercevons directement et distinctement en nous la cause productive, chose distincte qui est nous. Mais nous savons qu'il en est partout de même, et que l'univers est composé de forces ou causes individuelles dont les phénomènes visibles sont les eiïets. « Les causes ne sont pas
* matérielles. Leurs actes sont nécessairement « immatériels. » — La matière et ses qualités ne « sont que des truchements qui leur servent à « faire mutuellement connaissance. Les forces a prennent la matière, la conforment et s'annon-
* cent en se peignant à la surface par leurs effets, « se signifient et s'interprètent par les qualités « qu'elles imposent à la matière. » Par exemple, la circulation du sang est produite par une cause, a Mais est-elle l'acte même de cette cause? Êvi- « demment non. Elle n'est que le résultat m.atériel « de cet acte, lequel nous échappe, parce qu'il % s'accomplit dans le sein de la cause qui le pro- « duit. » — oc La véritable cause qui meut le cœur, « l'estomac, les organes, est extérieure et supé- « rieure à ces organes '. » Il y a donc un monde spirituel distinct du monde matériel, et dont nous apfrcevons un individu dans la cause qui est nous-
\. Esthétique, p. 132, 145. — Nouveaux mélanges, p. 233, 2:5'., 239, 240, 255 256, 257, 260, 262, 266, 269, 273.
mêmes; tout l'effort de la i sychologip est dVtudier cette cause, plus importante que ses effets.
— Nous pensons exactement le contraire, et nous ne croyons pas que l'âme soit distincte des idées, sensations et résolutions que nous remarquons en nous. Notre avis est que les idées, sensations et résolutions; sont des tranches ou portions interceptées et distinguées dans ce tout continu quenous appelons nous-mêmes, comme le seraient des portions de planche marquées et séparées à la craie dans une longue planche. Nous ne disons point pour cela que le moi soit la collection et l'amas des idées, pas plus que nous ne disons que la planche est la collection et l'addition des morceaux de planche. Dans la planche com.me dans le moi, le tout précède les parties; le tout estsuje ou substance, les parties sont attributs ou qualités. Mais si tous les morceaux étaient enlevés, il n y aurait plus de planche; et si toutes les idées, sensations, résolutions disparaissaient, il n'y aurait plus de moi. Si vous en voulez une preuve, conidérez le sens du verbe, vous verrez que toujours et partout où il se rencontre, l'attribut est une qua- | lité, un abstrait, une portion du sujet. Cette pierre est pesante, la matière est étendue, cette plante végète , le soleil est brillant : dans toutes ces phrases, l'attribut est un membre séparé du sujet. L'étendue est hue portion du tout qu'on appelle
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Tiatière ; la pesanteur est une portion du tout lu'on appelle pierre ; la végétation est une portion lu tout qu'on appelle plante ; l'éclat est une porion du tout qu'on appelle soleil. Donc quand vous lites : Je souffre, je jouis, je pense, je veux, je eus, la sensation, la résolution, la pensée, la jouisance, la souffrance exprinnéf-s dans le verbe, sont les portions du sujet je ou moi. Donc nos opéraions et modifications sont des portions de nousnémes. Donc le moi n'est point une chose disincte, autre que les opérations et modifications, achée sous elles, durable en leur absence. Vous vez été trompé par les mots. On vous a présenté ine planche, et vous avez dit successivement, en arcourant successivement les divisions tracées à i craie : * Voici un carré de la planche, voici un rectangle de la planche, voici un losange de la planche. J'ai beau avancer, je trouve toujours la planche invariable, identique, unique, pendant que ses divisions varient. Donc elle en diffère ; elle est un être distinct. On pourrait ôter le carré, le losange, le rectangle et toutes les divisions sans la toucher. » Par ce raisonnement ous avez ramené la science à l'étude du sujet nu, t vous lui avez donné pour objet un être qui 'existe pas.
De là, plusieurs méprises, et entre autres l'éide des facdltés. Par un raisonnement semblable,
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VOUS avez distingué ces facultés des faits, et voi les avez changées en choses réelles, forces activa attachées autour de la substance, invisibles cré. trices des faits visibles. A l'instant elles ont pr une importance énorme. Les faits n'ont plus él considérés que comme un moyen de les découvri Quelles sont-elles? Y en a-t-il trois? Y en a-tquatre? Gomment agissent-elles les unes sur U autres? Gomment sont- elles liées à la substance Comment un (ait les détermine-t-il à agir? L homme d'esprit, votre unique successeur, a pass sa vie à en distinguer vingt-cinq ou trente, à com} ter les trente ou quarante inclinations primitives à démêler en nous l'instinct de monter sur les lieu élevés. La science s'est encombrée de question scoHstiques. Vous l'aviez conduite hors du chemi dans une broussaille; elle y est encore; les ph} Biologistes à qui l'on parle de psychologie se mel tent à rire, citent Molière, l'opium qui fait dormi parce qu'il a une vertu dormitive; l'homme qi perçoit les objets extérieurs parce qu'il a la facult appelée perception extérieure; l'âme qui resser l'émulation parce qu'elle apporte en naissant u penchant à l'émulation; l'esprit qui connaît k objets infinis parce qu'il possède la raison, facult de l'infini. Plusieurs fois nous avons eu honte, t si vous causiez souvent avec des médecins, vou seriez aussi embarrassé aue nous.
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— Donc, selon vous, il n'y a que des faits et des pparences, point d'essences ni de causes.
— Au contraire. Seulement, nous ne les mettons las au même endroit que vous. Certains faits sont a cause des autres ; certains faits sont l'essence des utres. Il y a des essences et des causes; mais ces ssences et ces causes ne sont que des faits. Tout le nouvement de la science consiste à passer des faits pparents aux faits cachés, des fait-^ produits aux aits producteurs.
Daignez considérer sans prévention une de vos héories ordinaires, celle de M. Royer-Gollard et les Écossais sur la perception extérieure. Que dient-ils? Que Tobjet excite une sensation dans notre aain froissée, et qu'à la suite de la sensation nous oncevons et affirmons l'objet. J'en savais autant -vant de les lire. Le maître de philosophie de I. Jourdain lui apprenait à peu près la même hose, quand il lui révélait que la conver.-ation est le la prose, et que pour dire U, il faut faire la noue. Pén(^trez au delà de ce fait apparent. Suppoez, par exemple, que* la perception extérieure oit une hallucination vraie. Voilà un fait nouveau, aché sous le premier, et dont le premier n'est que 'apparence. On découvre une vérité importante, ingulière même, en apprenant que les arbres, les