‹ Les philosophes contemporains IChapitre 13 sur 244 · Système nouveau de la nature · texte numérisé non relu

Système nouveau de la nature

es spéculations pour pouvoir s'ouà fait. H restera toujours comme lent remarquable des égarements it tomber les esprits des philoso-

ine et célèbre théorie de la matière ■me n'a pas la prétention de dissiles ombres qui nous cachent enture intime des substances corpos elle est, croyons-nous, préférable les qu'on a voulu lui substituer, et moderne, en reconnaissant dans les IX éléments, des atomes et des its, vient justifier la conception sco-

iien obligé d'accepter l'existence des terre qui nous porte, la maison que :ons, le pain que nous mangeons s des fantômes ; il s'agit d'expliquer ssition.

leux éléments primordiaux, dit la ; ; la matière première et la forme.

iprendre ce que les scolastiques a matière première, prenons l'exempar saint Thomas ^.

:rc aune princesse d'Allemagne.

l'abbiS de Broglio : le Positivisme et la •imentale, tomo II, appendice 2.

e 37', Ûilition do Parme.

Soit une statue d'airain ; la matière dont elle est faite est-elle la matière première ? Non, car avant d'avoir la forme statue elle existait comme airain. Considérée sous ce dernier aspect, est-elle la matière première ? Non, car le bloc d'airain se présente nécessairement avec la forme qui lui est propre. Dépouillons-le encore de cette forme qui en fait tel métal plutôt que tel autre, sommesnous arrivés à la matière première ? Pas encore, il nous reste un pas à franchir. Nous avons en effet une matière métallique; passons outre, considérons non plus telle matière en particulier mais la matière simpliciter^tt nous nous trouvons en face de ce que les scolastiques appellent la matière première. De même que l'airain peut devenir statue, glaive ou bouclier, de même la matière première revêt les innombrables formes sous lesquelles elle nous apparaît. Elle peut devenir tout, et ce qui la fait passer du devenir à l'être, c'est la forme. La matière n'existe donc jamais sans ce second élément du composé qui lui donne Têtrc et qui la détermine.

La théorie scolastique ne résoutpastoutesles difficultés, mais elle est, selon nous, l'explication laplusplausible que l'on ait encore imaginée*.

1. Voir le cardinal Zigliara : Summa philosophicay 2" vol., 1. II, ch. II.

HILOSOPHES CONTEMPORAINS.

bt consacre au panthéisme le etien du premier volume de ique et la Science.

ons, à tout prix, écarter de ces qualification qui paraîtrait injucrivains dont nous combattons

it proteste énergiquement quand de panthéisme, mais alors, si le le, pourquoi le système a-t-il le i lui déplaire ? « Il n'y a pas lieu lenter, dit-il, comme l'ont fait iphysiciens et de théologiens, comment le monde procède de par génération, par émanation m. Le monde ne procède pas de it, il s'y meut, il s'agite comme : dans la substance, comme l'acte ance, comme le développement le, comme la réalité visible et is l'être invisible et intérieur.

; implicittis ; mundtis Deus expli- ;ux définitions expliquent tout istinction et l'identité du monde ifférence de point de vue, identité

t pas dire en termes plus clairs

- Dans son dernier ouvrage : le Nouveau . Vacherot expose les mâmes. idées.

que la substance du monde est identique à celle de Dieu, car la différence de point de vue ne constitue pas une diversité de substance, et si ce n'est pas là le pur panthéisme, nous ne savons de quel mot nous servir pour désigner cette doctrine qui n'est autre que celle de Spinoza.

Le point de départ du spinozisme est en effet l'unité de substance; il n'y a qu'une substance^ Dieu, dont les êtres créés sont les modes : « Il ne peut exister et on ne peut concevoir, dit Spinoza, aucune autre substance que Dieu. Dieu est l'être absolument infini duquel on ne peut exclure aucun attribut exprimant l'essence d'une substance, et il existe nécessairement. Si donc il existait une autre substance que Dieu, elle devrait se développer par quelqu'un des attributs de Dieu, et de cette façon il y aurait deux substances de même attribut , ce qui est absurde. Par conséquent il ne peut exister aucune autre substance que Dieu, et on n'en peut concevoir aucune autre; car si on pouvait la concevoir, on la concevrait nécessairement comme existante, ce qui est absurde. Donc aucune autre substance que Dieu ne peut exister ni se concevoir. 11 suit de là très clairement: i^que Dieu est unique, c'est-à-dire qu'il n'existe dans la nature des choses

qu'une seule substance et qu'elle est absolument infinie, 2° que la chose étendue et la chose pensante sont des attributs de Dieu, ou des affections des attributs de Dieu '. » Si on demande h Spinoza ce qu'il entend par la substance, il réporid qu'elle est ce qui existe par soi :« La substance, dît-ir-, est cause de soi, et ainsi son essence enveloppe l'existence, ou bien l'existence appartient à sa nature. » M. Vacherot, acceptant la conception de Spinoza, dit que la substance es/ e« soi et par soi ■'.

Le panthéisme tout entier est contenu dans celle définition. Si en effet l'existence appartient à la nature de la substance, si elle est par soi, elle existe donc nécessairement, et elle a, dès iors, tous les attributs de l'Etre nécessaire, c'est-à-dire de Dieu, par conséquent tout ce qui est substance est Dieu ; Spinoza 'ne recule devant aucune des dcduc- - lions qui découlent du principe qu'il a posé. Mais est-il vrai que toute substance soit nécessaire et existe par soi ?

Remarquons d'abord que le panthéisme confond être par soi avec être en soi, or ces deux notions sont tellement dillérentes

qu'elles sont séparées par un abîme infranchissable.

UEtre par soi, eus a se et per se^ est celui dontTessence implique nécessairement l'existence, qui ne tient son être que de lui-même, qui ne peut pas ne pas exister, qui par conséquent est éternel, absolu, infini, et qui est nécessairement tel qu'il est.

Etre e;i502 signifie, comme lemot l'indique, n'être pas dans un autre, avoir une existence indépendante et séparée, or c'est précisément en cela que consiste la notion de substance : Substantiay dit saint Thomas d'Aquin, est res cujiis quiddîtatî debetur esse non in aliquo\ »> La substance est donc ce qui fait qu'un être est en lui-même et non en un autre, elle est ce qui supporte les manifestations de l'être, sub stare.

Pour que le panthéisme ait le droit de confondre ces deux modes et de conclure à l'unité de la substance il faut qu'il démontre que la substance en soi possède tous les attributs de la substance par soi (à se), c'està-dire que toute substance est nécessaire, absolue, infinie, en d'autres termes que tout revêt les caractères de la divinité. C'est en effet vers ce but que tendent les efforts du panthéisme. •

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