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cause finale. Nous la trouverons dans l'industrie de l'homme. En nous-mêmes et dans nos semblables, nous constatons Tintelligence et la finalité ; nous appuyant sur le principe d'analogie, nous conclurons à la finalité dans les œuvres de la nature. Mais le principe d'analogie est-il solide et légitime ? Il faut résoudre d'abord cette difficulté.
M. P. Janet pense, que le passage de l'homme à la nature, par voie d'analogie, est légitime, parce que i^ l'homme n'est pas en dehors de la nature ; 2** parce que ses actes et ses œuvres sont dans la nature. Cela est vrai, mais ne pourrait-on pas alléguer une troisième preuve ; à des effets semblables il est logique d'assigner des causes semblables, et si les œuvres de l'homme, comme celles de la nature, manifestent un but, ne doit-on pas les attribuer à des causes semblables? Le passage par voie d'analogie, entre les œuvres de l'homme et celles de la nature nous semble plus solide appuyé sur ce troisième principe. Cependant les deux considérations de M. P. Janet sont suffisantes.
Les œuvres de l'homme supposent-elles un but prévu ? Evidemment ; si je n'avais pas la représentation d'une maison, je ne la bâtirais jamais. Il en est de même de tous nos actes, et, par voie d'analogie encore, des actes de tous
les hommes. Suis-je autorisé à conclure de l'homme à l'animal ? Pourquoi pas. « Non « seulement l'animal marche, vole, chante, « s'approche ou s'enfuit, prend ou apporte ; « mais de plus, comme un véritable ouvrier, <( il fait servir les forces et les éléments de « la nature à ses besoins : comme l'homme il « bâtit, comme l'homme il tend et construit « des pièges, comme l'homme il accumule et <( se fait des magasins, comme l'homme il « prépare une habitation à ses enfants ; « comme l'homme il se crée des habitations « de plaisance, il se fait des vêtements, en un <c mot il exerce toutes les industries. Ainsi « ces actions instinctives sont à la fois très (c différentes des actions de l'homme quant à « l'origine, très semblables quant à la matière. « Or, ce qui caractérise les actions de « l'homme, c'est d'agir sciemment pour un « but. Pour les actions dont nous parlons, (( tout porte à croire qu'elles ne sont pas <( faites sciemment ; mais cette diflférence ce mise à part, la similitude est absolue, reste <c donc que nous disions que ces animaux, « sans le savoir, agissent pour un but '. »
Si l'on objecte que les actions de l'animal se déroulent d'après une loi de causalité fatale et absolument aveugle et que, par conséquent,
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la finalité lui est inconnue , M. P. Janet lépond, avec raison, que même dans l'hypothèse cartésienne, la finalité, révélée par les actes de ranimai, est frappante. Supposons un automate qui marche, remue les yeux, les bras et prononce quelques paroles, n'est-il pas évident que Tartiste a eu pour but de lui faire produire ces actes ; de même pour Tanimal : l'intelligence qui prévoit le but n'est pas en lui, elle est ailleurs.
La constitution intime de l'animal nous conduit à la même conclusion que ses œuvres externes. Envisagé au point de vue de l'organisme, l'animal est une machine admirablement construite que l'industrie de l'homme n'égalera jamais. Or, comment admettre qu'une locomotive, par exemple, soit un ensemble de moyen et de but, et que la structure d'un animal ne soit qu'une simple rencontre de causes et d'effets ? Si un jour on découvre un appareil propre au vol, cette invention sera regardée comme une œuvre de génie, et il n'y aurait aucune trace d'intelligence dans l'aile de l'oiseau ? Il y a sans doute de profondes différences entre les œuvres de l'homme et celles de la nature, mais M. Janet dit très bien que, dans le problème qui nous occupe maintenant « elles n'importent pas \ »