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loi universelle, inflexible et éternelle? Vous invoquez les lois et les forces de la nature, mais qui a imposé ces lois? Si c'est la nature elle-même, vous accordez à ces molécules matérielles, qui forment les mondes, une science mathématique transcendentale et nous n'avons qu'à nous incliner humblement devant elles, car elles ont trouvé, toutes seules, et du premier coup, des combinaisons que l'homme a mis bien des siècles à découvrir. La nature n'a pas trouvé ces lois, dites-vous, elles sont nées avec elles. Ceci peut s'entendre de plusieurs manières. Ou bien ces lois sont tellement intrinsèques à la nature, que la matière est incompréhensible sans elles, ou bien elle les a dictées elle-même, quoiqu'elle puisse s'en passer, ou bien elles lui ont été dictées par quelqu'un. La première hypothèse est inadmissible. Les astres gravitent avec telle vitesse, ils pourraient avoir une vitesse moindre ou plus accélérée sans changer intrinsèquement de nature. Les êtres et les lois qui les gouvernent sont deux choses distinctes et l'on peut, sans contradiction logique, les considérer les uns sans les autres. Si vous admettez la seconde hypothèse, vous reconnaissez alors à la matière une mathématique surprenante, car elle a inventé des lois merveilleuses auxquelles elle n'était pas natu-
rellement assujettie. Pourquoi inventer ces lois, puisqu'elles ne sont p:\s inhérentes et qu'elles ne sont pas nécessaires, dans le sens logique du mot ? Pourquoi surtout leur obéir avec une fidélité scrupuleuse? Si la matière les a faites, elle peut les changer ou les supprimer; c'est en effet un principe incontestable que celui qui fait la loi a le droit de la modifier ou de la rapporter. Reste la troisième supposition, ainsi formulée: les astres obéissent à des lois qui lui ont été données par quelqu'un. Puisque les deux premières hypothèses sont inadmissibles, la troisième est donc la seule vraie. Un de nos plus grands poètes lui a consacré des accents sublimes :
Ces chœurs étincelants que ton doigt seul conduit, Ces fanaux allumés de distance en distance, Cet océan d'azur où leur foule s'élance, Je les comprends, Seigneur; tout chante, tout
[m'instruit Que l'abîme est comblé par ta magnificence, Que les cieux sont vivants et que ta Providence Remplit de sa vertu tout ce qu'elle a produit ^
En exposant sa thèse, M. P. Janet a rencontré sur son chemin la plupart des objections suscitées contre la doctrine des causes