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prits qui, sur ces sommets, ont acclamé l'inénarrable majesté de Dieu ^

1. L'ouvrage de M. Taine est consacré principalement à des questions de psychologie, nous n'avons donc pas à traiter ici des problèmes de théodicée que nous avons discutés, du reste, dans notre étude sur M. Vacherot.

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Vous êtes invité à une réunion où doivent se trouver des hommes graves, sévères, un peu ennuyeux, peut-être; vous cherchez des prétextes pour vous en dispenser, mais vous vous débattez en vain; le maître de la maison ne vous le pardonnerait jamais, il faut s'exécuter. Vous vous acheminez, maussade, avec une pointe de mauvaise humeur, prête à éclater à la moindre occasion, et vous voilà en face de messieurs graves et solennels. Vous vous tenez dans un coin et vous regardez Taiguille de la pendule qui marche avec une lenteur désespérante. Un convive moins empesé que les autres a pitié de vous, il s'approche, il cause, entame la conversation sur les personnages illustres de la compagnie, dessine

1. Les Philosophes classiques du XI X^ siècle en 'France^ 5« édition.

leur silhouette avec une verve et une finesse charmantes, il lance parfois quelques petites méchancetés, mais c'est si bien dit que vous en riez avec lui, il hasarde des opinions qui ne sont pas les vôtres, mais il y met tant de verve et d'esprit que le temps s'écoule vite et, qu'en somme, bien loin de vous être ennuyé, comme vous en avez eu peur, vous avez passé une soirée délicieuse.

Nous ne trouvons pas d'image plus exacte pour rendre l'impression que nous éprouvons en lisant l'ouvrage de M. Taine : les Philosophes classiques du XI X^ siècle en France, L'esprit, et le meilleur, y court à toutes les pages, les traits les plus imprévus, les plus heureux se croisent avec une telle rapidité, que l'œil en est presque ébloui, el les allures de ce livre sont si vives, qu'on arrive au bout sans se douter de la longueur du chemin. Qu'or en juge : pour réfuter Maine de Biran, n'admettant que des forces et supprimant la matière, M. Taine lui dit : « Monsieur de « Biran, vous avez été sous-préfet; voici des « factieux, dispersez-les; je vous donne des « forces, trois cents soldats et un capitaine. « Pour ne pas vous embarrasser, je retiens la a partie inutile, le pur phénomène, l'étendue, « c'esi-à-dire les habits, les gibernes, les fusils « et les corps. II vous reste les forces. Mar-^

« chez avec elles, et- faites triompher là loi*.» Écrivain de grande race, M. Taine se laisse facilement agacer par le style alambiqiïé; aussi, comme il raille agréablement, à propos des études de M. Cousin sur le xvii° siècle,.un petit billet précieux de la marquise de Sablé : « Emprisonnée dans cqs phrases à queue, dit- « il -, les idées semblent raides ; on croit voir « des femmes serrées dans des corsages carce rés, bardées de collerettes immenses, appe- « santies par la multitude des plis de leurs « robes massives, et faisant la révérence avec « la majesté mathématique d'un poteau. » Ailleurs, il rit de la passion de M. Cousin pour les menus détails de Thistoire : « De <c sa fenêtre à la Sorbonne, M. Cousin nous « verse sur la tête toute une bibliothèque 3. » Il a même Tair de lui reprocher l'enthousiasme que le célèbre professeur suscitait chez ses auditeurs. « Un vieux magistrat de pro- « vince, sceptique, positif, et qui donnerait, « pour une poularde, l'infini, le fini et leur « rapport, m'a répété que tout le monde était « sous le charme ^ »

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