Page
« culte, on dira peut-être, que même en s*éle- « vant à la cause première de l'univers, on « n'a pas plus de raison de l'imaginer comme « une intelligence qui prévoit un effet que (( comme un instinct qui y tend sûrement, « mais aveuglément, par une nécessité intrin- « sèque. Nous n'avons pas à nous engager « encore dans ces difficultés prématurées. »
L'auteur abordera sans doute plus tard ces difficultés, mais il nous semble qu'il ne serait pas prématuré de les résoudre ici, ce serait faire un grand pas vers la conclusion. M. Janet veut marcher avec la plus complète circonspection, soit; mais nous croyons que le rôle de l'intelligence, dans l'obtention du but, est assez important pour qu'on ne la fasse pas entrer en scène trop tard.
Le procédé de saint Thomas d'Aquin est plus rationnel, à notre avis. Ayant à traiter, lui aussi, le même problème, il se demande immédiatement, après une question préliminaire, quel est le rôle de l'intelligence dans les causes finales.
« Tout agent, dit-il ^ agit en vue d'une fin, « sans cela, en effet, il ne produirait pas un « acte plutôt qu'un autre. » Or, quelle est la cause première d'un acte? C'est la fin que Ton se propose, et si cette fin s'évanouit, l'acte ne