‹ Les philosophes contemporains IChapitre 105 sur 244 · Page · texte numérisé non relu

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un brouillard *. « Tous ces grands mots, rela- « tivité, subjectivité, reflexivité, spontanéité, « font un cliquetis qui berce agréablement « l'oreille, étourdit la pensée, et fait supposer « au lecteur qu'il écoute un concert chi <c nois 2. »

Ce jugement nous paraît beaucoup trop sévère. Que M. Cousin se tienne, comme écrivain, à une hauteur toujours égale et que toutes ses pages soient aussi parfaites que celle que M. Taine admire sans réserve, nous ne le prétendons pas, et il n'est pas difficile de trouver dans ses livres des passages où le style n'est pas à l'abri de la critique. Mais ce que nous contestons, c'est que M. Cousin ne soit grand écrivain que dans l'exposition de La philosophie à l'usage des pères de famille. Sauf des défaillances passagères, il reste toujours écrivain de premier ordre. Son livre du Vrai, du Beau et du Bieji^ son étude sur la Philosophie de Locke sont, entre autres, admirablement écrits,

M. Taine est aussi trop sévère, croyonsnous, pour les livres historiques de M. Cousin. L'illustre professeur s'est peut-être un peu naïvement épris de personnages dont il a

raconté la vie, mais on le lui pardonne volontiers, car son admiration est contagieuse.

Du reste, ces divers points de vue n'ont pour nous ici qu'une importance relative et nous nous attachons principalement à l'étude de M. Taine sur M. Cousin, philosophe.

Sur ce terrain, M. Taine est dans le vrai et nous nous associons à ses justes critiques. Il multiplie les citations pour prouver avec la dernière évidence que M. Cousin a été panthéiste et il réfute fort bien la célèbre théorie de la vérité impersonnelle \

D'après M. Cousin et toute l'école ontologiste, la conception des vérités nécessaires et éternelles entraîne une certaine vue directe de Dieu. Ces vérités, disent-ils, résident en Dieu et ne peuvent résider qu'en lui, par conséquent l'intelligence qui les conçoit s'élance vers Dieu d'un seul bond, elle va puiser la lumière à sa source première et ses illuminations sont un reflet direct de l'intelligence incréée.

Sans entrer dans les détails de cette discussion interminable entre les deux écoles qui depuis Platon et Aristote divise les philo-

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